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Espagne : Madrid pose un genou à terre... mais refuse encore de rendre les armes

Espagne : Madrid pose un genou à terre... mais refuse encore de rendre les armes

L'Espagne peut-elle sauver ses banques sans soutien extérieur ? Peu d'observateurs y croient, tant la défiance des marchés est grande et la facture...

Espagne : Madrid pose un genou à terre... mais refuse encore de rendre les armes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'Espagne peut-elle sauver ses banques sans soutien extérieur ? Peu d'observateurs y croient, tant la défiance des marchés est grande et la facture salée !... Toutefois, il n'en est "officiellement pas question", et le FMI vient de couper court aux rumeurs de plan d'aide évoquées hier par le 'Wall Street Journal'. "Il n'y a aucun plan de ce genre. Nous n'avons reçu aucune requête en ce sens et nous ne préparons absolument rien en vue d'un soutien financier quelconque", a ainsi affirmé la directrice générale du Fonds, Christine Lagarde hier soir.

De son côté, le ministre de l'Economie espagnol, Luis de Guindos, a dénoncé des "rumeurs" qui n'ont "aucun sens (...) J'ai voulu démentir ces rumeurs, car elles sont sans fondement", a-t-il assuré...

Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France, est moins optimiste : "Dans ce contexte délicat, une nouvelle intervention de dernier recours de la BCE semble probable. Ce scénario se justifie d'autant plus, que les solutions politiques coordonnées à l'échelle européenne semblent longues à mettre en oeuvre. La zone euro a besoin de gagner du temps, avant l'échéance des législatives grecques du 17 juin. L'arsenal de mesures, conventionnelles ou non, dont dispose la BCE est assez large et conséquent. On peut estimer les besoins en liquidités du seul secteur bancaire ibérique, à 300 ou 400 milliards d'euros. La BCE peut recapitaliser les banques via le MES et une nouvelle opération "intermédiée" de LTRO. L'institution pourrait aussi reprendre son programme de rachat de dettes souveraines à l'image de ce que fait la Fed aux USA. Plus classiquement, une nouvelle baisse des taux directeurs (aujourd'hui à 1%) est aussi envisageable".

Rappelons que l'Espagne milite pour que les banques de la zone Euro puissent être directement aidées par le fonds et/ou le mécanisme européen de soutien financier (FESF et MESF), une hypothèse qui a reçu de nombreux soutiens, dont celui de la Commission européenne. Cette dernière a estimé mercredi que la recapitalisation directe des banques par le FESF (qui ne peut prêter pour l'instant qu'aux Etats), "pourrait être envisagée", et que cette solution permettrait "de couper le lien entre les banques et les finances des Etats".

Cependant, l'Allemagne et ses alliés continuent de s'opposer fermement à une telle solution : ils redoutent que ces aides, si elles sont accordées sans conditions et sans contrôle, n'entretiennent l'Espagne et d'autres pays dans leurs politiques insuffisamment rigoureuses en matière de réduction des déficits.

L'Allemagne accepterait en revanche que le FESF prête à l'Etat espagnol, ce qui se traduirait de facto par un droit de contrôle accru de l'Europe sur les finances du pays... Une solution rejetée en bloc par les autorités locales, qui refusent de faire l'objet d'un plan d'aide comparable à celui de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal...

Dans cet esprit, la vice-présidente du conseil espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, s'est rendue hier à Washington, où elle a plaidé en faveur d'un soutien direct du FESF aux banques, et rencontré tour à tour la patronne du FMI Christine Lagarde et Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, avec lequel elle a parlé pendant près d'une heure...

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