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Etats-Unis : la Fed ne parlerait pas de "tapering" avant la fin de l'été

Etats-Unis : la Fed ne parlerait pas de "tapering" avant la fin de l'été

Selon enquête de 'Reuters' publiée vendredi, les économistes s'attendent à l'annonce par la Fed de sa stratégie de "tapering" en août ou en septembre prochain. Mais la réduction effective de ses achats n'interviendrait pas avant début 2022.

Etats-Unis : la Fed ne parlerait pas de 'tapering' avant la fin de l'été
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés financiers ont étonnement bien digéré l'annonce, jeudi, d'un bond de 5% de l'inflation en mai aux Etats-Unis sur un an, bien au-dessus de l'objectif de 2% de la Réserve fédérale. Les débats d'experts se poursuivent sur le caractère transitoire ou non de cette inflation, les responsables de la Fed ayant martelé ces dernières semaines qu'ils jugeait bien ce phénomène temporaire, provoqué essentiellement par des perturbations entraînées par la crise du coronavirus.

Malgré cette poussée sur les prix, la Fed, pas plus que la BCE qui s'est réunie jeudi, ne paraissent pressées de réduire leur soutien monétaire à l'économie, en attendant que la crise engendrée par la pandémie soit durablement surmontée. Rappelons que la Fed tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire mardi et mercredi prochain, tandis que la BCE a décidé ce jeudi de maintenir son soutien en l'état, jugeant qu'il était trop tôt pour parler de "tapering" (réduction des achats d'actifs).

Pas de réduction concrète du soutien avant début 2022

Du côté des économistes, une enquête menée par 'Reuters', publiée vendredi, a mis en évidence que ces professionnels attendent l'annonce par la Fed d'une stratégie de "tapering" en août ou en septembre prochain. La Fed achète actuellement pour 120 milliards de dollars mensuels d'obligations d'Etat et de titres adossés à des prêts hypothécaires (MBS).

Près de 60% des économistes (29 sur 50) sondés par 'Reuters' ont ainsi déclaré que l'annonce du "tapering" devrait intervenir avant fin septembre, dont 13 tablent sur une telle annonce lors du traditionnel séminaire annuel de banquiers centraux de Jackson Hole, fin août. Les 21 autres prévoient que l'annonce se fera encore plus tard, après la fin du troisième trimestre.

Cette première annonce ouvrira une phase de préparation des marchés au "tapering" proprement dit. Ainsi, la mise en application effective de la réduction des achats de la Fed n'interviendrait que plusieurs mois plus tard, au plus tôt au début de l'année prochaine. Près de 40% (29 sur 45) des économistes ayant répondu à une question sur le calendrier du début de la réduction des achats ont ainsi dit tabler sur le premier trimestre 2022, et la médiane des estimations de l'ampleur de cette réduction est de 20 Mds$.

Vers une inflation durablement plus élevée ?

L'enquête montre aussi une révision à la hausse des perspectives de croissance comme d'inflation aux Etats-Unis. La croissance du PIB est attendue en rythme annualisé à 10% au 2e trimestre, puis à 7% au 3e et 5% au 4e, contre 9,5%, 6,7% et 4,7% respectivement dans l'enquête précédente.

Le taux de chômage devrait reculer pour ressortir à 5% en moyenne sur 2021 et resterait supérieur à 4% en 2022, contre 3,5% juste avant la crise du coronavirus.

Enfin, l'indice des prix "core PCE", la mesure de l'inflation privilégiée par la Fed, devrait afficher une hausse de 2,5% en moyenne cette année et de 2,2% l'an prochain, selon l'enquête. Le mois dernier, elle était attendue à 2,1% pour 2021 comme pour 2022.

"Même si une bonne partie de ce que nous observons actuellement est bien temporaire, des changements structurels sont à l'oeuvre dans l'économie mondiale et dans la politique budgétaire intérieure qui pourraient conduire à une inflation durablement plus élevée", a estimé Philip Marey, stratège senior de Rabobank, cité par 'Reuters'.

A noter que plus de 60% des participants à l'enquête (23 sur 38 sur cette question) considèrent l'inflation comme le principal risque pour l'économie des Etats-Unis alors que six seulement citent le chômage. Et les deux tiers environ se disent eux-mêmes préoccupés par l'augmentation de l'inflation.

©2021,

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