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L'Europe entame son 19ème sommet "de la dernière chance" !

L'Europe entame son 19ème sommet "de la dernière chance" !

Sur fond de tensions entre la France et l'Allemagne, l'Europe se réunit à nouveau aujourd'hui et demain au chevet de l'Euro... Il s'agit du 19ème sommet...

L'Europe entame son 19ème sommet 'de la dernière chance' !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Sur fond de tensions entre la France et l'Allemagne, l'Europe se réunit à nouveau aujourd'hui et demain au chevet de l'Euro... Il s'agit du 19ème sommet "de crise" depuis 2008, et une fois de plus, les marchés doutent qu'il ne débouche sur une solution complète et efficace à la crise de la dette, dont les effets se font de plus en plus dévastateurs dans la zone Euro et au-delà...

Les observateurs s'attendent à ce que le sommet s'achève sur un compromis tourné vers le "moyen terme", engageant l'Europe vers une union bancaire et budgétaire. Un pacte de soutien de la croissance européenne, d'un montant de 120 à 130 Milliards d'Euros (financé par la BEI, des "projet bonds" et des fonds structurels européens), devrait être approuvé, ainsi que la création d'une taxe sur les transactions financières (TTF) qui ne serait toutefois appliquée que par certains pays. Ces points ont fait l'objet d'une accord entre Angela Merkel, François Hollande, Mario Monti et Mariano Rajoy lors de leur mini-sommet du 22 juin dernier à Rome.

En revanche, les marchés financiers craignent qu'aucune décision ne soit prise pour stopper l'incendie financier à court terme, alors que la flambée des taux espagnols et italiens menace d'aggraver la crise économique de ces pays et de fragiliser encore l'Euro... Hier, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a ainsi répété que son pays ne pourrait pas se financer longtemps aux conditions actuelles (les taux espagnols à 10 ans frôlent les 7%, terminant hier soir à 6,8%). Et l'annonce récente d'un plan d'aide européen aux banques espagnoles, qui pourrait atteindre les 100 MdsE, n'est pas jugé suffisant pour régler les problèmes financiers et économiques de l'Espagne...

Depuis le sommet du G20 des 18 et 19 juin, où l'Europe a été sommée d'agir vite par la communauté internationale, les réunions se sont multipliées entre les dirigeants européens... Malgré cela, sauf coup de théâtre de dernière minute, l'Allemagne et la France arriveront à Bruxelles sans position commune, pour la première fois depuis le début de la crise. Aucune information précise n'a filtré hier soir après la rencontre entre la chancelière allemande Angela Merkel et François Hollande à l'Elysée. Les deux dirigeants se sont contentés de se prononcer pour un approfondissement de l'union économique, monétaire et politique de l'Europe.

Ce matin, Bernard Cazeneuve le ministre délégué français aux Affaires européennes, a toutefois estimé que le couple franco-allemand "va bien", ajoutant qu'il essaie de construire un "compromis solide"... Un optimisme qui n'est pas partagé par la presse européenne si l'on en croit les "Unes" des journaux de ce jeudi : "Merkel refuse les solutions faciles de la France" ('Les Echos'), "Merkel freine des quatre fers" ('Financial Times'), "Trop Tard ? Zu Spät ? Too late ?" ('Libération') ou encore "François Hollande, un dangereux débutant" ('Financial Times Deutschland')...

Hier, avant son arrivée à Paris, Angela Merkel a une nouvelle fois répété très fermement son refus des "solutions de facilité" à court terme, et a plaidé uniquement pour des réformes structurelles de long terme et la création d'une Europe politique plus intégrée, avec le fédéralisme en ligne de mire.

Ces derniers jours, cette position a isolé de plus en plus la chancelière allemande face à la France, l'Espagne et l'Italie, qui veulent agir plus vite, en dotant les fonds de secours européens (FESF et MESF) de la capacité d'acheter des obligations d'Etat et/ou d'injecter des capitaux dans les banques européennes. Pour l'instant, ces fonds ne sont autorisés qu'à apporter des capitaux aux Etats, sous forme de prêts bonifiés décidés par l'Union européenne, sur le modèle des plans d'aide à la Grèce, l'Irlande, le Portugal et bientôt à l'Espagne (aide qui sera redirigée ensuite vers les banques) et à Chypre...

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