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La BCE s'inquiète d'une bulle immobilière en Europe

La BCE s'inquiète d'une bulle immobilière en Europe

Danièle Nouy, la responsable de la supervision bancaire à la BCE, met en garde contre une bulle immobilière en Europe. Elle appelle à la mise en place d'un système de garantie des dépôts dans l'UE.

La BCE s'inquiète d'une bulle immobilière en Europe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Dix ans après la crise des crédits "subprimes", la BCE estime que le secteur immobilier pourrait être à nouveau à l'origine de la prochaine crise... Telle est l'analyse de Danièle Nouy, la responsable de la supervision bancaire à la BCE. Dans une interview publiée mercredi par l'agence de presse lettone LETA, Mme Nouy s'interroge : "qu'est-ce qui pourrait provoquer la prochaine crise? Je ne sais pas, mais je suspecte que ce pourrait être le marché immobilier".

"Nous savons avec certitude qu'il y aura une nouvelle crise. Mais nous ignorons quand et pour quelle raison", a-t-elle ajouté. Selon la responsable de la BCE, le secteur bancaire serait cependant mieux armé qu'en 2008 face à une nouvelle crise.

Envolée des prix dans de nombreuses régions d'Europe

En 2008, la crise des crédits immobiliers à haut risque ("subprime") avait fait des ravages dans le secteur bancaire européen, notamment en Espagne, en Grèce, et en Islande, se transformant rapidement en crise souveraine et fragilisant la zone euro.

Ces dernières années, le niveau historiquement bas des taux d'intérêt a favorisé une envolée des prix de l'immobilier dans plusieurs villes et régions européennes, au risque de créer des bulles financières. Mme Nouy a notamment cité les pays baltes, où le boom des prix dans l'immobilier commercial constitue selon elle un risque, tout comme le recours à des taux variables, très risqué en cas de remontée des taux.

Dix ans après la crise des "subprimes", les banques ont certes dans l'ensemble une meilleure situation financière, mais certaines n'ont pas réussi à mobiliser suffisamment de garanties et à acquérir des liquidités supplémentaires quand elles étaient sous pression, a mis en garde la patronne du Mécanisme de supervision unique (MSU). "Ce qui manque encore, c'est un système de garantie des dépôts" au niveau européen, a-t-elle ajouté.

La garantie des dépôts coince au niveau européen

"Je sais que certains pays d'Europe du Nord et de l'Est souhaitent que soit mise en oeuvre une réduction plus importante des risques au sein des banques de la zone euro avant que de nouvelles mesures ne soient prises. Je pense personnellement que les risques ont déjà été réduits de manière significative. Donc, nous devons maintenant aller de l'avant," a-t-elle ajouté.

Le projet de création d'un système européen de garantie des dépôts (SEGD) butte depuis plusieurs années sur des réticences de la part de l'Allemagne et des Pays-Bas. En juin dernier, la question a été une nouvelle fois reportée lors d'un Conseil européen, en partie du fait de l'opposition de Berlin.

Mercredi, à l'occasion d'un forum organisé par le Thinktank Eurofin à Vienne en Autriche, les responsables de 4 banques centrales (France, Finlande, Espagne et Lituanie) ont une nouvelle fois pressé les gouvernements européens de mettre en place ce SEGD (ou "EDIS" en anglais), consistant à garantir à hauteur de 100.000 euros les dépôts dans toutes les banques de la zone euro via un fonds alimenté par les établissements bancaires eux-mêmes et soutenu par les Etats.

L'Allemagne et les Pays-Bas hostiles à toute mutualisation des risques

"La confiance dans des dépôts bancaires sécurisés devrait être identique dans l'ensemble de la zone euro", a notamment déclaré le gouverneur de la banque centrale finnoise Olli Rehn. "Un système européen d'assurance des dépôts permettrait cela, même en cas de crises graves", a ajouté Olli Rehn dans le magazine d'Eurofin.

Les banques allemandes et néerlandaises craignent toutefois qu'une telle garantie des dépôts mutualisée à l'échelle européenne ne force les établissements les plus solides à soutenir des établissements en difficulté dans d'autres Etats membres. Pour le gouverneur de la banque des Pays-Bas, Klaas Knot, les banques de la zone euro doivent d'abord réduire les risques associés à leur exposition aux dettes souveraines et à leurs encours de prêts douteux avant qu'un mécanisme commun d'assurance des dépôts puisse être mis en place.

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