Marchés : les obligations rebondissent, rendement et sécurité attirent les investisseurs

Marchés : les obligations rebondissent, rendement et sécurité attirent les investisseurs

La correction subie par les marchés obligataires a fait remonter les taux des emprunts d'Etat à des niveaux qui attirent à nouveau les investisseurs. Le rendement du "10 ans" américain est supérieur à 3% et celui du Bund allemand dépasse 1,6%.

Marchés : les obligations rebondissent, rendement et sécurité attirent les investisseurs
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les obligations, dont les cours affichent une forte baisse depuis le début d'année, sont revenues en grâce ces derniers jours auprès des investisseurs, qui commencent à s'intéresser à nouveau aux emprunts d'Etat notamment, afin de profiter de rendements redevenus attractifs dans une optique de moyen terme. En outre, les fortes turbulences sur les marchés d'actions ont poussé les opérateurs à chercher refuge dans les actifs les moins risqués, comme les obligations d'Etat.

"La flambée des rendements depuis le début de 2022 - le rendement du Trésor américain à 10 ans est passé d'environ 1,63 % à environ 3,25 % - a infligé des pertes de prix sans précédent aux obligations existantes. Mais elle a également créé un meilleur point de départ pour de nouveaux investissements en termes de revenu potentiel et de diversification - deux des raisons fondamentales de posséder des obligations", a ainsi souligné Marc Seidner, CIO Stratégies Non-Traditionnelles chez PIMCO dans une note publiée mercredi.

Depuis le début de l'année, les obligations ont subi une vive correction (un krach selon certains), à mesure que les banques centrales ont commencé à relever leurs taux, faisant plonger les cours (qui évoluent en sens inverse des taux). Les cours des obligations d'Etat américaines, mesurées par le "JPM US Aggregate Bond Fund" ont ainsi reculé de 11% depuis le 1er janvier, tandis que les obligations de la zone euro ont plongé de plus de 16%, mesurées par la performance du "Euro Bond Fund" de Fidelity. Il s'agit des pires performances de ces marchés depuis environ 40 ans...

Des rendements redevenus plus attractifs après la purge

A l'inverse des cours, les taux ont flambé, anticipant le durcissement des politiques monétaires à venir, le rendement du T-Bond américain à 10 ans culminant à 3,49% le 14 juin, tandis que celui du Bund allemand de même échéance, référence de la zone euro, a dépassé 1,80% ces derniers jours, attirant l'attention des investisseurs à la recherche de rendement.

Ainsi, ce mercredi, le courant acheteur a fait chuter le taux du T-Bond à 10 ans de 13 points de base à 3,15% tandis que celui du "2 ans" américain a aussi plongé de 13 pb à 3,06%. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a chuté mercredi de 14 pb à 1,62%, après avoir atteint la veille son plus haut depuis 8 ans et demi, en décembre 2013. Et le taux de l'OAT française à 10 ans a perdu 16 pb pour revenir à 2,17%. Fin décembre dernier, le rendement du Bund était négatif à -0,18%, et l'OAT ne rapportait que 0,19%, soit environ 2 points de moins qu'actuellement.

A noter cependant que le rendement réel, une fois l'inflation déduite, reste négatif, compte tenu de la flambée actuelle des prix. Les banques centrales espèrent néanmoins ramener l'inflation autour de leur objectif de l'ordre de 2% à moyen terme, grâce au durcissement de leurs politiques monétaires.

La Fed et la BCE à la manoeuvre pour juguler l'inflation

Un peu partout dans le monde, l'envolée de l'inflation a porté les banques centrales à relever leurs taux directeurs pour la juguler, mettant fin à plus d'une décennie de taux d'intérêts très bas, voire négatifs. La Réserve fédérale américaine notamment, a procédé à une hausse de taux de 75 points de base le 15 juin (la plus forte hausse depuis 1994), ce qui a porté son taux des fonds fédéraux entre 1,5 et 1,75%, afin de contrer l'inflation, qui a atteint 8,6% sur un an en mai aux Etats-Unis, au plus haut depuis 41 ans. Le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que l'institution procéderait à une nouvelle hausse, de 50 ou de 75 pb, à la prochaine réunion de juillet. Les nouvelles projections économiques de la Fed prévoient un taux des "fed funds" à 3,4% fin 2022, ce qui serait son niveau le plus élevé depuis 2008, puis à 3,8% fin 2023.

Dans la zone euro, où l'inflation a atteint 8,1% en mai, la Banque centrale européenne (BCE) se prépare à mettre fin cet été à l'ère des taux négatifs (-0,5% pour le taux de dépôt). Elle a prévu de relever ses taux directeurs lors de ses réunions du 21 juillet et du 8 septembre prochain pour revenir en terrain positif à la rentrée.

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