Marchés : turbulences en vue pour des investisseurs avides de gains ? (Goldman Sachs)

Marchés : turbulences en vue pour des investisseurs avides de gains ? (Goldman Sachs)

"Il y a eu des périodes où l'appât du gain a largement dépassé la crainte. Nous sommes dans une de ces périodes", a estimé David Solomon, le patron de Goldman Sachs, à l'occasion du New Economy Forum organisé par Bloomberg à Singapour.

Marchés : turbulences en vue pour des investisseurs avides de gains ? (Goldman Sachs)
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés financiers peuvent ils encore progresser, après une phase d'euphorie liée à la sortie de la crise du coronavirus ? Interrogé sur les risques pesant actuellement sur les marchés, le patron de Goldman Sachs, David Solomon, a indiqué mercredi dans une interview avec 'Bloomberg' qu'ils pourraient connaître des turbulences au moment où l'économie mondiale émerge du choc abrupt asséné par la pandémie de coronavirus.

"Quand je prends du recul et que je revois mes 40 ans de carrière, il y a eu des périodes où l'appât du gain a largement dépassé la crainte. Nous sommes dans une de ces périodes", a ajouté le banquier à l'occasion du New Economy Forum organisé par Bloomberg à Singapour.

"Mon expérience me dit que ces périodes ne sont pas très longues. Quelque chose viendra rééquilibrer les marchés et leur donner un peu plus de perspective". "Il est probable que les taux d'intérêts vont remonter, et s'ils remontent, cela suffira à priver certains marchés d'une partie de leur exubérance", a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, David Solomon a estimé que la transition vers une économie mondiale "plus verte" était "immensément importante". Goldman Sachs fait partie d'un groupe de banques, d'investisseurs et d'assureurs qui se sont engagés à oeuvrer en faveur de la décarbonation d'ici à 2050, dans le cadre d'un accord dit "Glasgow Financial Alliance for Net Zero".

Des petites bulles qui gonflent

Les propos du banquier d'affaires américain interviennent au moment où les marchés boursiers mondiaux sont à des niveaux records, soutenus par la reprise économique et les injections massives de liquidités faites par les banques centrales et les gouvernements pour atténuer la récession-éclair provoquée en 2020 par la pandémie de coronavirus.

Certains segments de marché très spéculatifs (actions "meme", cryptomonnaies) se sont envolés cette année en déconnexion avec toute valorisation fondamentale. Cette spéculation s'est aussi emparée de secteurs comme les véhicules électriques, où des petits acteurs comme Lucid et Rivian ont vu leur capitalisation boursière s'envoler au-dessus de celles des constructeurs classiques, alors que leur production démarre à peine et qu'ils sont encore lourdement déficitaires. Certains compartiments de la technologie et d'internet semblent aussi très richement valorisés, de même que les prix immobiliers dans certaines parties du monde.

Vers une hausse des taux directeurs de la Fed en 2022 ?

La reprise économique mondiale s'est accompagnée d'une désorganisation des chaînes d'approvisionnement et d'une forte poussée d'inflation, qui semble plus élevée et plus durable qu'initialement prévu. Sur un an, la hausse des prix a atteint en octobre 4,1% dans la zone euro et 6,2% aux Etats-Unis, bien au-delà des objectifs d'environ 2% fixés par les banques centrales. Une situation qui fait penser à de nombreux experts que la Réserve fédérale américaine (et peut-être la BCE) devra relever ses taux directeurs en 2022 pour juguler la hausse des prix.

Cela risque de freiner la reprise économique, et au passage de calmer les excès boursiers en réduisant et en renchérissant le crédit. Si la Fed continue d'estimer l'inflation "transitoire", les marchés de taux ont d'ores et déjà intégré trois hausses de taux de la Fed l'an prochain, selon l'outil FedWatch du CME. Celui-ci voit une probabilité de 59,8% pour que les taux des "fed funds" soient autour de 0,75% fin 2022, contre 0 à 0,25% aujourd'hui.

Sur les marchés obligataires américains, les rendements se sont nettement tendus ces dernières semaines dans cette perspective. Le taux de l'emprunt d'Etat (T-Bond), à 10 ans est remonté cette semaine jusqu'à 1,64% et celui du "30 ans" est repassé au-dessus de 2%. Fin décembre 2020, le "10 ans" américain rapportait 0,9% et le "30 ans" 1,64%, avant les spéculations sur des hausses de taux de la Fed en 2022.

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