Le pétrole flanche, les Etats-Unis étudient une suspension des taxes sur l'essence

Le pétrole flanche, les Etats-Unis étudient une suspension des taxes sur l'essence

Les cours ont été plombés davantage par les craintes de récession que par le projet du président américain Joe Biden de suspendre temporairement les taxes fédérales sur les carburants afin de réduire les pressions inflationnistes.

Le pétrole flanche, les Etats-Unis étudient une suspension des taxes sur l'essence
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les cours du pétrole ont perdu du terrain mercredi, essentiellement plombés par les craintes de récession, que le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a admis être "possible" aux Etats-Unis, en raison du resserrement monétaire en cours pour juguler l'inflation.

Mercredi soir, le baril de brut léger américain WTI a ainsi cédé 3% à 106,19$ sur le Nymex (contrat à terme d'août), tandis que le Brent de la mer du Nord d'échéance août a perdu 2,5% à 111,74$ sur l'ICE.

Les cours ont été plombés davantage par les craintes de récession que par le projet du président américain Joe Biden de suspendre temporairement les taxes fédérales sur les carburants afin de réduire les pressions inflationnistes dont souffrent les consommateurs américains.

Le prix du gallon d'essence a atteint des records aux Etats-Unis

La Maison-Blanche demande au Congrès de voter la suppression pendant trois mois, jusqu'à la fin septembre, d'une taxe fédérale de 18 cents par gallon (3,78 litres) et appelle les Etats, qui taxent également l'essence à la pompe, à faire de même, afin "de soulager directement les consommateurs américains qui souffrent de la hausse des prix de Poutine", ont indiqué de hauts responsables de l'administration Biden.

Gonflé par la reprise post-crise sanitaire, puis par la guerre en Ukraine, le prix moyen du gallon d'essence a atteint récemment un record à plus de 5$ aux Etats-Unis, contre quelque 3$ il y a un an, et cette flambée se répercute dans l'économie nationale, entraînant au passage la baisse de la cote de popularité du président américain. Celui-ci bénéficie de moins de 40% d'opinions favorables, à quelques mois des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Une mesure inefficace pour équilibrer le marché pétrolier

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a souligné mercredi que les impacts des prix de l'énergie "représentent en réalité la moitié de l'inflation" et s'est dite favorable au projet d'exonération temporaire de la taxe sur l'essence.

Une telle mesure n'aurait en revanche pas d'impact négatif sur la demande, soulignent les analystes, pour lesquels seule une réduction de la demande pourrait faire fléchir durablement les cours du pétrole, compte-tenu d'une offre toujours contrainte au niveau mondial.

Certains estiment qu'une suspension des taxes pourrait même être contre-productive, en stimulant la demande de carburants (et donc de pétrole) pendant la saison des vacances d'été, et ainsi contribuer à la poursuite de la hausse des cours...

Une récession est "possible", admet Jerome Powell

Plus que le projet de Joe Biden sur les taxes, les investisseurs ont suivi avec attention l'audition ce mercredi de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, devant le Sénat américain. Il a confirmé la priorité donnée par la Fed à la lutte contre l'inflation, malgré le risque, assumé, de causer une récession aux Etats-Unis, un scénario qui entraînerait à coup sûr une chute des cours du pétrole.

La Fed demeure ainsi "fortement déterminée" à faire reculer l'inflation, a déclaré M. Powell, ajoutant que le rythme des prochaines hausses de taux dépendra des indicateurs et de l'évolution des perspectives économiques. "Nous prendrons nos décisions réunion après réunion", a-t-il expliqué.

Pressé par les questions des sénateurs, le patron de la Fed a admis qu'il est "possible" que la hausse des taux entraîne une récession "Ce n'est pas du tout l'effet recherché, mais c'est certainement une possibilité", a-t-il ajouté, admettant qu'un atterrissage en douceur allait être "très difficile".

La Fed a procédé le 15 juin dernier à une hausse de taux de 75 points de base, la plus forte hausse depuis 1994, ce qui a porté son taux des fonds fédéraux entre 1,5 et 1,75%, afin de contrer l'inflation, qui a atteint 8,6% sur un an en mai aux Etats-Unis, au plus haut depuis 41 ans. Le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que l'institution procéderait à une nouvelle hausse, de 50 ou de 75 pb, à la prochaine réunion de juillet. Les nouvelles projections économiques de la Fed prévoient un taux des "fed funds" à 3,4% fin 2022, ce qui serait son niveau le plus élevé depuis 2008, puis à 3,8% fin 2023.

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