»
»
»
Consultation

Fed : les marchés parient sur deux à trois baisses de taux en 2019

Fed : les marchés parient sur deux à trois baisses de taux en 2019

L'escalade de la guerre commerciale fait craindre aux investisseurs un net ralentissement de la croissance mondiale, voire une récession. Les marchés tablent désormais sur plusieurs baisses de taux de la Réserve fédérale américaine en 2019

Fed : les marchés parient sur deux à trois baisses de taux en 2019
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Si l'on en croit les marchés à terme, la question n'est plus de savoir si la Fed va baisser ses taux directeurs cette année, mais quand, et combien de fois...

Ainsi, selon l'outil FedWatch du CME Group, qui reflète l'évolution des contrats à terme sur les "fed funds" (le principal taux directeur de la Fed), les marchés tablent désormais sur deux ou trois baisses de taux cette année, les attentes les plus fortes se portant sur les réunions de septembre et d'octobre.

La probabilité d'au moins une baisse de taux d'ici à la fin 2019 approche désormais les 100% (96,8% mardi soir). Les chances sont de 17,5% pour une seule baisse de taux (à 2%-2,25%), de 34,8% pour 2 baisses (1,75%-2%), de 31,1% pour trois baisses (1,5%-1,75%), de 12% pour 4 baisses (1,25%-1,5%) et même de 1,5% pour ramener les taux à 1%-1,25%...

Les marchés ont été confortés par des propos Jerome Powell, mardi, qui a semblé ouvrir la voie vers de nouveaux assouplissements. Le président de la Fed a indiqué que la banque centrale agirait de manière "appropriée" face aux risques nés des tensions commerciales, sans pour autant se montrer plus précis.

Les probabilités d'une récession augmentent avec les tensions commerciales

La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed se déroulera les 18 et 19 juin prochains, mais pour l'instant, la probabilité reste à 82,5% en faveur d'un statu quo sur les taux des fed funds (fixés à 2,25%-2,50%) pour cette date. Les baisses sont attendues au plus tôt en juillet, puis de façon plus sûre en septembre et fin octobre, voire à nouveau le 11 décembre, date de la dernière réunion de l'année.

Ces projections ne sont bien sûr pas des certitudes, mais elles reflètent les craintes actuelles des investisseurs concernant la croissance américaine et mondiale, qui se retrouvent aussi dans l'inversion de la courbe des taux souverains américains. Toutefois, si Washington parvient in fine à aplanir ses différends commerciaux pour conclure un accord avec la Chine, les attentes des marchés pourraient rapidement changer.

Lundi, la banque Morgan Stanley a estimé que la guerre commerciale pourrait déclencher une récession mondiale dans trois trimestres à venir, si les Etats-Unis mettent en oeuvre leur menace de taxer à 25% la totalité des biens chinois, soit environ 300 Mds$ de plus qu'actuellement (plus de 200 Mds$). Pour leur part, les économistes de JP Morgan Chase ont estimé que la probabilité d'une récession aux Etats-Unis avait nettement augmenté, passant de 25% il y a un mois à 40% depuis l'escalade des dernières semaines entre les Etats-Unis et la Chine.

Jerome Powell fera ce qui est nécessaire pour soutenir la croissance

De son côté, la Réserve fédérale surveille de près la montée des risques macro-économiques. La consommation, le principal moteur de l'économie américaine, tient bon pour l'instant, de même que le marché de l'emploi, et l'inflation reste proche de l'objectif de 2% de la Fed. La banque centrale américaine a mis un terme depuis la fin 2018 à son projet de poursuivre les hausses de taux (après un dernier tour de vis le 19 décembre), et a déclaré une pause pour une durée indéterminée.

Ce mardi, le président de la Fed, Jerome Powell, s'est montré pour la première fois ouvert à une baisse des taux si nécessaire. S'exprimant à l'occasion d'une conférence à Chicago, il a assuré que la Fed fera ce qui est "approprié" pour soutenir la croissance américaine, ajoutant qu'elle "surveille de près" les développements liés à la guerre commerciale et leurs implications économiques. Même s'il n'a pas été plus loin dans ses remarques, les marchés ont interprété ce discours comme un nouveau virage de "colombe", que Wall Street a salué par une hausse de plus de 2% mardi soir.

Lundi, James Bullard, le président de la Fed de St. Louis, était allé plus loin que M. Powell, en indiquant qu'une baisse de taux "pourrait être bientôt justifiée" au vu de la montée des risques de ralentissement de l'économie et de la faiblesse de l'inflation.

Le 31 mai, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, avait également estimé que la Fed pourrait envisager une baisse des taux directeurs en cas de ralentissement plus marqué que prévu, ou en cas de faiblesse persistante de l'inflation. Il avait toutefois estimé que pour l'instant, l'économie américaine restait "dans une très bonne forme" malgré les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com