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Etats-Unis : Trump bombarde Twitter, Facebook tremble, Wall Street chute

Etats-Unis : Trump bombarde Twitter, Facebook tremble, Wall Street chute

Wall Street fléchit assez lourdement avant bourse ce lundi, après une série de tweets ravageurs du président américain Donald Trump

Etats-Unis : Trump bombarde Twitter, Facebook tremble, Wall Street chute
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street fléchit assez lourdement avant bourse ce lundi, après une série de tweets ravageurs du président américain Donald Trump durant le week-end... Le DJIA et le S&P500 sont attendus en baisse d'environ 0,5%, tandis que le Nasdaq plonge de 1,1%. L'affaire des données de Facebook devrait aussi peser sur le marché et sur le segment technologique de la cote. Le groupe de Mark Zuckerberg est en effet sous pression, après une sombre affaire de collecte massive de données concernant des dizaines de millions d'utilisateurs.

Facebook a ainsi révélé vendredi la suspension de Cambridge Analytica et de deux individus liés au vol massif de données. Dès 2014, une application supposée servir à des tests psychologiques proposait alors de rémunérer ses utilisateurs. Selon le 'New York Times', l'application aurait finalement permis de collecter des informations sur des dizaines de millions de personnes. L'utilisation faite de ces données poserait problème, le développeur ayant enfreint la politique de Facebook en transmettant justement ces données à la fameuse 'Cambridge Analytica' et à sa maison-mère britannique. Facebook a constaté il y a quelques jours que les données en question n'avaient pas été totalement détruites, contrairement aux engagements de Cambridge Analytica, qui appartient à un milliardaire donateur du Parti républicain et compte Steve Bannon (qui avait rejoint la campagne de Trump en 2016) à son conseil d'administration... Ces données pourraient même avoir été utilisées, selon une source du NYT, pour la constitution de publicités électorales ciblées...

McCabe "viré", Trump jubile

Le président américain a annoncé avant-hier sur Twitter le limogeage d'Andrew McCabe, ancien directeur adjoint du FBI, qui était toujours employé par l'agence après avoir quitté en janvier ses fonctions de numéro deux. McCabe a été viré par Jeff Sessions, ministre de la Justice. Il aurait fallu seulement deux jours de plus à McCabe pour profiter pleinement de ses avantages de retraite. Le ministère de la justice a évoqué une 'mauvaise conduite de McCabe', sans entrer plus dans les détails. Évidemment, les observateurs font le rapprochement avec le rôle de McCabe en tant que témoin dans l'enquête visant à établir une éventuelle obstruction de Trump à l'enquête russe.

Donald Trump, de son côté, se réjouissait samedi, sur Twitter, du licenciement de McCabe. "Un grand jour pour les hommes et les femmes du FBI qui travaillent durement", a lancé Trump, s'en prenant également à l'ancien dirigeant de l'agence, James Comey, qu'il avait aussi limogé, et fustigeant "les mensonges et la corruption" qui sévissaient alors, selon lui, au plus haut niveau du FBI.

Rien de compromettant ?

Dans un autre message posté sur Twitter, Trump rejette l'idée que McCabe puisse disposer de documents compromettants : "J'ai passé très peu de temps avec Andrew McCabe, mais il n'a jamais pris de notes lorsqu'il était avec moi. Je ne pense pas qu'il ait constitué de mémos à part pour l'aider dans son propre agenda, probablement à une date ultérieure. La même chose pour le menteur James Comey. Pouvons nous appeler çà de faux mémos ?" Sur Twitter également, Comey a répondu au président, expliquant : "Le peuple Américain entendra mon histoire très bientôt. Et ils pourront juger par eux-mêmes de qui est honorable et qui ne l'est pas". Comey faisait allusion à son livre, qui sortira en avril.

Attaques contre le procureur Mueller

Le président américain s'en est également pris ce week-end au procureur Robert Mueller, qui enquête sur la possible collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie. Dans un tweet envoyé dimanche, Trump se demande "pourquoi l'équipe Mueller comporte 13 Démocrates endurcis, dont d'importants partisans d'Hillary la malhonnête, et zéro Républicain ?" Donald Trump constate qu'un autre démocrate a récemment rejoint l'équipe. "Est-ce que quelqu'un pense que c'est juste ? Et pourtant, il n'y a AUCUNE COLLUSION!", insiste encore le président sur son réseau social préféré...

Dans un autre tweet livré dimanche, Trump avait estimé que l'enquête Mueller était basée sur 'des activités frauduleuses' et un 'Faux Dossier'. Le président américain évoquait ainsi une "chasse aux sorcières".

Et l'économie dans tout ça ?

Ces assauts de Trump font donc presque oublier l'économie américaine. Il n'y aura pas de statistiques notables ce jour, mais la semaine sera marquée, outre-Atlantique, par la réunion de la Fed.

La Fed tient donc demain mardi et mercredi sa réunion de politique monétaire, qui devrait se conclure par un relèvement des taux d'un quart de point (probabilité de... 94,4% d'un taux rehaussé entre 1,5 et 1,75% sur les fonds fédéraux, selon l'outil FedWatch du CME Group)...

La conférence de presse du nouveau président de la Fed Jerome Powell - sa première à ce poste - est très attendue. Elle permettra, mercredi soir (20h30 en France), de tenter de décrypter les intentions de la Fed pour le reste de 2018. Trois tours de vis d'un quart de point sont pour l'heure anticipés par une majeure partie des économistes. Néanmoins, certains craignent une poussée de l'inflation qui contraindrait la Banque à une quatrième hausse des taux cette année.

Cette réunion revêt une importance particulière, les marchés se trouvant en manque de repères depuis le changement à la tête de l'institution. Ce sera donc la toute première réunion monétaire sous la direction de Powell, qui a pris la succession de Janet Yellen début février en tant que président de la banque centrale américaine.

Les fruits de sa première réunion et de sa première conférence de presse, mercredi, sont donc très attendus, dans le contexte incertain créé par Donald Trump (réforme fiscale, protectionnisme commerciale et diplomatie agressive)... Le communiqué monétaire de la Fed sera publié mercredi à 20 heures, en même temps que les prévisions économiques de la Banque centrale américaine.

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