Etats-Unis : inflation au plus haut de 40 ans ?

Etats-Unis : inflation au plus haut de 40 ans ?

L'audition de Jerome Powell hier a donc rassuré les opérateurs, le président de la Fed ayant manié la nuance avec brio et évité d'entretenir l'idée...

Etats-Unis : inflation au plus haut de 40 ans ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L 'audition de Jerome Powell hier a donc rassuré les opérateurs, le président de la Fed ayant manié la nuance avec brio et évité d'entretenir l'idée d'une accélération de la levée du soutien monétaire. Ce mercredi, les chiffres des prix à la consommation aux USA revêtent toutefois une importance toute particulière. L'indice des prix à la consommation du mois de décembre 2021 sera révélé à 14h30. Le consensus FactSet est de 0,4% de hausse en comparaison du mois antérieur et 7% sur un an. Les prix aux USA progresseraient donc au rythme le plus rapide en près de 40 ans. Hors alimentation et énergie, le CPI est anticipé en augmentation de 0,5% par rapport à novembre et de 5,4% en glissement annuel.

Parmi les autres statistiques du jour, plus secondaires, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de janvier sera communiqué à 16 heures (3,4% pour sa dernière lecture). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains, pour la semaine close au 7 janvier, sera pour sa part révélé à 16h30. Le Livre Beige économique de la Fed, résumé des conditions régionales, sera annoncé à 20 heures. La balance budgétaire de décembre sera communiquée à la même heure... Neel Kashkari, patron de la Fed de Minneapolis, interviendra durant la journée.

Les marchés financiers ont été rassurés hier par l'audition de Jerome Powell devant le Sénat américain, dans le cadre de sa nomination par Joe Biden pour un second mandat à la tête de la banque centrale américaine. Lael Brainard, nommée vice-présidente, sera pour sa part auditionnée jeudi. Le président de la Fed s'est montré assez convaincant en assurant que l'institution monétaire était en capacité de juguler l'inflation, en relevant ses taux directeurs et en commençant à réduire son bilan cette année.

Face aux sénateurs, Jerome Powell a confirmé sans grande surprise que la Fed s'apprêtait à entamer la normalisation de sa politique monétaire. L'économie américaine, désormais en phase de reprise solide, n'a "plus besoin et ne veut plus" des politiques ultra-accommodantes justifiées par la crise sanitaire du coronavirus, a-t-il fait remarquer. Il a souligné que l'économie se développe à son rythme le plus rapide depuis de nombreuses années et que le marché du travail demeure solide malgré la vague du variant Omicron.

Il a toutefois estimé que l'inflation plus durable que prévu faisait peser "une menace grave" sur la reprise du marché américain de l'emploi, ce qui justifie une remontée des taux directeurs. Il a ajouté que la Fed s'attendait à ce que les tensions sur les prix s'allègent au second semestre 2022. Mais si elles se prolongeaient, la Fed est prête à relever ses taux plus agressivement, même si "le chemin sera long" avant la normalisation de sa politique monétaire. "Si nous devons relever les taux d'avantage sur la durée, nous le ferons", a-t-il indiqué. Retrouver une stabilité des prix est "en haut de la liste des priorités" de la Réserve fédérale, a martelé le patron de la Fed.

Il a aussi estimé qu'"à un moment donné" de l'année 2022, la Fed devrait commencer à réduire son bilan (lourd de 8.770 Mds$ d'obligations acquises) en cessant de racheter les obligations arrivant à échéance. Une position qui semble un peu moins tranchée que certains membres de la Fed, dont Esther George (Fed de Kansas City), qui veulent commencer à réduire le bilan rapidement, dès le début de la remontée des taux directeurs, sans doute en mars prochain.

Les marchés financiers, qui s'étaient effrayés la semaine dernière des dernières Minutes de la Fed et de déclarations de plusieurs membres de la Fed, ont été un peu soulagés de constater que Powell n'avait pas fait dans la surenchère, tout en se montrant convaincant sur la capacité de la Fed à empêcher l'inflation de s'enraciner.

Les marchés, qui tablent désormais sur quatre hausses de taux d'ici à la fin 2022, n'ont pas trouvé de cause supplémentaire d'inquiétude dans les propos de Powell, ce qui a incité nombre d'entre eux à partir à la chasse aux bonnes affaires après la récente correction. L'indice Dow Jones a ainsi regagné 0,5% et le Nasdaq a rebondi de 1,4% mardi à la clôture.

Plusieurs grandes banques, dont JP Morgan Chase et UBS estiment que les marchés pourront digérer sans trop d'encombres des hausses de taux à condition que la reprise économique se poursuive cette année. Marko Kolanovic, qui dirige la stratégie mondiale de JP Morgan, a ainsi estimé qu'il est temps "d'acheter le creux" de la vague boursière. D'autres économistes sont cependant plus prudents, estimant que les perturbations causées par le variant Omicron du coronavirus et la transition énergétique sont de nature à entraîner un ralentissement économique accompagné d'une inflation persistante...

Dans une note publiée lundi, la banque d'affaires Goldman Sachs dit s'attendre à quatre hausses de taux directeurs cette année, en mars, juin, septembre et décembre. La banque centrale américaine devrait aussi commencer à réduire son bilan à partir de juillet, voire plus tôt, estime GS.

©2022

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