Accueil
»
Bourse
»
Interviews
»
Consultation
Yannick Petit, PDG d'Allegra Finance

Yannick Petit PDG d'Allegra Finance

Les candidats à une introduction en Bourse sont là !

Boursier.com : Comment se présente l'année 2017 en termes d'introductions en Bourse ? Les candidats sont-ils nombreux ?

Y.P. : Des candidats sont là! Des dossiers prévus en 2016 mais qui n'ont pas pu s'introduire en Bourse sont attendus cette année, notamment certains de taille importante. Le Brexit de juillet a interrompu toute tentative d'opérations financières d'envergure. C'est ainsi qu'aucune IPO n'a été possible sur le compartiment Euronext A. On devrait assister à un rattrapage cette année. Concernant les dossiers de plus petite taille, un certain nombre a déposé des documents de base auprès de l'AMF, ils devraient logiquement arriver prochainement. De notre côté, nous travaillons sur trois opérations, que nous espérons déboucler au premier semestre, soit un rythme normal.

Boursier.com : Les PME restent-elles des candidates importantes pour sauter le pas et venir à la cotation?

Y.P. : Les PME, aujourd'hui, n'ont pas énormément de solutions différentes pour se financer, une fois épuisée leur capacité d'endettement... Il leur reste le capital investissement ou la Bourse... Logiquement, la demande des PME pour la Bourse reste forte. Et le capital développement doit aussi, in fine, faire le choix de sortir par la Bourse... Ce qui, c'est vrai, a été moins le cas ces derniers temps.

Boursier.com : Il y a eu moins d'opérations en 2016 qu'en 2015, mais on a le sentiment que les dossiers arrivés en 2016 étaient plus intéressants en moyenne pour les investisseurs que les années précédentes...

Y.P. : Il s'est opéré un changement en 2016 : le Marché s'étant montré sélectif, les sociétés qui lui ont été présentées étaient celles qui avaient le plus de chance de réussir, donc globalement, les dossiers proposés étaient plus matures, positionnées sur des secteurs traditionnels.

Boursier.com : Les particuliers ont-ils participé aux opérations en 2016 ?

Y.P. : Les particuliers ont été moins présents en 2016, ils ont moins souscrits, sans doute en raison du cru 2015 qui a vu une majorité d'introductions virer au rouge. Le particulier, comme l'institutionnel, arrête de souscrire s'il perd de l'argent... Du coup, l'an passé, il a vraiment fallu se montrer persuasif auprès des investisseurs : si le public a contribué au succès des opérations conduites sur Alternext avec des taux de souscription de près de 2,5 fois en moyenne sur la part qui lui était consacrée. Il a, semble-t-il, boudé les introductions sur Euronext en ne souscrivant en moyenne qu'à 50% la tranche qui lui était réservée.

Boursier.com : Les dossiers 2016 étaient-ils moins chers qu'en 2015?

Y.P. : Les valorisations proposées en 2016 étaient plutôt bon marché, avec souvent des prix en bas de fourchette. ce qui maximise les chances de beau parcours boursier par la suite. Mais le marché a toujours raison : si un titre baisse c'est que la valorisation est trop chère. Cela a été le cas en 2015. Le message concernant la nécessité de proposer au Marché une valorisation abordable lors d'une introduction est toujours difficile à faire passer auprès des chefs d'entreprise... Ils doivent comprendre l'importance en termes d'image du parcours boursier du titre, lors des premières semaines et premiers mois.

©2017-2020,