Etats-Unis : la Fed prête à relever ses taux si l'inflation persiste

Etats-Unis : la Fed prête à relever ses taux si l'inflation persiste

Les "Minutes" de la Fed ont montré que les membres de la Fed sont prêts à relever les taux directeurs "plus vite que les marchés le prévoient" si l'inflation continuait de flamber.

Etats-Unis : la Fed prête à relever ses taux si l'inflation persiste
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Depuis l'annonce, en début de semaine, par Joe Biden de la reconduction de Jerome Powell pour un nouveau mandat de 4 ans à la tête de la Fed, les taux d'intérêts se sont nettement tendus et les marchés anticipent un début de remontée des taux directeurs de la Fed dès la mi-2022, voire plus tôt face à la flambée de l'inflation.

Plusieurs responsables de la Fed se sont prononcés ces derniers jours en faveur d'une accélération du "tapering" (la réduction du programme d'achat d'actifs de la Fed) considéré comme le préalable à la remontée des taux. Et la publication des Minutes de la Fed, mercredi soir, a confirmé que certains responsables s'étaient prononcés en faveur d'un "tapering" plus rapide dès la réunion des 2 et 3 novembre dernier, à l'issue de laquelle la Fed a annoncé son intention de réduire ses achats.

Le rapport montre aussi que les membres de la Fed sont prêts à accélérer le "tapering" et à relever les taux directeurs "plus vite que les marchés le prévoient actuellement" si l'inflation continue de flamber au-dessus des objectifs de la banque centrale.

"Empêcher l'inflation de s'enraciner durablement"

Aussitôt nommés, "Jay" Powell et sa future vice-présidente Lael Brainard ont tous deux insisté lundi sur leur détermination à maîtriser l'inflation, qui a atteint en octobre 6,2% sur un an, bien au-dessus de l'objectif de long terme de 2% de la Fed. Mercredi, on apprenait que l'indice des prix 'core PCE', la mesure d'inflation préférée de la Fed, a progressé de 4,1% sur un an, des chiffres conformes aux attentes du marché, mais qui traduisent une forte accélération par rapport à septembre (+3,7%).

Jerome Powell a déclaré que "nous utilisons nos outils pour soutenir l'économie et un marché de l'emploi solide, mais aussi pour empêcher l'inflation de s'enraciner durablement". Plusieurs autres membres de la Fed se sont montrés moins "colombe" que précédemment face à une hausse des prix qui paraît décidément moins transitoire qu'initialement prévu.

Un "tapering" achevé dès la fin du 1er trimestre ?

Ainsi, Raphael Bostic, le patron de la Fed d'Atlanta, a indiqué mardi que la Fed pourrait avoir besoin d'accélérer le 'tapering', pour l'achever dès la fin du 1er trimestre (au lieu de la mi-2022), afin de se donner plus de flexibilité concernant la hausse ultérieure des taux.

Mercredi, la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, s'est elle aussi dite ouverte à une accélération du "tapering" si l'inflation restait élevée et si la croissance de l'emploi restait forte. "Si les choses continuent à faire ce qu'elles ont fait, alors je soutiendrais complètement une accélération du rythme de la réduction progressive des achats d'actifs", a-t-elle déclaré lors d'une interview avec Yahoo Finance. La semaine dernière Richard Clarida, le vice-président de la Fed (qui sera remplacé par Lael Brainard fin janvier) avait également suggéré que la Fed envisage un rythme plus rapide de "tapering" lors de sa prochaine réunion des 14 et 15 décembre.

Mercredi soir, sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 2 ans grimpait de 3 points de base à 0,64% (contre 0,51% vendredi avant l'annonce du second mandat de Powell), tandis que le taux à 10 ans américain cédait 1 point de base à 1,65% (contre 1,55% vendredi, et 0,90% fin 2020).

A l'issue de sa réunion des 2 et 3 novembre, la Fed avait annoncé le coup d'envoi de la réduction de son programme d'achat d'actifs à partir de la mi-novembre. Ces achats massifs de 120 milliards de dollars par mois, seront réduit de 15 Mds$ par mois, ce qui impliquerait 8 mois pour revenir à zéro. La Fed a cependant prévenu qu'elle pourrait adapter le rythme de ces achats, à la hausse ou à la baisse, en fonction de la conjoncture. Jerome Powell avait cependant affiché une position prudente, en jugeant toujours l'inflation "transitoire" et en promettant de la patience avant de relever les taux.

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