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Etats-Unis : la Fed s'inquiète d'une 2e vague de coronavirus

Etats-Unis : la Fed s'inquiète d'une 2e vague de coronavirus

Plusieurs membres de la Fed se sont inquiétés ces derniers jours d'un risque de récession prolongée en cas de 2e vague de Covid-19 après les mesures de déconfinement actuellement en cours aux Etats-Unis.

Etats-Unis : la Fed s'inquiète d'une 2e vague de coronavirus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Malgré le récent rebond de la Bourse de New York, plusieurs membres de la Fed ont prévenu ces derniers jours qu'il fallait s'attendre une reprise lente aux Etats-Unis, après la crise du coronavirus, et ont mis en garde contre le risque d'une seconde vague de Covid-19, après la levée des mesures de confinement prises en ce moment aux Etats-Unis et dans de nombreux pays européens.

Les banquiers centraux américains estiment que la Fed, mais aussi le gouvernement américain, devront prendre de nouvelles mesures d'exception afin d'accompagner le retour de la croissance de la première économie mondiale. Le président de la Fed, Jerome Powell, doit s'exprimer ce mercredi 13 mai sur la situation économique, via une visioconférence organisée par l'Institut Petersen.

Les marchés envisagent des taux négatifs vers la fin 2020

En attendant, de nombreux membres de la banque centrale américaine ont appelé ces derniers jours à la prudence. Le dernier en date, Charles Evans (Fed de Chicago) a estimé lundi que la Fed allait maintenir ses taux à zéro pendant "une longue période", mais il ne s'attend pas à ce qu'elle adopte des taux négatifs. Il a en revanche appelé l'Etat à profiter des taux très bas pour adopter "des mesures à haut rendement social pour aider les Américains".

Pour l'instant, aucun responsable de la Fed n'a estimé qu'elle devrait ramener ses taux directeurs en terrain négatif, comme l'ont fait avant elle la BCE et la Banque du Japon (respectivement -0,5% et -0,1% sur les dépôts des banques). Sur les marchés financiers, en revanche, les contrats à terme sur les prochains mois ont suggéré ces derniers jours que le taux des "fed funds" pourrait devenir négatif à partir de la fin de l'année 2020.

La Fed a ramené en urgence son taux des "fed funds" proche de zéro (entre 0% et 0,25%) en mars pour faire face à la crise du coronavirus, et a mis en place une série de programme de rachat d'actifs de tout les types afin de soutenir l'économie et les entreprises.

La crainte d'une récession durable en cas de "2e vague"

Vendredi, Loretta Mester, la présidente de la Fed de Cleveland, s'est inquiétée d'un risque de deuxième vague de Covid-19, estimant qu'un retour en arrière (vers le confinement) après la réouverture de l'économie aurait "des effets dévastateurs" sur l'économie. Lors d'une émission radio de la Wharton School (Université de Pennsylvanie), Mme Mester a aussi estimé que la Fed, comme le gouvernement fédéral, devaient se tenir prêts à aider davantage l'économie.

De son côté, le président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, a mis en garde jeudi contre le risque de rouvrir trop rapidement l'économie, qui pourrait entraîner une "catastrophe sanitaire" et provoquer une nouvelle "douloureuse contraction du PIB en 2021".

Une reprise lente même dans un scénario optimiste

Même dans un scénario optimiste d'un redémarrage à partir de juin, la croissance rebondirait vivement au 2e semestre 2020 sans pour autant effacer la chute du 1er semestre, a-t-il ajouté lors d'une conférence en ligne. Patrick Harker a estimé que des taux négatifs n'aideraient pas les entreprises, car leur problèmes actuels n'ont pas grand-chose à voir avec le niveau des taux d'intérêts.

De son côté, le patron de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a indiqué sur la chaîne 'CNBC' qu'il n'envisageait pas non plus des taux négatifs aux Etats-Unis. Barkin envisage lui aussi une reprise économique lente, et a ajouté que la Fed prendrait de nouvelles mesures de soutien si nécessaire.

Nonobstant le risque de 2e vague, l'économie américaine aurait désormais "à peu près touché un point bas", selon le responsable de la Fed. "Je pense que la reprise sera lente, ce qui veut dire que les individus et les entreprises auront encore besoin d'être aidés", a-t-il poursuivi.

De nouvelles mesures de soutien attendues

Le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow a indiqué vendredi dans un entretien avec 'Bloomberg' que les experts gouvernementaux de la santé planchaient sur un plan d'urgence en cas de seconde vague de coronavirus, sans autre précision. Il a en revanche affirmé à la presse que l'administration Trump ne négociera pas en mai de nouveau plan de soutien avec le Congrès américain. Le Congrès a déjà adopté 4 textes débloquant des fonds d'aide, dont un prévoyant l'injection de 2.200 Mds$ dans l'économie.

Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, avait jeté un froid mardi sur les marchés financiers en déclarant que l'économie américaine allait durement souffrir avant de connaître un début de reprise économique, sur lequel la Fed table à partir du 3e trimestre 2020. Dans un entretien avec la chaîne 'CNBC', il avait indiqué que la Fed et le gouvernement devraient adopter de nouvelles mesures budgétaires de soutien à l'économie.

Le pire serait à venir pour le marché de l'emploi US

"Nous sommes dans une période où les données économiques sont très, très, très dures et difficiles, telles que nous n'en avons pas vu de notre vivant", avait mis en garde le n-2 de la Fed, ajoutant que le taux de chômage allait atteindre aux Etats-Unis des niveaux sans précédent depuis les années 1940. Le taux de chômage a bondi à un niveau record de 14,7% en avril, et il pourrait atteindre 20% dans les prochains mois, selon les économistes.

Dimanche, Neel Kashkari, le président de la Fed de Minneapolis, a lui aussi estimé que les Etats-Unis devaient se préparer à des chiffres de l'emploi encore plus désastreux dans les prochains mois, et a lui aussi appelé le Congrès à étudier de nouveaux plans de soutien à l'économie. "Le pire est malheureusement encore à venir sur le front de l'emploi", a-t-il dit sur la chaîne 'ABC'. "En réalité, ce sont autour de 23 à 24% de personnes qui sont au chômage aujourd'hui, et si la reprise est graduelle comme je le pense, ces personnes auront besoin d'aide", a-t-il ajouté.

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