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Consultation

Donald Trump envisage avec la Chine le plus grand accord commercial jamais établi

Donald Trump envisage avec la Chine le plus grand accord commercial jamais établi

Le Président américain envisage même d'intervenir si nécessaire sur le dossier Huawei

Donald Trump envisage avec la Chine le plus grand accord commercial jamais établi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Donald Trump relance de nouveau les marchés financiers internationaux ce mercredi, après des commentaires plutôt confiants concernant les négociations commerciales avec la Chine, commentaires tenus à l'occasion d'une interview accordée à l'agence Reuters. Trump a semblé ainsi convaincu de la conclusion ultime d'un accord commercial global avec la Chine. Il n'exclut d'ailleurs pas d'intervenir personnellement dans l'affaire Huawei, qui avait tant inquiété les marchés ces derniers jours. Ces propos ont donc tendance à rassurer Wall Street et les autres places financières.

Possible intervention sur le dossier Huawei

Donald Trump a affirmé à Reuters qu'il serait donc disposé à intervenir auprès du Département américain de Justice concernant les poursuites contre la directrice financière du géant chinois des équipements télécoms Huawei, si cela pouvait permettre de parvenir à un accord commercial avec la Chine. "Si je pense que c'est bénéfique pour le pays, si je pense que c'est bénéfique pour ce qui sera certainement le plus important accord commercial jamais établi (...), j'interviendrai certainement si j'estime que cela est nécessaire", a indiqué Trump dans un entretien accordé à Reuters dans le bureau Ovale.

Signe d'apaisement ?

Trump montre donc là une relative bonne volonté. Rappelons que le jour même de la rencontre entre le Président américain et son homologue chinois Xi Jinping à Buenos Aires, en marge du G20 (le 1er décembre), rencontre à l'occasion de laquelle avait été conclue une trêve commerciale, Meng Wanzhou avait été arrêtée au Canada sur demande des autorités américaines. Elle risque désormais une extradition vers les Etats-Unis.

Les autorités US accusent Meng, 'Daf' de Huawei et fille du fondateur du groupe, d'avoir dissimulé des liens existant entre l'équipementier et une firme qui tentait de contourner les sanctions américaines contre l'Iran. La dirigeante chinoise est passible de poursuites pour conspiration en vue de frauder des institutions financières, la peine encourue pouvant aller jusqu'à 30 ans d'emprisonnement pour chaque chef d'accusation. Un tribunal de Vancouver, au Canada, a autorisé hier la remise en liberté sous caution de Meng et fixé une nouvelle audience au 6 février... Interrogé par ailleurs sur la possibilité que Meng soit relâchée si elle venait à être extradée, Trump a précisé que "tout un tas de choses différentes pourraient se produire". Selon le Président américain, cela pourrait également se faire dans le cadre de négociations.

Trump prêt à revoir Xi

"Nous parlerons au département de la Justice, nous impliquerons beaucoup de personnes", a insisté Trump, qui pourrait même de nouveau rencontrer Xi Jinping pour s'entretenir des questions commerciales si nécessaire... La confrontation commerciale entre Washington et Pékin semble donc prendre une meilleure tournure, même si Trump a habitué les marchés à de brusques rebondissements. Les deux pays ont conclu une trêve de 90 jours qui doit leur permettre de trouver un accord durable et global... Hier sur Twitter, le leader américain avait déjà évoqué des "conversations très productives avec la Chine". "Attendez-vous à quelques annonces importantes!", avait encore affirmé Trump.

Progrès confirmés

Rappelons que le vice-Premier ministre chinois Liu He s'est entretenu en début de semaine par téléphone avec le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, et le représentant au Commerce Robert Lighthizer. Le ministère chinois du Commerce a confirmé ces échanges. La discussion s'est déroulée après que Robert Lighthizer a déclaré dimanche que le 1er mars était bien une date butoir ferme pour que les Etats-Unis et la Chine parviennent à un accord sur le commerce et qu'en cas d'échec, de nouveaux prélèvements douaniers allaient être infligés.

Calendrier et feuille de route...

"Les deux parties ont échangé leurs opinions pour la mise en application du consensus obtenu par les dirigeants des deux pays durant leur rencontre, et ont avancé sur le calendrier et la feuille de route des prochains travaux de consultation sur le commerce", a indiqué le communiqué du ministère chinois du Commerce, repris par Reuters.

Réduction des tarifs chinois sur l'automobile ?

La Chine s'achemine par ailleurs vers une réduction des tarifs douaniers imposés aux voitures importées des États-Unis, une concession déjà constatée par le Président Donald Trump suite aux discussions commerciales en Argentine. L'agence Bloomberg note ainsi qu'une proposition visant à réduire les droits de douane sur les voitures fabriquées aux États-Unis, des 40% actuels à 15%, a été soumise au Cabinet chinois pour examen dans les prochains jours. Bloomberg cite à ce propos des personnes proches du dossier...

Au mois de juillet, la Chine avait porté ses tarifs douaniers sur les voitures de fabrication américaine à 40% dans le cadre de mesures de rétorsion contre les États-Unis consécutives à l'offensive commerciale américaine. Suite au sommet de Buenos Aires, Trump avait affirmé que la Chine allait réduire et supprimer les droits de douane sur les voitures importées des USA. La Chine n'avait alors pas confirmé. Le tweet de Trump à propos de la réduction des droits sur les automobiles américaines avait été posté peu après l'accord avec le leader chinois Xi Jinping sur une trêve dans la guerre commerciale.

Rappelons que ces tarifs n'ont pas été sans conséquences. Les ventes de voitures en Chine ont diminué pour le sixième mois consécutif en novembre, et le marché chinois pourrait ainsi afficher sa première baisse annuelle en plus de deux décennies, indique Bloomberg. Sur 51 milliards de dollars d'importations de véhicules en Chine en 2017, environ 13,5 milliards provenaient d'Amérique du Nord.

Donald Trump tacle encore Powell

Donald Trump a par ailleurs déclaré dans son entretien à Reuters que la remontée des taux que devrait décider la Fed la semaine prochaine était selon lui "ridicule". Le président américain avait déjà multiplié les attaques ces dernières semaines, contre la Fed et son président Jerome Powell. Trump estime en effet que la hausse des taux pèse lourdement sur l'économie américaine. "Je pense que cela serait ridicule, mais que puis-je dire ?", a glissé Trump dans un entretien réalisé à la Maison blanche. "Vous devez comprendre que nous menons des batailles et que nous gagnons. Mais j'ai aussi besoin de mesures accommodantes", a insisté le Président US, faisant référence à la guerre commerciale. En août, dans un autre entretien à Reuters, Trump avait déjà déclaré ne pas être "emballé" par la politique de durcissement monétaire de la Fed de Powell.

Trump aurait-il déjà fait plier la Fed ?

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'un taux des fonds fédéraux rehaussé d'un quart de point (entre 2,25 et 2,50%) à l'issue de la réunion des 18 et 19 décembre est de près de 75%. Il s'agirait là de la quatrième et dernière hausse des taux de la Fed cette année. Les prévisions de durcissement monétaire pour l'année 2019 ont quant à elles considérablement diminué. Ainsi, la probabilité d'un taux allant de 2,50 à 2,75% (soit une nouvelle hausse d'un quart de point) n'est plus que de 26% au 20 mars 2019, 29% au 1er mai et 35% au 19 juin. Celle d'un taux allant de 2,75 à 3% se situe à environ 1% au 20 mars, un peu plus de 3% à l'issue de la réunion du 1er mai, et moins de 10% après la réunion du 19 juin.

Donald Trump n'a pas peur d'une destitution

Le Président américain a également affirmé à Reuters qu'il ne craignait pas d'être destitué, et que les paiements effectués avant l'élection présidentielle de 2016 par son ancien avocat (pour réduire au silence deux femmes affirmant avoir eu une relation avec Trump) n'enfreignaient pas les lois sur le financement des campagnes. "Il est difficile de destituer quelqu'un qui n'a rien fait de mal et qui a créé la plus grande économie de l'histoire de notre pays", s'est gargarisé Trump. "Je ne suis pas inquiet, non. Je pense que les gens se révolteraient si cela venait à arriver", a même affirmé le Président américain.

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