Fed : les taux doivent être portés à 3,5% au moins (R. Clarida)

Fed : les taux doivent être portés à 3,5% au moins (R. Clarida)

"Remonter rapidement les taux à un niveau neutre ne suffira pas lors de ce cycle pour ramener l'inflation vers notre objectif de plus long terme de 2%" a estimé jeudi l'ex-vice-président de la Fed, Richard Clarida.

Fed : les taux doivent être portés à 3,5% au moins (R. Clarida)
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que la Réserve fédérale a relevé mercredi ses taux directeurs pour la 2e fois en deux mois, et compte poursuivre son mouvement haussier, l'ex-vice-président de la Fed, Richard Clarida, a estimé jeudi que la banque centrale américaine devra porter son taux des "fed funds" à au moins 3,5% pour juguler l'envolée de l'inflation.

"Remonter rapidement les taux à un niveau neutre ne suffira pas lors de ce cycle pour ramener l'inflation vers notre objectif de plus long terme de 2%" a estimé M. Clarida dans le texte d'une intervention prévue vendredi à une conférence organisée par la Hoover Institution. "Le taux des fed funds devra, je pense, être remonté en terrain nettement restrictif, à au moins un point au-dessus du taux nominal de 2,5% considéré comme neutre", a-t-il écrit.

Des risques accrus de récession en 2023 ?

Ces déclarations de l'ex-numéro 2 de la Fed, qui a quitté son poste en janvier pour céder la place à Lael Brainard, interviennent au lendemain de l'annonce par la Fed d'une hausse d'un demi-point de son principal taux directeur, porté à 0,75%-1,00%, afin de juguler l'inflation, qui a atteint 8,5% en mars outre-Atlantique. La Fed a indiqué qu'elle poursuivrait son cycle haussier, et elle va en outre commencer à réduire son bilan, qui frôle les 9.000 milliards de dollars, à partir du 1er juin prochain.

Les marchés financiers craignent toutefois que la banque centrale américaine ne parvienne pas à juguler l'inflation sans donner un fort coup de frein à la croissance, ce qui risque de faire tomber l'économie américaine en récession l'an prochain, estiment certains économistes, dont ceux de Deutsche Bank, Bank of America et Goldman Sachs.

L'annonce, ce jeudi, d'une forte chute de la productivité et d'une envolée des coûts unitaires du travail au 1er trimestre aux Etats-Unis a renforcé ces craintes, entraînant un décrochage des indices boursiers américains (-3,1% pour le Dow Jones et -5% pour le Nasdaq).

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