Etats-Unis : la productivité en berne au T1, les coûts du travail s'envolent

Etats-Unis : la productivité en berne au T1, les coûts du travail s'envolent

La productivité non agricole a plongé et les coûts unitaires du travail se sont envolés de 11,6%, du jamais vu depuis 30 ans, faisant craindre une spirale inflationniste salaires-prix.

Etats-Unis : la productivité en berne au T1, les coûts du travail s'envolent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La publication des chiffres de la productivité au 1er trimestre aux Etats-Unis a relancé jeudi les craintes d'une spirale salaires-prix, qui entretiendrait durablement l'inflation. Ce scénario noir a provoqué une lourde chute des indices boursiers, le Dow Jones abandonnant en séance plus de 3% et de Nasdaq perdant plus de 5%...

Selon le département US du Travail, la productivité non agricole, qui mesure la production horaire par travailleur, a ainsi plongé à un taux annualisé de 7,5% au cours du 1er trimestre, sa plus forte baisse depuis... le troisième trimestre de 1947 ! Les marchés s'attendaient à un recul moins marqué, de 5,4%. Cette chute fait suite à un taux de croissance de 6,3% au quatrième trimestre 2021. Les chiffres de la productivité sont assez difficiles à interpréter depuis la crise du coronavirus, mais ce jeudi, ils ont clairement contribué au pessimisme ambiant à Wall Street.

Les coûts unitaires du travail se sont eux envolés de 11,6%, du jamais vu depuis 30 ans, en 1982, contre +9,9% attendus après une hausse de 0,9% au trimestre précédent. Le déséquilibre du marché du travail oblige les employeurs à augmenter les salaires, contribuant ainsi à la flambée de l'inflation.

La Fed ne voit pas de risque de spirale salaires-prix

Cette publication intervient au lendemain de l'annonce par la Fed d'une hausse d'un demi-point de son principal taux directeur, à 0,75%-1,00%, afin de juguler l'inflation, qui a atteint 8,5% en mars outre-Atlantique. La Fed a indiqué qu'elle poursuivrait son cycle haussier, et elle va en outre commencer à réduire son bilan, qui frôle les 9.000 milliards de dollars, à partir du 1er juin.

Les marchés avaient néanmoins été un peu soulagés mercredi par le ton plus "colombe" qu'attendu du président de la Fed, Jerome Powell, qui a semblé exclure des mouvements encore plus amples, de 75 points de base, lors des prochaines réunions. Lors de sa conférence de presse, il a déclaré que "le marché du travail est extrêmement tendu, et l'inflation est beaucoup trop élevée", mais dans le même temps, il a exclu une spirale salaires-prix, et a indiqué que la Fed n'envisage pas "activement" de relever ses taux encore plus massivement, de 75 points de base, lors de ses prochaines réunions.

M. Powell a aussi assuré qu'il voyait un chemin vers un atterrissage en douceur de l'économie, et a estimé que l'économie américaine n'était pas près de tomber en récession, même si la croissance du 1er trimestre s'est contractée de 1,4% en rythme annuel, à la surprise générale.

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