Inflation : la BCE prête à agir si les prix dérapent (Schnabel)

Inflation : la BCE prête à agir si les prix dérapent (Schnabel)

Pour Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, l'institution n'est pas pressée de resserrer sa politique monétaire, mais cela pourrait changer si l'inflation atteint son objectif plus rapidement que prévu.

Inflation : la BCE prête à agir si les prix dérapent (Schnabel)
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Si la BCE estime que l'inflation constatée depuis la crise du coronavirus sera un phénomène temporaire, elle se tient prête à agir si la hausse des prix dépasse durablement son objectif, a déclaré lundi Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institution.

L'inflation dans la zone euro va "selon toute probabilité" ralentir dès 2022, mais la Banque centrale européenne est prête à réagir de façon "rapide et résolue" si ce n'est pas le cas, a ainsi déclaré la responsable monétaire européenne, qui s'exprimait devant des chefs d'entreprises allemands. Une rhétorique qui rappelle celle de la Fed américaine et de son président Jerome Powell, estimant que la flambée actuelle des prix devrait se calmer en 2022, mais que la Fed se tient prête à agir si la hausse est plus forte et plus durable que prévu...

"Apaiser les inquiétudes"

Isabel Schnabel s'est efforcée d'apaiser les craintes d'une période d'inflation durablement élevée comparable à celle des années 1970, durant laquelle la hausse des prix avait approché 8% en Allemagne.

"Aujourd'hui, dans le contexte de la hausse des taux d'inflation, particulièrement en Allemagne, il m'importe d'apaiser les inquiétudes sur la possibilité que l'inflation reste durablement trop élevée ou même dérape de manière incontrôlable", a-t-elle dit. "Selon toute probabilité, l'inflation va nettement diminuer dès l'année prochaine."

Comme aux Etats-Unis, l'inflation dans la zone euro s'est accélérée plus qu'attendu ces derniers mois, mais la BCE continue de considérer cette évolution comme un phénomène temporaire lié à la hausse des prix du pétrole et d'autres matières premières ainsi qu'à des pénuries de certains composants industriels, comme les semi-conducteurs.

Les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté de 3% sur un an en août, selon la première estimation d'Eurostat, alors que la BCE vise à moyen terme un taux de 2%. Mais la banque centrale s'attend à ce que l'inflation revienne à 1,7% en 2022 et 1,5% en 2023.

Echapper aux taux d'intérêt négatifs

Pour l'économiste allemande, la BCE n'est pas pressée de resserrer sa politique monétaire, mais cela pourrait changer si l'inflation atteint son objectif plus rapidement que prévu. "Nous ne commencerons le processus de normalisation que lorsque nous serons confiants dans la réalisation fiable de notre objectif d'inflation", a-t-elle dit.

"Mais si l'inflation devait durablement atteindre notre objectif de 2% plus tôt qu'attendu, nous agirions de manière à la fois rapide et résolue."

Elle a évoqué trois raisons pour lesquelles ce scénario pourrait se produire: des perturbations prolongées des chaînes d'approvisionnement, des évolutions structurelles comme la transition climatique et un optimisme accru des consommateurs.

"Si nous parvenons à briser le cercle vicieux de la faiblesse de la marge d'augmentation des prix, de la lenteur de la croissance et du recul des anticipations d'inflation, alors nous serons en mesure d'échapper aux taux d'intérêt négatifs", a poursuivi Isabel Schnabel.

"Il y a de plus en plus de signes qui suggèrent que la combinaison des politiques budgétaire et monétaire peut le permettre."

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