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Marchés : la hausse des taux fait trébucher les places mondiales

Marchés : la hausse des taux fait trébucher les places mondiales

Déclenchée mercredi aux Etats-Unis, la tension sur les taux d'intérêts s'est étendue jeudi, faisant chuter les marchés d'actions. Des propos du patron de la Fed et des "stats" américaines florissantes sont à l'origine de cette flambée des taux.

Marchés : la hausse des taux fait trébucher les places mondiales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les turbulences de ces dernières 24 heures sur le marché obligataire américain, où les taux d'intérêts se sont brusquement tendus, se sont étendues par contagion aux autres marchés financiers de la planète. Les indices boursiers ont fléchi et les taux ont grimpé sur la plupart des marchés mondiaux.

Des statistiques très solides aux Etats-Unis ainsi que des propos du patron de la Fed américaine, Jerome Powell, ouvrant la voie à de nouvelles hausses de taux, ont provoqué des dégagements sur les obligations US, avec pour corollaire une hausse des taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Ainsi, le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans est passé en deux séances de 3,07% mardi à 3,19% jeudi soir (+12 points de base), remontant à son plus haut niveau depuis la mi-2011. En séance , le taux à 10 ans est même monté jeudi jusqu'à 3,23%.

Un environnement de taux de moins en moins favorable

Le T-Bond à deux ans rapportait jeudi soir 2,88% contre 2,81% mardi soir, au plus haut depuis la fin 2007, tandis que le taux du T-Bond à 30 ans a fini à 3,35% jeudi soir contre 3,21% mardi soir, au plus haut depuis juin 2014.

En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a grimpé jeudi de 6 pdb à 0,53%, celui de l'OAT française a pris 6 pdb 0,87% et celui du Gilt britannique a bondi de 9 pdb à 1,66%. Ailleurs, les taux se sont tendus notamment en Asie, tandis que les monnaies des pays émergents ont été chahutées.

Sur les places boursières mondiales, l'indice MSCI Asie Pacific a cédé jeudi 0,7%, tandis qu'en Europe, l'Euro Stoxx 50 a perdu 0,89%. A Paris, le CAC 40 a fini en recul de 1,47% à 5.410 points. En séance, le Dow Jones a perdu jeudi soir 0,75% et le Nasdaq a abandonné 1,81%. A Wall Street, cette correction intervient alors que les principaux indices enchaînent les records historiques depuis le début de l'année, malgré trois hausses de taux de la Fed cette année.

Poussé par l'augmentation des rendements outre-Atlantique, le dollar a connu sa sixième journée de hausse consécutive contre ses pairs (+0,02% à 95,78 points pour l'indice du dollar). L'euro est tombé sous le seuil psychologique de 1,15$ en séance à 1,1463$ avant de se reprendre et de finir la journée en légère hausse (+0,2% à 1,1507$)

Une économie américaine "remarquablement positive"

Les investisseurs ont réagi de façon épidermique à une salve d'indicateurs macro-économiques très solides aux Etats-Unis sur le front de l'emploi, de l'activité, comme de la consommation, qui ont fait écho à des propos très optimistes du président de la Fed, Jerome Powell. Dans un discours prononcé mardi à Boston, le banquier central a salué des perspectives économiques "remarquablement positives" pour les Etats-Unis, combinant un chômage très bas et une inflation maîtrisée.

M. Powell a estimé que le taux de chômage devrait rester en deçà de 4% pendant encore deux ans au moins et l'inflation demeurer modérée même avec les revalorisations salariales.

La Fed prête à resserrer plus que prévu ?

Il a confirmé que la banque centrale américaine allait continuer à remonter ses taux directeurs progressivement, ajoutant que la Fed était très attentive au risque de surchauffe de l'économie. Elle pourrait monter ses taux directeurs au-delà de ses niveaux neutres (ni encouragement, ni frein à l'économie), même si on en est encore loin, a-t-il conclu. Ces propos ont entraîné des spéculations sur des hausses de taux supérieures aux attentes des marchés, en cas de menace de surchauffe de l'économie.

La Fed a relevé la semaine dernière ses taux directeurs pour la 3ème fois cette année pour les porter entre 2% et 2,5%, et a retiré de son communiqué le terme "accommodant" qui désignait sa politique monétaire depuis près de 10 ans. Jerome Powell avait alors souligné la vigueur de la croissance et du marché de l'emploi aux Etats-Unis, ainsi que la modération de l'inflation, qui devrait demeurer proche de l'objectif de 2% que s'est fixé la banque centrale américaine.

Une quatrième hausse d'un quart de point du taux des "fed funds" semble se profiler de façon quasi-certaine pour la réunion de décembre, suivie de 3 autres hausses en 2019 sauf accident conjoncturel.

©2018,

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