Etats-Unis : répit sur le plafond de la dette jusqu'au 3 décembre

Etats-Unis : répit sur le plafond de la dette jusqu'au 3 décembre

Démocrates et Républicains sont tombés d'accord jeudi pour relever temporairement le plafond de la dette, évitant la catastrophe d'un défaut de paiement. Le problème devra néanmoins être réglé définitivement avant le 3 décembre...

Etats-Unis : répit sur le plafond de la dette jusqu'au 3 décembre
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des semaines de bras de fer politique, un accord a été conclu jeudi au Congrès américain en vue d'un relèvement temporaire du plafond de la dette des Etats-Unis jusqu'au 3 décembre prochain, a annoncé le chef de la majorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer.

"Nous avons conclu un accord pour prolonger le plafond de la dette jusqu'à début décembre et nous espérons que nous pourrons l'entériner dès aujourd'hui", a déclaré M. Schumer, qui espérait faire voter les sénateurs dès jeudi soir.

Selon la presse américaine, le plafond de la dette autorisée, aujourd'hui fixé autour de 28.400 milliards de dollars serait autorisé à grimper de 480 Mds$, pour atteindre 28.880 Mds$ jusqu'au 3 décembre prochain.

Wall Street soulagée quant au risque de défaut sur la dette

Si aucun accord n'avait été trouvé, l'Etat fédéral se serait trouvé à court de financements vers le 18 octobre, ce qui aurait entraîné un défaut sur sa dette, un événement sans précédent dans l'histoire des Etats-Unis, qui aurait eu de lourdes conséquences sur l'économie et les marchés financiers.

L'annonce de cet accord a été salué jeudi par la Bourse de New York, où les principaux indices progressaient de quelque 1,5% en séance. Wall Street avait déjà gagné du terrain mercredi soir après que le parti républicain a proposé un compromis aux démocrates, qui ont donc saisi la perche tendue.

Le leader de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnell avait ainsi proposé de sortir de l'impasse en acceptant de soutenir un texte relevant temporairement le plafond de la dette via une procédure de vote à la majorité simple de 51 voix au Sénat.

Les Républicains marquent un point

Le Sénat est divisé à 50/50 entre Républicains et Démocrates mais ces derniers peuvent si nécessaire atteindre la majorité avec la voix de la vice-présidente Kamala Harris. Jusqu'à présent, les Républicains avaient forcé les Démocrates à utiliser une procédure qui les obligeait à obtenir une majorité de 60 voix sur 100 au Sénat pour relever ou suspendre le plafond. Les démocrates souhaitaient au départ prolonger le plafond de la dette jusqu'à la fin 2022, mais les républicains s'y sont opposés.

Mitch McConnell a indiqué avoir décidé d'approuver le recours à des procédures normales de vote "pour protéger le peuple américain d'une crise à court terme créée par les Démocrates". Lundi soir, le président Joe Biden avait pour sa part rejeté la responsabilité de l'impasse sur les Républicains, et avait dramatisé le sujet en affirmant qu'il ne pouvait "pas garantir" que les Etats-Unis éviteront un défaut de paiement sur leur dette...

Dette, plans de relance, des défis toujours aussi ardus

En acceptant la proposition de leurs adversaires, les démocrates échouent donc à relever à long terme le plafond de la dette, mais ils évitent un défaut de paiement et gagnent deux mois pour négocier une solution pérenne. Une autre date butoir se profile en outre en décembre pour les élus du Congrès, celle de l'expiration de la loi de financement du gouvernement et des agences fédérales et le risque d'un nouveau "shutdown", la fermeture forcée des administrations fédérales faute de financement.

Cette accumulation de défis pour la fin d'année pourrait aussi compliquer davantage les efforts des démocrates pour faire adopter les deux plans d'investissements massifs dont Joe Biden a fait sa priorité, mais qu'il peine à promouvoir.

Le premier plan prévoit environ 1.000 Mds$ d'investissements dans les infrastructures, et le second prévoit des mesures d'aide sociale et de lutte contre le changement climatique. D'un montant initial de 3.500 Mds$, ce second projet devrait cependant être revu en baisse, autour de 2.000 Mds$, faute de majorité pour l'adopter au sein même du parti démocrate. Les Républicains de leur côté sont vent debout contre le financement de ce projet social et climatique par des hausses d'impôts, notamment sur les sociétés, les très hauts revenus et les revenus du capital.

©2021

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !