Eric Marcellin-Dibon, PDG et cofondateur et de Microoled

Eric Marcellin-Dibon PDG et cofondateur et de Microoled

Microoled vise une IPO sur Euronext Growth
Eric Marcellin-Dibon, PDG et cofondateur et de Microoled

Boursier.com : Que fait la société Microoled bientôt en lice pour une introduction en Bourse de Paris?

E. M-D. : La société, créée en 2007, fabrique des écrans miniatures, OLED, de la taille d'un ongle, avec une résolution équivalente à celle d'une TV. On retrouve ces écrans dans des applications de visée : appareils photos, caméras thermiques, ou de vision de nuit, microscopes, lunettes de réalité augmenté. Des applications "proches de l'oeil", qui, avec un système optique, permettent de voir l'image en grand. Nous vendons nos micro-écrans à des intégrateurs du médical, de la sécurité, des fabricants de lunettes de réalité augmentée, d'optique... Des marchés professionnels nous assurant une bonne visibilité sur les commandes à venir.

Boursier.com : Quel est votre niveau de chiffre d'affaires?

E. M-D. : Depuis 2017, Microoled a vu son chiffre d'affaires croître de près de 35% par an pour atteindre 20,2 ME en 2020. Au premier semestre 2021, la croissance était de 56% avec un chiffre d'affaires de 11 ME. Sur l'ensemble de l'exercice 2021, la société attend un chiffre d'affaires supérieur à 22 ME. Cette croissance solide s'appuie sur un modèle de revenus à forte visibilité adossé à des commandes sur des gammes à cycles de vie longs. Cette dynamique de croissance purement organique associée à une maîtrise des coûts opérationnels s'accompagne d'une solide profitabilité avec un EBITDA en hausse de 79% à 7,2 ME en 2020, soit une marge d'EBITDA de 35%.

Boursier.com : Comment vous êtes-vous financés jusqu'à présent?

E. M-D. : Nous avons levé 21 ME lors des 14 dernières années auprès de fonds de Private Equity qui possèdent un peu moins de 60% du capital avant l'IPO. Nous visons désormais une introduction en Bourse de Paris, sur Euronext Growth.

Boursier.com : Pourquoi la Bourse : une étape importante à franchir dans votre développement?

E. M-D. : Nous avons besoin d'augmenter notre capacité de production sur notre marché traditionnel en forte croissance. Nous souhaitons construire une nouvelle ligne de production en France. Et puis, nous voulons, en parallèle, accélérer dans le marché de la lunette connectée, pour adresser le marché de la réalité augmentée dans le sport, un marché beaucoup plus "grand public". Pour ce faire, nous avons décidé de monter dans la chaine de valeur et avons développé le moteur optique, en plus du micro-écran. L'idée est de transformer des lunettes "normales" en lunettes, tête haute, envoyant des informations, venant du téléphone. Nous pensons que notre savoir-faire sur l'écran nous donne une avance importante dans la lunette connectée. Ce qui compte dans ce domaine, c'est l'esthétique de la lunette! La technologie doit être minimale. Nous visons des cas d'usage simple : le marché du sport : vélo, course à pied... De premières collaborations sont déjà en place avec la marque de lunettes de sport Julbo, pour son modèle de lunettes connectées EVAD-1, qui offre au cycliste expérimenté une batterie complète d'indicateurs de performance.

Boursier.com : On vous imagine concernés par le problème en approvisionnement en composants...

E. M-D. : Notre processus de fabrication de miro-écrans prend plusieurs mois et nos clients travaillent sur des échelles longues, ce qui nous assure une visibilité forte nous permettant de travailler très en amont avec nos fournisseurs de semi-conducteurs. Nous ne souffrons pas particulièrement du problème d'approvisionnement en composants. Nous travaillons avec plusieurs fournisseurs européens, fondeurs en semi-conducteurs. Notre design est "fondu" dans du silicium. La découpe en écrans puis l'assemblage se font à Grenoble mais aussi en Asie. 97% de notre chiffre d'affaires se fait à l'export.

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