France: récession évitée, mais l'inflation à 5,4% en juin (Insee)

France: récession évitée, mais l'inflation à 5,4% en juin (Insee)

Dans sa dernière note de conjoncture, l'Insee voit l'économie française croître au rythme de 0,25% au 2e trimestre et l'inflation atteindre 5,4% en juin. Sans bouclier tarifaire sur l'énergie, la hausse aurait dépassé les 7%.

France: récession évitée, mais l'inflation à 5,4% en juin (Insee)
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La croissance du PIB français, qui avait été nulle au 1er trimestre, devrait redémarrer au 2e trimestre malgré les conséquences du conflit ukrainien et de la crise du coronavirus, pour atteindre une modeste progression de 0,25% par rapport au 1er trimestre, selon l'Insee.

Dans sa dernière note de conjoncture, publiée lundi, l'institut de la statistique précise que l'acquis de croissance à la mi-année pour 2022 serait de +2,6%, après +7,0% sur l'ensemble de 2021. A ce stade de l'année, les données disponibles suggèrent un scénario de croissance modeste plutôt que de contraction de l'activité.

De nombreuses incertitudes persistent

Mais l'Insee prévient que des risques importants entourent ses prévisions, en raison des nombreuses incertitudes : hausse des prix de l'énergie, problèmes d'approvisionnement, paralysie de l'économie chinoise liée à sa stratégie "zéro Covid", difficultés du secteur immobilier et enfin, le durcissement des politiques monétaires notamment aux Etats-Unis.

Au 2e trimestre, les chocs d'offre négatifs (Covid et Ukraine) continueront à alimenter l'inflation, qui devrait atteindre 5 à 5,5%, et aurait dépassé 7% sans les mesures de "bouclier tarifaire" et de "remise à la pompe" prises par le gouvernement. Dans le détail, les prix à la consommation ont crû de 4,8% en avril sur un an, et devraient augmenter de 5,2% en mai puis de 5,4% en juin.

Effet de rattrapage de la consommation dans l'hôtellerie-restauration

Au premier trimestre, la consommation des ménages a pâti de la situation sanitaire, puis de l'incertitude et de l'accélération des prix liées au conflit ukrainien et aux sanctions prises contre la Russie par l'Occident.

Au début du deuxième trimestre, explique l'Insee, la situation sanitaire est sensiblement meilleure dans les pays européens, mais s'est dégradée en Chine, avec un impact direct de la stratégie "zéro Covid" sur la production de ce pays. Quant à la situation géopolitique à l'est de l'Europe, elle reste "particulièrement sombre", relève l'Insee, qui souligne "la relative résistance du climat des affaires" malgré la montée des incertitudes.

Parmi les signaux positifs pour le 2e trimestre : la consommation des ménages, premier moteur de la croissance, qui avait nettement diminué au 1er trimestre (-1,3% en volume), devrait légèrement rebondir entre avril et juin, grâce à des effets de rattrapage dans certains secteurs comme l'hôtellerie et la restauration, et la bonne résistance du marché de l'emploi. L'Insee n'exclut pas par ailleurs que pour maintenir leur niveau de vie, les ménages puisent dans leur épargne.

Pouvoir d'achat en berne pour cause d'inflation

Même si l'Insee écarte le risque d'une récession, la hausse des prix va peser sur la consommation des ménages cette année et sur leur pouvoir d'achat. La perte de pouvoir d'achat serait ainsi de 1,5 point au premier trimestre (à hauteur de 1 point par contrecoup de la perte de l'indemnité inflation qui a été intégrée en totalité dans les revenus de 2021), puis de 0,5 point au deuxième trimestre.

L'Insee anticipe notamment une accélération des prix des produits alimentaires, avec une hausse des prix qui pourrait dépasser les 6% sur un an en juin. L'inflation devrait aussi se transmettre aux prix des produits manufacturés et aux services, notamment en raison de la revalorisation du SMIC en mai. L'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) devrait ainsi grimper de 2,5% en mars à 3,5% en juin.

©2022

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