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Déficit public : l'exécutif admet à demi-mot que les 3% ne seront pas atteints...

Déficit public : l'exécutif admet à demi-mot que les 3% ne seront pas atteints...

L'objectif de ramener le déficit public de 4,5% à 3% du PIB en 2013 s'éloigne comme un mirage...

Déficit public : l'exécutif admet à demi-mot que les 3% ne seront pas atteints...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'objectif de ramener le déficit public de 4,5% à 3% du PIB en 2013 s'éloigne comme un mirage... Avec un certain embarras, plusieurs ministres et François Hollande lui-même, ont admis depuis hier que la France n'atteindra sans doute pas ses objectifs de désendettement et de croissance cette année... La Cour des Comptes a de son côté crevé l'abcès, en jugeant 'trop ambitieux' l'objectif officiel de 3% de déficit public, car reposant sur une hypothèse de croissance trop optimiste...

Dans la foulée, les magistrats ont conseillé au gouvernement d'accélérer les réductions de dépenses publiques, après avoir relevé cette année les impôts. Dès hier soir, le président François Hollande a ouvert la voie à une révision en baisse de l'objectif de croissance du PIB de la France (et par conséquent, sans doute du but des 3%), en estimant qu'"il ne sert à rien d'afficher des objectifs s'ils ne peuvent pas être atteints".

Ce matin, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a émis à son tour des doutes sur l'objectif des 3%. Commentant sur 'Canal+' le diagnostic pessimiste de la Cour des Comptes, il l'a estimé "probable (...) Et par rapport à ça, il faut à la fois qu'on ne coupe pas ce qui reste de croissance, sinon ce serait une faute, mais en même temps qu'on soit sérieux et le mot d'économies fait partie du vocabulaire et de la panoplie", a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, a admis sur 'France Inter' qu'il sera "effectivement très difficile" d'atteindre l'objectif des 3% et que la probabilité d'y parvenir "s'est amenuisée au fur et à mesure que la croissance palissait".

Le gouvernement tablait jusqu'ici sur une hausse de 0,8% du PIB en 2013, mais de nombreux économistes, ainsi que les institutions internationales avaient émis des doutes ces derniers mois, compte tenu de la gravité de la crise économique actuelle... Le FMI et l'OCDE, qui ont actualisé en janvier leurs prévisions pour la France, s'attendent désormais à une hausse du PIB limitée à 0,3% en 2013.

Il reste qu'il faudra sans doute attendre plusieurs semaines pour connaître la nouvelle prévision de croissance officielle de la France. Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a en effet affirmé que le gouvernement s'en tiendra au calendrier prévu, et qu'il présentera le 15 mars prochain son programme de stabilité au Parlement : "C'est dans ce contexte là que nous verrons s'il faut réévaluer ou non, et quelles conséquences tirer de ces prévisions", a-t-il déclaré, ajoutant que "le calendrier n'est pas changé (...) tout cela doit se faire dans le bon ordre". D'ici là, la Commission européenne aura déjà communiqué, le 22 février, ses propres prévisions pour la croissance française...

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