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Pétrole : pour Goldman Sachs, la correction actuelle est temporaire

Pétrole : pour Goldman Sachs, la correction actuelle est temporaire

La banque d'affaires américaine continue d'anticiper un cours du Brent supérieur à 80$ au 3ème trimestre malgré la perspective d'un relâchement de l'accord Opep+.

Pétrole : pour Goldman Sachs, la correction actuelle est temporaire
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir flirté avec les 80$, au plus haut depuis la fin 2014, les cours du pétrole subissent depuis une semaine une brutale correction. Le baril de pétrole brut léger américain WTI a perdu 8% en une semaine à 66,47$ lundi soir, et le Brent de la Mer du nord a cédé 5,6% en 4 séances, à 75,30$ lundi soir, après que l'Arabie Saoudite et la Russie ont fait savoir qu'ils réfléchissaient à rouvrir les vannes face aux perturbations de production, en particulier au Venezuela.

Cette correction n'a toutefois pas ébranlé les positions haussières de la banque d'affaires Goldman Sachs, qui continue de tabler sur un Brent au-dessus des 80$ au 3ème trimestre. Dans une note publiée le 25 mai, les analystes de GS jugent que la hausse envisagée de la production de l'Opep et de la Russie n'est pas un facteur baissier pour l'or noir, mais uniquement un rééquilibrage pour faire face à la brutale chute de la production au Venezuela.

Vers une hausse de production d'un million de barils par jour

Même si les signataires de l'accord dit Opep+ augmentaient leur production d'un million de barils par jour, cela ne ferait que compenser les baisses involontaires de production, selon la banque, qui confirme son objectif de 82,50$ le baril en moyenne sur le Brent au 3ème trimestre 2018.

La correction actuelle des prix serait donc temporaire, compte tenu de la forte demande mondiale et de la poursuite d'une maîtrise de leur production par l'Opep et de ses alliés."Le niveau actuel du déficit de production, la robustesse de la demande, et la hausse des perturbations de production, concourent pour réduire davantage les stocks mondiaux", selon les analystes de GS.

De fait, une hausse de la production du cartel et de ses partenaires d'environ un million de barils par jour, évoquée par les proches du dossier, permettrait de ramener à 100% le degré de respect de l'accord de limitation de la production en vigueur depuis janvier 2017, contre environ 152% actuellement, selon des sources citées par 'Reuters'.

La décision finale attendue le 23 juin prochain à Vienne

L'accord, en vigueur depuis début 2017, visait à réduire la production cumulée des participants de 1,8 million de barils par jour afin de réduire les excédents mondiaux et de faire remonter les cours. L'accord (qui est donc désormais allé au-delà des 1,8 mbj) a été prolongé fin 2017 jusqu'à la fin de l'année 2018, assorti d'une possibilité de modification en cours d'année.

La prochaine réunion des ministres de l'Opep et de ses partenaires, dont la Russie, doit avoir lieu les 22 et 23 juin à Vienne et une décision définitive sera prise à cette occasion. Plusieurs participants, dont la Russie, se sont inquiétés de la hausse trop rapide des cours, qui pourrait avoir des conséquences négatives sur la croissance économique mondiale.

Malgré la récente correction, le WTI a gagné 16% depuis le début de l'année et le Brent a bondi de 18,5%, et ils ont plus que doublé depuis leurs plus bas du début 2016, lorsque les cours étaient même tombés brièvement sous les 30$.

Des problèmes d'infrastructures pour acheminer le pétrole américain

Une augmentation graduelle d'un million barils par jour ne comblerait pas le déficit de production sur le 3ème trimestre, estime encore Goldman Sachs. Des perturbations accrues au Venezuela, mais aussi le risque de perdre une partie des exportations iraniennes en raison du retour des sanctions américaines sont de nature à compenser partiellement les mesures prises par l'Opep et ses alliés.

Quant à la hausse de la production aux Etats-Unis, Goldman Sachs cite des "problèmes d'infrastructures, qui font obstacle à une forte hausse de l'acheminement vers les marchés de la production nord-américaine".

La banque ajoute qu'"historiquement, les prix ont décliné après des annonces de hausses de production par l'Opep, mais lorsque ces annonces se faisaient dans un environnement de forte demande comme c'est le cas aujourd'hui, les prix étaient remontés deux mois plus tard à 8% au-dessus des cours précédant les annonces".

©2018,

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