L'aluminium au plus haut depuis 10 ans après le putsch en Guinée

L'aluminium au plus haut depuis 10 ans après le putsch en Guinée

Les cours de ce métal indispensable à de nombreuses industries, dont l'automobile, ont bondi de plus de 35% depuis le début de l'année. Des réductions de production en Chine et le putsch de dimanche en Guinée font craindre une pénurie mondiale.

L'aluminium au plus haut depuis 10 ans après le putsch en Guinée
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les cours de l'aluminium, qui évoluaient déjà leur plus haut depuis une décennie, ont atteint lundi un nouveau sommet depuis plus de 10 ans, au lendemain du coup d'Etat militaire en Guinée. Ce pays d'Afrique de l'Ouest est en effet l'un des plus importants producteurs mondiaux de bauxite, la roche dont est extrait l'aluminium.

Les cours du contrat à terme à trois mois sur l'aluminium sont montés lundi à 2.757$ la tonne (+1%) sur le London Metal Exchange (LME), au plus haut depuis début 2011. Ils ont gagné près de 37% par rapport au début de l'année et environ 50% depuis un an.

Les cours de Bourse des sociétés minières et des producteurs d'aluminium ont eux aussi bondi lundi, dont ceux du groupe russe Rusal (+14,4% à Hong Kong), du chinois Aluminum Corporation of China (Chalco, +5,5% à Hong Kong) et de l'australien South32 (+2,1% à Sydney).

Craintes sur la production en Guinée, mais aussi en Chine

Les marchés craignent que la production et l'acheminement de bauxite et d'aluminium ne soient perturbés par le coup d'Etat en Guinée, même si le nouvel homme fort, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya a promis une transition en douceur, promettant de former un gouvernement "d'unité nationale". Il a voulu rassurer les investisseurs internationaux en déclarant lundi : "je peux assurer aux partenaires commerciaux et économiques que les activités se poursuivront normalement dans le pays. Nous demandons aux sociétés minières de poursuivre leurs activités".

Avant ces bouleversements politiques en Guinée, les cours de l'aluminium avaient déjà été propulsés cet été au plus haut depuis 10 ans par la nouvelle politique de la Chine, qui a ordonné une réduction de l'activité de ses fonderies, en invoquant la nécessité de réduire la pollution atmosphérique. Or, la Chine produit 60% de l'aluminium dans le monde, ce qui fait craindre une pénurie de ce métal de plus en plus demandé pour l'emballage, l'automobile et la construction...

De nombreuses autres matières premières, dont le cuivre et le minerai de fer, ont aussi vu leurs cours flamber depuis la crise du coronavirus en raison de problèmes de production et des nouvelles habitudes de consommation, notamment la demande accrue pour produire des véhicules électriques et des bâtiments moins énergivores dans le cadre de la transition énergétique.

Super-cycle des matières premières

Pékin, qui s'est engagé à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, a ordonné notamment à 5 fonderies dans la région du Xinjiang de réduire leur production par rapport à août. Dans cette région, l'essentiel de l'électricité est issu de centrales à charbon très émettrices de CO2.

Chez Goldman Sachs, qui annonçait dès 2020 l'avènement d'un nouveau super-cycle de hausse des matières premières, l'analyste Nicholas Snowdon a récemment relevé ses prévisions de prix de l'aluminium à 3.200$ la tonne d'ici douze mois, soit un potentiel de hausse de plus de 15%.

Dans une note à ses clients, Snowdon a souligné que les investisseurs sont pour le moment obnubilés par le rebond du Covid en Chine et le resserrement monétaire de la Fed, et que les fondamentaux du marché des métaux de base sont insuffisamment pris en compte. Il reste aussi haussier sur le minerai de fer.

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