Taux : forte détente sur les marchés obligataires

Taux : forte détente sur les marchés obligataires

Sur fond de craintes relatives à la situation économique...

Taux : forte détente sur les marchés obligataires
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Très forte détente sur les marchés obligataires ! Les taux reculent fortement sur fond de craintes relatives à la situation économique au lendemain des derniers commentaires de Jerome Powell et après la publication d'indices PMI plus mauvais qu'anticipé dans la zone euro en juin. Le taux du 10 ans allemand, la référence dans la zone euro, plonge de 16,6 points de base à 1,462% et est en passe de subir sa plus forte baisse sur deux jours depuis novembre 2011. L'OAT, son homologue française, voit pour sa part son rendement plonger de 16,2 pb à 2,007%. Aux Etats-Unis, le rendement du T-Bond à 10 ans perd 4,2 points de base à 3,115%.

L'audition du président de la Fed devant le Sénat américain a confirmé mercredi la priorité donnée par la Banque à la lutte contre l'inflation, malgré le risque, assumé, de causer une récession aux Etats-Unis. La Fed demeure ainsi "fortement déterminée" à faire reculer l'inflation, a déclaré M. Powell, ajoutant que le rythme des prochaines hausses de taux dépendra des indicateurs et de l'évolution des perspectives économiques. "Nous prendrons nos décisions réunion après réunion", a-t-il expliqué. Pressé par les questions des sénateurs, le patron de la Fed a admis qu'il est "possible" que la hausse des taux entraîne une récession "Ce n'est pas du tout l'effet recherché, mais c'est certainement une possibilité", a-t-il ajouté, admettant qu'un atterrissage en douceur allait être "très difficile". Pour autant, il a assuré qu'il y avait encore "des voies pour faire tomber l'inflation à 2% sans provoquer de conséquences aussi problématiques", et s'est montré confiant concernant la résistance de l'économie américaine, alimentant les espoirs "d'atterrissage maîtrisé".

"La réaffirmation de l'engagement de la Fed à faire baisser l'inflation et le fait que la récession est un risque s'ajoutent aux inquiétudes concernant la croissance, qui est de nouveau la crainte dominante", affirme à 'Bloomberg' Esty Dwek, responsable des investissements chez Flowbank.

Les traders se demandent maintenant jusqu'où la Fed va étirer son cycle de taux face à un ralentissement économique. Les marchés monétaires indiquent une diminution des chances que la Réserve fédérale relève les taux au-delà de la fin de l'année et une augmentation des chances d'une baisse des taux à partir de mai 2023. La Réserve fédérale "a tout intérêt à maintenir une certaine attitude belliciste", estime Steven Major, responsable mondial de la recherche obligations chez HSBC Holdings. "En effet, s'il apparaît que le sommet a été atteint, les conditions financières se relâcheront et la politique ne fonctionnera pas. Ils ont donc besoin de quelques mois de plus".

En Europe, les indices PMI flash ont signalé une forte détérioration de la croissance économique dans la région en juin. L'indice PMI composite S&P Global s'est ainsi replié de 54,8 en mai à 51,9 en juin, contre 54 attendus. S'il signale une hausse de l'activité économique de la région pour un seizième mois consécutif, l'indice met toutefois en évidence un deuxième ralentissement mensuel consécutif de la croissance, celle-ci ayant affiché son plus faible niveau de la période d'expansion en cours. Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, a ainsi commenté les derniers chiffres de l'enquête : "la croissance économique de la zone euro montre des signes d'essoufflement en juin, l'impact du dégel de la demande accumulée lors des périodes de confinement commençant déjà à s'estomper, sous l'effet de la brusque augmentation du coût de la vie et de la chute de la confiance des ménages et des entreprises".

Les marchés monétaires intègrent désormais un relèvement de 161 points de base des taux de la BCE d'ici la fin de l'année contre 176 lundi. "La BCE prendra donc note des chiffres du jour mais elle cherchera des preuves que le tableau qu'ils dépeignent se concrétise dans des données concrètes avant de changer de tactique", souligne Stuart Cole chez Equiti Capital.

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