Etats-Unis : l'inflation n'est plus "transitoire", admet Jerome Powell !

Etats-Unis : l'inflation n'est plus "transitoire", admet Jerome Powell !

Interrogé par une commission du Sénat américain, le patron de la Fed a reconnu que "c'est probablement le bon moment pour retirer ce mot" de transitoire pour qualifier l'inflation. L'accélération du "tapering" sera au menu de la réunion de décembre.

Etats-Unis : l'inflation n'est plus 'transitoire', admet Jerome Powell !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a jeté un froid mardi sur les marchés financiers, en estimant que l'adjectif "transitoire" devait désormais être "retiré" lorsqu'on évoquait l'inflation...

Le patron de la Fed employait jusqu'ici le terme "transitoire" pour signifier que la hausse actuelle des prix ne déboucherait pas sur une inflation élevée durable... Mais "c'est probablement le bon moment pour retirer ce mot", a-t-il admis, en réponse à la question d'un sénateur, soulignant que "les risques d'une inflation plus persistante s'étaient accrus".

L'accélération du "tapering" en discussion

Jerome Powell, que le président américain Joe Biden vient de renommer pour un second mandat, a enchaîné en prévenant que la Fed (qui tiendra sa prochaine réunion les 14 et 15 décembre) envisageait d'accélérer la réduction de son programme d'achats d'actifs du fait du niveau élevé de l'inflation.

"A ce stade, l'économie est très forte et les pressions inflationnistes sont plus élevées, et il est donc approprié, à mon avis, d'envisager de conclure la réduction de nos achats d'actifs... peut-être quelques mois plus tôt, a-t-il expliqué, Je pense que nous en discuterons lors de notre prochaine réunion".

Les stratégistes de la banque d'affaires Goldman Sachs, plusieurs membres de la Fed dont Raphael Bostic, et les Minutes de la réunion de la Fed des 2 et 3 novembre avaient tous suggéré récemment que le rythme du "tapering" pourrait passer de 15 milliards de dollars par mois à 30 Mds$, ce qui permettrait de mettre fin au programme en seulement 4 mois, d'ici à la fin du 1er trimestre 2022.

Le variant Omicron pourrait encore accroître l'inflation

L'étape suivante serait la remontée des taux directeurs de la Fed, ramenés proches de zéro en mars 2020 pour lutter contre la récession brutale provoquée par la crise du Covid-19. Avant l'émergence d'Omicron la semaine dernière, les marchés anticipaient une première hausse des taux avant juin 2022, des attentes qui pourraient être reportées à septembre si le variant provoque un ralentissement économique.

Pour l'instant, le spectre de ce nouveau variant, qui pourrait résister aux vaccins actuels, ne fait que renforcer les craintes d'une aggravation des problèmes de chaîne d'approvisionnement et de pénuries, des facteurs alimentant la hausse des prix qui a fortement accéléré depuis la pandémie. Un élément est toutefois susceptible de freiner l'inflation, la baisse des cours du pétrole, qui ont abandonné environ 15% depuis vendredi dernier.

Dans son discours prononcé devant la commission bancaire du Sénat, et qui a été publié dès lundi soir, Jerome Powell avait estimé que "la récente augmentation des cas de Covid-19 et l'émergence du variant Omicron posent des risques à la baisse pour l'emploi et l'activité économique et accroissent l'incertitude quant à l'inflation".

Des contraintes d'approvisionnement sans précédent

Il a également indiqué qu'"il apparaît désormais que les facteurs qui poussent l'inflation à la hausse persisteront largement l'année prochaine". Il a tout de même souligné que "la plupart des prévisionnistes, y compris à la Fed, continuent de s'attendre à une baisse significative de l'inflation au cours de l'année prochaine, à mesure que les déséquilibres de l'offre et de la demande s'atténueront".

"Je vais vous dire ce qui nous a échappé, selon moi", a indiqué Jerome Powell aux sénateurs, c'est "l'énorme quantité de problèmes d'approvisionnement que nous avons eu avec les semi-conducteurs, le bois d'oeuvre et toutes ces produits". La forte demande "s'est heurtée à (...) ces contraintes d'approvisionnement", a souligné le patron de la Fed, ajoutant qu'"il n'y a pas de précédent à cela".

L'inflation continue d'accélérer aux Etats-Unis et en Europe

Alors que la Fed s'est fixé comme objectif une inflation annuelle de l'ordre de 2% (objectif qui n'avait pas été atteint pendant des années jusqu'à la crise du coronavirus), les prix se sont envolés en 2021 pour atteindre 6,2% en octobre aux Etats-Unis, au plus haut depuis 31 ans. En Europe, l'inflation a aussi accéléré en novembre pour atteindre 4,9% sur un an dans la zone euro, selon des données initiales publiées mardi par l'institut EuroStat.

La hausse des prix commence à peser sur le moral des ménages américain en novembre selon l'enquête du Conference Board publiée mardi. L'indice de confiance des consommateurs est ainsi revenu à 109,5 en novembre, contre 110,3 de consensus et après 111,6 en octobre. L'indice est désormais retombé à son plus bas depuis 9 mois. L'autre indice mesurant le moral des ménages, calculé par l'Université du Michigan, a de son côté chuté en novembre au plus bas depuis 10 ans, les Américains s'inquiétant de plus en plus de l'inflation.

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