Jerome Powell va confirmer la posture monétaire de la Fed

Jerome Powell va confirmer la posture monétaire de la Fed

La semaine boursière est notamment marquée, à Wall Street, par les audiences de nomination de Jerome Powell (reconduit à la tête de la Fed) et Lael...

Jerome Powell va confirmer la posture monétaire de la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La semaine boursière est notamment marquée, à Wall Street, par les audiences de nomination de Jerome Powell (reconduit à la tête de la Fed) et Lael Brainard (future vice-présidente), respectivement ce mardi et jeudi. Le témoignage préparé de Powell ne fournit pas d'élément notable supplémentaire concernant l'inflexion de politique monétaire de la Fed.

Rien d'extraordinaire, donc, dans ce témoignage préparé par le président de la Fed pour son audience de nomination ce mardi. Powell note que l'économie se développe à son rythme le plus rapide depuis de nombreuses années et que le marché du travail demeure solide. Cette solidité économique persiste malgré la pandémie, bien que ces dynamiques aient conduit à des déséquilibres persistants de l'offre et de la demande et à des goulots d'étranglement, et donc à une inflation élevée. Powell constate les inquiétudes concernant les retombées de cette inflation élevée. Il souligne que la Fed utilisera ses outils pour maintenir une économie forte et un marché du travail solide, et pour empêcher une inflation plus élevée de s'enraciner. L'inflation devrait dominer l'audience du jour, à la veille de la publication de l'IPC de décembre. Les marchés seront aussi attentifs aux commentaires éventuels concernant le début de la hausse des taux et le calendrier de réduction du bilan, bien qu'il soit peu probable que Powell fournisse beaucoup de détails supplémentaires sur ces sujets. Le point de vue de la Fed sur les changements induits par la pandémie en termes d'emploi devraient également faire l'objet d'un examen minutieux.

Goldman Sachs s'attend désormais à ce que la Fed relève ses taux quatre fois cette année, une de plus qu'auparavant attendu. L'estimation intervient dans un contexte de hausse de l'inflation et de tensions sur le marché de l'emploi. Parallèlement aux hausses de taux, GS prévoit que la Fed réduira bientôt ses avoirs obligataires. Une inflation élevée persistante combinée à un marché du travail proche du plein emploi pousserait donc la Fed à augmenter ses taux d'intérêt plus que prévu cette année, selon les dernières prévisions de la banque d'affaires. L'économiste en chef de la firme de Wall Street, Jan Hatzius, a déclaré qu'il prévoyait désormais que la Fed procède à quatre hausses de taux d'un quart de point de pourcentage en 2022, ce qui représente une voie encore plus agressive que les indications fournies il y a à peine un mois. Les taux sont actuellement dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25%.

"Nous continuons de voir des hausses (de taux) en mars, juin et septembre, et avons maintenant ajouté une hausse en décembre pour un total de quatre en 2022", indique la banque d'affaires. Goldman avait précédemment prévu trois hausses, en ligne avec le niveau que les responsables de la Fed avaient indiqué après leur réunion de décembre.

Les perspectives se durcissent donc, alors que les prix aux USA progressent au rythme le plus rapide en près de 40 ans (7,1% de croissance attendue de l'indice des prix à la consommation qui sera révélé demain - gain le plus important depuis juin 1982).

Dans le même temps, Hatzius et d'autres économistes ne s'attendent pas à ce que la Fed soit découragée par la baisse de la croissance de l'emploi. Les États-Unis n'auraient généré que 199 000 emplois non-agricoles en décembre, selon la publication de vendredi, bien en deçà de l'estimation de 400 000 environ du consensus. Cependant, le taux de chômage est tombé à 3,9% à un moment où les ouvertures d'emploi dépassent de loin les recherches, reflétant un marché de l'emploi qui se resserre rapidement.

Hatzius pense que ces facteurs amèneront la Fed non seulement à augmenter ses taux d'un point de pourcentage complet, ou 100 points de base, cette année, mais aussi à commencer à réduire la taille de son bilan qui atteint le niveau vertigineux de 8 800 milliards de dollars. Il a spécifiquement souligné une déclaration de la semaine dernière de la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, qui a asséné qu'elle pouvait voir la Fed commencer à se débarrasser de certains actifs après la première ou la deuxième hausse de taux.

Jusqu'à il y a quelques mois, la Fed rachetait pour 120 milliards de dollars par mois de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires. À partir de janvier, ces achats seront divisés en deux. Ils devraient être complètement supprimés en mars. Les achats d'actifs ont contribué à maintenir les taux d'intérêt bas et à maintenir le bon fonctionnement des marchés financiers. La Fed autorisera probablement un écoulement passif du bilan, permettant à une partie du produit des obligations arrivant à échéance de s'écouler chaque mois tout en réinvestissant le reste. Le processus a été surnommé 'resserrement quantitatif', par opposition à l'assouplissement quantitatif des dernières années.

Les prévisions de Goldman sont conformes aux anticipations de marché, qui prévoient une probabilité de près de 80% d'une première hausse des taux en mars et une probabilité supérieure à 50% d'une quatrième augmentation d'ici décembre, selon l'outil FedWatch du CME. Certains voient même une probabilité non négligeable de plus de 24% d'une cinquième hausse en 2022.

Raphael Bostic, patron de la Fed d'Atlanta, a quant à lui estimé dans un entretien accordé au Wall Street Journal, que les perspectives de relèvement de taux pourraient être révisées en hausse. Le niveau élevé de l'inflation et la solidité de la reprise obligeront la Fed à relever ses taux au moins trois fois cette année et justifieront une réduction rapide de son bilan, a jugé Bostic. Il estime probable que la hausse des prix s'intensifie, ce qui justifierait alors une quatrième hausse de taux en 2022.

Bostic, membre non votant de la Fed, juge que la banque devrait être plus agressive dans la gestion de son bilan, en réduisant sa taille au rythme d'au moins 100 milliards de dollars par mois. La Fed a acquis pour plus de 4 000 milliards de dollars d'emprunts d'Etat et de prêts immobiliers titrisés depuis le début de la pandémie, ce qui a plus que doublé la taille de son bilan.

©2022

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !