Taux US : d'anciens membres de la Fed plus "faucons" que jamais

Taux US : d'anciens membres de la Fed plus "faucons" que jamais

Plusieurs anciens responsables de la banque centrale américaine ont appelé ces derniers jours à accélérer la hausse des taux pour freiner l'inflation, tout en reconnaissant que cela provoquerait sans doute une récession aux Etats-Unis..

Taux US : d'anciens membres de la Fed plus 'faucons' que jamais
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors de la Réserve fédérale a entamé un cycle de resserrement monétaire pour juguler la flambée d'inflation, plusieurs anciens responsables de la banque centrale américaine sont montés au créneau ces derniers jours pour appeler leurs ex-collègues à se montrer bien plus offensifs en matière de hausse des taux directeurs pour freiner l'envolée des prix.

Ainsi, William Dudley, ancien patron de la Fed de New York jusqu'en 2018, a déclaré mercredi que le taux des "fed funds" pourrait devoir être relevé à plus de 5% (contre 0,75% à 1% actuellement) pour peser sur la hausse des prix. L'inflation en avril, publiée mercredi, a encore atteint 8,3% sur un an aux Etats-Unis, alors que les marchés espéraient un retour à 8,1%, après un pic à 8,5% en mars.

Interrogé par 'Bloomberg' sur le niveau de taux nécessaire pour freiner la hausse des prix, M. Duldey a répondu : "je pense que c'est 4 ou 5% voire plus haut (...) Il y a six mois, j'étais en faveur de 3 à 4%, mais maintenant je suis à 4-5% et je ne serai pas choqué si je passe à 5-6% d'ici quelques mois", a-t-il ajouté.

Il a précisé que la Fed devrait cesser "d'enjoliver" son message concernant le niveau des taux nécessaire et ses effets douloureux pour l'économie, estimant que la priorité était de reprendre le contrôle de l'inflation. La semaine dernière, M. Dudley avait déjà affirmé qu'il lui paraissait "très, très improbable" que la Fed parvienne à juguler l'inflation sans provoquer une récession.

De son côté, Richard Clarida, vice-président de la Fed jusqu'en janvier dernier, a estimé récemment que la banque centrale américaine devra porter son taux des "fed funds" à au moins 3,5% pour juguler l'envolée de l'inflation. "Remonter rapidement les taux à un niveau neutre ne suffira pas lors de ce cycle pour ramener l'inflation vers notre objectif de plus long terme de 2%" a estimé M. Clarida le 7 mai lors d'une conférence organisée par la Hoover Institution.

De son côté, Randal Quarles, qui a supervisé la réglementation bancaire jusqu'à la fin 2021, a critiqué la lenteur avec laquelle la Fed a commencé à relever ses taux (0,25 point en mars, puis 0,50 pt le 3 mai). "Nous aurions été mieux servis si nous avions commencé à prendre le dessus en septembre", a-t-il déclaré au podcast Banking With Interest, attribuant ce retard, du moins en partie, au fait que le président Joe Biden a reporté à novembre la décision de renommer Powell pour un second mandat en tant que chef de la Fed.

Maintenant que la pression inflationniste est intense, que le chômage est faible et que la demande dépasse de loin l'offre, l'effet de hausses rapides des taux "est susceptible d'être une récession", a déclaré Randal Quarles, nommé par Donald Trump, qui a quitté son poste en décembre lorsqu'il n'a pas obtenu le feu vert de Joe Biden pour un second mandat.

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