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Philippe Leroy, PDG de Detroyat Associés

Philippe Leroy PDG de Detroyat Associés

La croissance est remise sur le devant de la scène par les sociétés cotées, qui étaient auparavant davantage centrées sur leur gestion

Boursier.com : Vous avez décrypté les messages des présidents des sociétés du Cac40 figurant au sein des rapports annuels, dans quel but ?

P.L. : Nous analysons les propos tenus par les dirigeants des sociétés du Cac40 dans les premières pages des rapports annuels. Nous souhaitons avoir un corpus le plus homogène possible, c'est la raison pour laquelle nous limitons cette étude aux groupes appartenant à l'indice vedette de la Bourse de Paris. Les messages ont été écrits à la même période et ils évoquent souvent les mêmes sujets... Même si cet exercice est convenu et très relu, la ligne générale est intéressante.

Boursier.com : Quels sont les grands enseignements de votre étude ?

P.L. : En 2012-2013, la tonalité générale était encore profondément marquée par la crise. Les résultats étaient pourtant globalement bons mais les dirigeants insistaient sur la prudence. Le langage était conservateur... Les messages parlaient des relais de croissance liés aux pays émergents tout en évoquant l'importance de la recherche et de l'innovation. En 2014, l'évocation des pays émergents devenait beaucoup plus discrète. Les sociétés parlaient alors d'un très beau terrain de jeu constitué par l'Europe.

Boursier.com : Qu'en est-il cette année ?

P.L. : Les sociétés évoquent aujourd'hui une sphère géographique plus large, leur terrain de jeu est devenu mondial. Elles parlent davantage de numérique au travers des conséquences du numérique sur leur organisation interne, leurs relations avec les clients ou les fournisseurs... Par ailleurs, les sociétés se remettent à parler de croissance externe alors que les réorganisations ont été effectuées et que la situation financière est robuste. La transformation des sociétés est susceptible de s'effectuer en prenant le contrôle de PME souples et agiles. La croissance est remise sur le devant de la scène alors que les messages étaient auparavant davantage centrés sur une gestion saine.

Boursier.com : Le développement durable est-il passé de mode ?

P.L. : Les propos des dirigeants se font plus discrets sur le sujet. On a beaucoup mis en avant à une époque la notion de culture d'entreprise, de bien-être des salariés, de société citoyenne... Les entreprises souhaitent aujourd'hui prendre moins d'engagements de ce côté. De manière générale, les patrons donnent moins d'indications chiffrées, il est devenu difficile de s'engager sur des éléments précis.

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