Fed : un peu trop tôt pour le tapering ?

Fed : un peu trop tôt pour le tapering ?

Raphael Bostic, le patron de la Fed de d'Atlanta, partisan du 'tapering' express, a un peu adouci son discours hier

Fed : un peu trop tôt pour le tapering ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Raphael Bostic, le patron de la Fed de d'Atlanta, partisan du 'tapering' express, a un peu adouci son discours hier. La journée était particulièrement animée de ce point de vue hier jeudi, avec des interventions de six présidents régionaux de la Fed et de la gouverneure Michelle Bowman. Ces diverses interventions n'ont pas fait sensiblement bouger le consensus des économistes, qui veut que la banque centrale américaine commence à réduire ses achats d'actifs obligataires, actuellement logés à 120 milliards de dollars mensuels, d'ici à la fin de l'année ou en tout début d'année prochaine. L'annonce du 'tapering' devrait intervenir lors de l'une des deux prochaines réunion du FOMC. Bostic, qui plaidait jusqu'alors pour un 'tapering' débutant dès octobre, a indiqué hier qu'il ne s'attendait pas à une décision à l'issue de la prochaine réunion des 21 et 22 septembre. Par conséquent, il semble donc peu probable que l'allègement du soutien de la Fed intervienne dès octobre. Bostic, justifiant son discours plus raisonnable, évoque les données économiques récentes plus faibles. Il maintient toutefois qu'un 'tapering' rapide est préférable à un tapering lent, et s'attend à un lancement cette année.

Le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan (membre non-votant), avait déclaré précédemment qu'il avait réduit ses prévisions de croissance du PIB américain pour cette année en raison de la résurgence de Covid-19, mais avait réitéré son soutien à un début de réduction des achats d'actifs de la Fed en octobre, en l'absence de changement fondamental dans les perspectives. Kaplan voit maintenant une croissance de 6% cette année, en baisse par rapport à sa prévision précédente de 6,5%...

Le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard (membre non-votant lui aussi), avait déclaré plus tôt cette semaine que la banque centrale américaine devrait se hâter de mener son plan de réduction du programme de rachat d'actifs obligataires, ce malgré un ralentissement brutal de la croissance de l'emploi aux États-Unis le mois dernier. Selon lui, le tapering "démarrera cette année et se terminera au cours du premier semestre de l'année prochaine". Commentant les données sur l'emploi plus faibles que prévu, Bullard a rejeté les inquiétudes selon lesquelles la reprise du marché du travail vacillait. Il note plutôt que la croissance de l'emploi est toujours en moyenne d'environ 500.000 par mois cette année. Il admet que les préoccupations liées au variant Delta ont un impact, mais souligne que d'autres problèmes du côté de l'offre - y compris des allocations de chômage améliorées (qui ont expiré cette semaine) - empêchaient également les gens de retourner sur le marché du travail. Une augmentation de l'épargne personnelle et des chèques de relance signifie que les gens peuvent se permettre de faire attention aux emplois qu'ils acceptent, résume Bullard, qui voit le taux de chômage tomber en dessous de 5% d'ici la fin de l'année.

Les opérateurs ne semblent pour l'heure pas considérer non plus que les créations de postes US très inférieures aux attentes du mois d'août (235.000 contre 750.000 de consensus) modifient réellement l'agenda de la Fed. Un 'tapering' est donc toujours anticipé sous peu, peut-être avant la fin de l'année. Une annonce officielle pourrait avoir lieu dès la réunion FOMC de novembre, en vue d'un lancement en décembre.

Suite à la faiblesse du rapport sur l'emploi d'août, les experts ont jugé peu probable que ce manquement modifie le calendrier de réduction des achats d'actifs de la Fed. Après le rapport, Goldman Sachs et Bank of America ont tous deux laissé leurs attentes de réduction des achats obligataires inchangées, prévoyant une annonce officielle en novembre. Le consensus semble toujours pencher en faveur d'allusions explicites à une diminution des achats d'actifs lors de la réunion du FOMC de septembre, suivies d'une annonce formelle en novembre. La Fed pourrait alors commencer à réduire les achats d'actifs en décembre à un rythme de 15 milliards de dollars par mois. Cependant, des doutes demeurent concernant l'engagement de la Fed à un cadre cible d'inflation moyenne flexible, avec un scepticisme croissant quant à la capacité des banques centrales à dénouer de manière significative les mesures de relance déclenchées en réponse à la pandémie.

La croissance économique a ralenti aux Etats-Unis pour revenir à un rythme "modéré" début juillet et en août, a constaté la Réserve fédérale dans son dernier Livre Beige, une enquête qui compile les rapports des services des Fed des 12 principales régions américaines. En parallèle, la hausse des prix et des salaires s'est poursuivie, sur fond de pénuries de composants et de main d'oeuvre. Ce rapport publié avant-hier soir servira de base à la réunion de la banque centrale américaine dans deux semaines, les 21 et 22 septembre, au cours de laquelle les responsables débattront du calendrier de réduction des achats d'obligations de la Fed. La Fed a souligné que les inquiétudes concernant la propagation rapide du variant delta du covid-19 avaient entraîné une baisse des sorties au restaurant, des voyages et du tourisme, ce qui a pesé sur l'ensemble de l'économie américaine cet été. La croissance a aussi été perturbée par les pénuries et les problèmes d'approvisionnement, notamment dans le secteur automobile et de la construction. Cependant, les entreprises ont indiqué à la Fed qu'elles avaient moins de mal à transférer leurs hausses de coûts aux consommateurs via des hausses de prix. La banque centrale a estimé que l'inflation était désormais "stable à un niveau élevé"...

Tous les districts ont mentionné une hausse de l'emploi allant de "légère à forte" selon les régions. Les entreprises ont aussi été nombreuses à signaler "d'importantes pénuries de main d'oeuvre", et ce malgré une "forte" hausse des salaires, et notamment des bas salaires.

Les dirigeants de la Fed débattent depuis des semaines du moment auquel il sera opportun de réduire le programme d'achats d'actifs de la banque centrale des Etats-Unis, qui atteignent 120 milliards de dollars par mois. Le président de la Fed, Jerome Powell a déclaré à la fin août qu'il était en accord avec la majorité de ses collègues sur le fait qu'une réduction des achats d'actifs pourrait être appropriée "cette année".

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