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La Fed moins "colombe" que prévu, défiant Donald Trump !

La Fed moins "colombe" que prévu, défiant Donald Trump !

La Fed a relevé ses taux directeurs, mercredi, pour la quatrième fois cette année. La banque centrale américaine a revu en baisse ses projections de taux pour 2019, mais pas autant que les marchés financiers et Donald Trump l'auraient voulu !

La Fed moins 'colombe' que prévu, défiant Donald Trump !
Crédit photo © Carlos Barria / Reuters

(Boursier.com) — La Réserve fédérale a annoncé mercredi une hausse de son principal taux directeur (la 4ème cette année), qui a été accueillie froidement par Wall Street, et risque de provoquer de nouvelles critiques de Donald Trump. Le président américain n'a eu de cesse, ces dernières semaines, de réclamer à la Fed une pause dans son cycle de hausse des taux, l'accusant de freiner la croissance.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,49% à 23.323 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 1,54% à 2.506 pts et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a abandonné 2,17% à 6.636 pts.

Encore deux hausses de taux envisagées en 2019

La Fed a donc relevé son taux des "fed funds" d'un quart de point, à 2,25%-2,50%, ce qui était largement anticipé, et elle a revu en légère baisse ses projections de taux pour 2019, 2020 et 2021.

Mais les marchés ont été déçus par le ton moins "colombe" que prévu de la banque centrale américaine. Beaucoup espéraient d'elle un signal clair de pause en 2019, mais la Fed a fait savoir qu'elle prévoyait toujours de poursuivre des "hausses de taux graduelles" au vu de l'expansion continue de l'activité économique, de la vigueur du marché de l'emploi, et d'une inflation proche de son objectif de 2% à moyen terme.

Les nouvelles projections de la Fed montrent ainsi qu'elle prévoit encore deux hausses de taux en 2019, pour atteindre 2,9% (au lieu de 3,1% prévus en septembre), puis encore une hausse en 2020 pour arriver à 3,1% (au lieu de 3,4% auparavant). Or, ces derniers jours, face à une accumulation de signes de faiblesse de l'économie mondiale, les marchés espéraient un seul tour de vis en 2019.

Dans "la fourchette basse de la zone neutre"

Défiant Donald Trump, qui ne cesse de réclamer une pause à la Fed, Jerome Powell a estimé que "la politique (monétaire) n'a pas besoin à ce stade d'être accommodante. Elle peut s'orienter vers la neutralité". Jerome Powell a néanmoins estimé que les taux avaient désormais atteint "la fourchette basse de la zone neutre", celle où ils ne représentent ni stimulant ni frein pour l'économie.

Le patron de la Fed aussi estimé que l'économie américaine devrait rester solide en 2019. De fait, le communiqué de la Fed a très peu évoqué les risques pesant sur l'économie, qualifiant de "forts" les gains sur le marché de l'emploi, et soulignant que les dépenses des ménages continuent de croître "fortement". Le seul bémol est venu de la croissance des investissements, qui est passée de "rapide" en début d'année à "modérée", selon la Fed.

La Fed pas inquiète d'une "certaine volatilité" sur les marchés financiers

La banque centrale a répété que les risques pesant sur les perspectives économiques sont "équilibrés". Elle a néanmoins ajouté pour la première fois dans son communiqué qu'elle "continuera de surveiller les développements économiques et financiers mondiaux et de mesurer leurs implications sur les perspectives économiques aux Etats-Unis".

Concernant les récentes turbulences sur les marchés financiers, Jerome Powell a indiqué que la Fed les surveillait, mais que sous l'angle des conditions financières générales, "une certaine volatilité ne laisse probablement pas de marque sur l'économie". Il n'a donc pas semblé s'affoler de la correction actuelle des indices boursiers, qui sont en voie de connaître en 2018 leur première baisse annuelle depuis 2008.

Le T-Bond à 10 ans retombe à 2,75%, la réduction du bilan continue

Les marchés obligataires semblaient en revanche percevoir le discours de la Fed comme plus accommodant que les marchés actions. Les obligations ont été recherchés mercredi en tant que valeurs refuge, ce qui a fait chuter les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des taux. Ainsi, le rendement du T-Bond à 10 ans est tombé à 2,75% (-6 points de base), au plus bas depuis neuf mois, alors qu'il avait culminé à 3,25% en novembre.

Par ailleurs, Jerome Powell a indiqué que la Fed poursuivrait la réduction de son bilan au rythme actuel. Depuis octobre 2017, la Fed retire environ 50 milliards de dollars par mois d'obligations d'Etat du marché, en les laissant arriver à échéance sans racheter un montant équivalent de titres. Cette réduction du bilan de la Fed a un effet restrictif sur le marché obligataire, agissant de la même façon qu'une hausse des taux. La Fed a déjà retiré du marché obligataire environ 365 Mds$, ramenant son bilan à 4.140 Mds$.

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