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Secousses à Wall Street : tempête annoncée ou simple ajustement ?

Secousses à Wall Street : tempête annoncée ou simple ajustement ?

Les autorités politiques américaines sont intervenues en fin de semaine pour rassurer sur la bonne santé de l'économie américaine. Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a qualifié les secousses boursières d'"ajustement naturel" des marchés.

Secousses à Wall Street : tempête annoncée ou simple ajustement ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La dégringolade des Bourses mondiales de l'ordre de 5% cette semaine est-elle le début d'une baisse plus prononcée, ou bien une correction normale dans un marché haussier, en particulier aux Etats-Unis, où les indices volaient de record en record ces derniers mois ?

De nombreux analystes penchent pour la seconde hypothèse, et ont été rejoints vendredi par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Il a assuré que l'économie américaine restait solide, estimant que la récente chute de la Bourse était simplement un "ajustement naturel".

Interviewé sur la chaîne 'CNBC', Steven Mnuchin a affirmé que "les fondamentaux" de l'économie américaine restaient "forts". Les marchés "ont tendance à aller trop loin dans chaque direction" , a-t-il ajouté, commentant le retour de la forte volatilité.

Malgré la vigueur de la croissance économique américaine, les investisseurs ont été échaudés ces derniers jours par la hausse des taux sur les marchés obligataires et par de nouvelles craintes sur les effets négatifs d'une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Ils se sont donc allégés massivement sur les marchés d'actions, en attendant d'y voir plus clair.

Plein emploi + forte croissance sans inflation, l'équation parfaite ?

Concernant le bras de fer commercial avec la Chine, qui inquiète fortement les marchés, M. Mnuchin a indiqué qu'il avait fait part de son inquiétude sur la faiblesse du yuan au gouverneur de la banque centrale chinoise. Les deux responsables se sont rencontrés à l'occasion de l'Assemblée générale annuelle du FMI, qui se tient actuellement à Bali en Indonésie.

Le responsable américain a ajouté qu'il n'était pas inquiet d'une possible vente massive d'obligations d'Etat (T-Bonds) américaines par la Chine, en représailles aux taxes douanières américaines sur des produits chinois. S'ils faisaient cela, a-t-il dit, "cela ferait autant de mal à leur économie qu'à la nôtre".

La veille, Larry Kudlow, le principal conseiller économique, avait lui aussi estimé sur 'CNBC' que les turbulences sur les marchés étaient "une correction normale". "Ce qui s'est passé hier (mercredi), de mon point de vue, est une correction normale dans un marché haussier", a ainsi estimé M. Kudlow, en soulignant lui aussi l'excellente santé de l'économie américaine, qui allie le plein emploi et la croissance, sans subir de forte pression inflationniste. "L'Amérique déchire", a-t-il même lancé.. " au sujet des performances économiques du pays.

Donald Trump étrille la Fed, accusée de relever ses taux trop vite

M. Kudlow a aussi tenu à minimiser les critiques de Donald Trump envers la Fed. Le président américain "ne dicte pas sa politique à la Fed", a affirmé son conseiller économique. "Nous savons que la Fed est indépendante".

Lors de plusieurs interventions publiques, le président américain a accusé depuis plusieurs jours la banque centrale américaine d'avoir relevé ses taux directeurs trop vite, employant des termes cassants, tels que la Fed est "devenue folle", "loco", "ridicule" et "trop agressive" dans ses hausses de taux.

"La Fed fait une erreur. Ils sont si stricts. Je pense que la [banque centrale] est devenue folle", a notamment déclaré Donald Trump. Il a ajouté que de son point de vue, "la Fed et les taux souverains sont un problème, pas la guerre commerciale et la Chine". " En fait, c'est une correction que nous attendons depuis longtemps, mais, vraiment, je suis en désaccord avec ce que fait la Fed. O.K. ?" a ajouté le locataire de la Maison Blanche.

La Fed maintiendra son cap, selon Charles Evans (Fed de Chicago)

De son côté, la Réserve fédérale ne semble pas non plus juger dangereuses les turbulences de marché actuelles, et paraît déterminée à poursuivre son cycle de resserrement monétaire progressif.

Actuellement fixé dans une fourchette de 2%-2,25%, le taux des "fed funds" (taux au jour le jour, le principal taux directeur de la Fed) n'est plus jugé "accommodant", et s'approche d'un niveau "neutre" pour l'économie. Mais il est encore loin de son niveau précédant la crise des "subprimes" de 2008 (où il était supérieur à 5%) et n'est pas à ce stade de nature à entraîner un ralentissement de la croissance économique, estiment les experts.

Réagissant aux attaques de Donald Trump, Charles Evans, le président de la Fed de Chicago, a défendu vendredi la politique monétaire de la Fed, estimant qu'il "est temps de réajuster la politique monétaire vers la neutralité". Pour cela, la Fed doit "aller un peu plus loin" dans son cycle de relèvement de taux pour atteindre cet objectif "de neutralité", que M. Evans considère se situer entre entre 2,75% à 3%, dans un contexte de croissance supérieure à la normale et d'inflation modérée.

Intervenant sur la chaîne 'CNBC', M. Evans s'est d'ailleurs dit "déçu" que la situation de plein emploi n'ait pas encore débouché sur des hausses de salaires plus importantes, ce qui soutiendrait davantage la consommation, principal moteur de la croissance américaine. Charles Evans voit l'inflation rester sage et ne pas dépasser 2,2% à 2,3%, proche du niveau de 2% que la Fed s'est fixée pour objectif.

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