BCE : une hausse des taux en juillet semble se préciser

BCE : une hausse des taux en juillet semble se préciser

Le gouverneur de la banque centrale finlandaise Olli Rehn est le dernier responsable de la BCE en date à prôner une première hausse du taux de dépôt de la BCE en juillet.

BCE : une hausse des taux en juillet semble se préciser
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que la Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre accélèrent leur resserrement monétaire face à l'envolée de l'inflation, de plus en plus de responsables de la Banque centrale européenne se prononcent pour que l'institution entame elle aussi ce processus de hausse des taux, lors de sa réunion de juillet, voire plus tôt...

Jeudi, le gouverneur de la banque centrale finlandaise, Olli Rehn, s'est ainsi déclaré favorable à une première hausse des taux lors de la réunion du 21 juillet de la BCE. M. Rehn a estimé que la BCE devrait relever son taux de dépôt, actuellement fixé à -0,5%, d'un quart de point à cette réunion de juillet.

Dans un entretien au quotidien finlandais Helsingin Sanomat, Olli Rehn, l'un des membres du conseil des gouverneurs de la BCE a déclaré : "à mon avis, il serait raisonnable d'augmenter le taux de dépôt de 0,25 point de pourcentage en juillet et d'ici l'automne, de le porter à zéro. Après cela, nous pourrions continuer à normaliser davantage la politique monétaire de manière progressive et proactive", a-t-il déclaré.

Mardi, une membre influente du directoire de la BCE, l'économiste allemande Isabel Schnabel, a estimé dans un entretien au journal allemand Handelsblatt, qu'"au vu des conditions actuelles, une hausse des taux en juillet est possible". Le 21 avril dernier, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Pierre Wunsch, avait considéré comme "une évidence" une remontée du taux de dépôt à zéro, voire en terrain légèrement positif, d'ici à la fin de l'année. Il s'est dit favorable à un premier tour de vis en juillet. L'Allemand Joachim Nagel, l'Espagnol Luis de Guindos, et le Letton Martins Kazaks ont également tous trois estimé ces dernières semaines qu'une hausse des taux était possible lors de la réunion du 21 juillet.

Le "faucon" Robert Holzmann voudrait agir dès juin

De son côté, Robert Holzmann, patron de la banque centrale autrichienne, s'est montré encore plus "faucon", ce jeudi, en envisageant une hausse des taux dès juin. Interrogé sur cette possible hausse lors d'un événement à Salzbourg, il a répondu "nous prévoyons de le faire (...) Nous en discuterons lors de notre réunion de juin, et probablement, nous le ferons". M. Holzmann, le plus "faucon" des membres du conseil des gouverneurs de la BCE, s'est prononcé à de nombreuses reprises en faveur d'un début de normalisation de la politique monétaire de la BCE.

Quant à la présidente de la BCE, Christine Lagarde, elle a indique le 21 avril que les questions importantes seraient discutées lors de la réunion du 9 juin, et laissé entendre qu'après la fin des achats d'actifs, "probablement en juillet", une première hausse des taux européens pourrait intervenir "quelque temps après".

L'inflation dans la zone euro a atteint 7,4% en rythme annuel en mars, son plus haut niveau depuis la création de la monnaie unique, amenant plusieurs responsables de la BCE à plaider pour une fin plus rapide du programme d'achats d'obligations de la banque centrale, prélude à un relèvement des taux.

La Fed et la Banque d'Angleterre à la manoeuvre face à la flambée des prix

Mercredi, la Réserve fédérale américaine a relevé son principal taux directeur d'un demi-point (50 points de base) pour le porter entre 0,75% et 1%, et a ajouté que d'autres gestes de resserrement monétaire seront "appropriés" dans les prochains mois afin de lutter contre l'inflation, qui a atteint 8,5% en mars aux Etats-Unis. La Fed a aussi détaillé le calendrier de réduction de son bilan, qui commencera progressivement à partir du 1er juin.

Jeudi, la Banque d'Angleterre (BoE) a elle aussi poursuivi son cycle haussier, avec un coup de pouce d'un quart de point de son taux d'intérêt, porté à 1%, son plus haut niveau depuis 2009. La BoE a estimé que l'inflation pourrait atteindre 10% cette année au Royaume-Uni, et s'attend désormais à une récession en 2023 (-0,25% pour le PIB), contre une croissance de 1,25% précédemment prévue.

"Les pressions inflationnistes mondiales se sont fortement intensifiées après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Cela a entraîné une détérioration importante des perspectives de croissance mondiale et britannique", a souligné la banque centrale.

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