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Eric Forest, Président Directeur Général d'EnterNext

Eric Forest Président Directeur Général d'EnterNext

Nous allons mettre un accent particulier sur les entreprises familiales

Boursier.com : Pouvez-vous tirer un bilan de l'année 2015 pour les valeurs moyennes ?

E.F. : En 2015, 34 nouvelles sociétés PME-ETI ont rejoint les marchés d'Euronext, après 26 en 2013 et 31 en 2014. C'est une dynamique positive autour des PME, qui, au-delà du nombre d'introductions en Bourse, s'exprime également dans l'évolution des capitaux levés : 1,2 MdsE en 2015, contre 740 ME en 2014. Les entreprises considèrent la bourse comme un outil de financement pertinent et il répond à un appétit des investisseurs. Le total des fonds levés par les valeurs moyennes sur les marchés Euronext en 2015, marchés primaire et secondaire réunis, représente 8 MdsE au total, ce qui correspond aussi à une très belle performance.

Boursier.com : L'année 2015 n'a pourtant pas été homogène en Bourse...

E.F. : On a eu effectivement une année assez volatile sur les marchés, avec une période plus compliquée à partir de l'été 2015, mais cela n'a pas remis en cause la bonne dynamique enclenchée depuis le début de l'exercice. Il y a eu des opérations jusqu'à fin 2015. Je tiens à souligner aussi la très bonne tenue des indices "Mid et Small" : le CAC Small a progressé de 25% en 2015. Un autre indice qui me tient beaucoup à coeur, lancé en 2015, c'est l'EnterNext PEA PME 150 qui a gagné 21,75% sur l'année écoulée (entre le 31.12.2014 et le 31.12.2015), ce qui prouve, là encore, le dynamisme de ce segment de la cote au-delà des introductions en Bourse.

Boursier.com : Les "biotechs" représentent près de la moitié des valeurs introduites l'année dernière. Comment expliquez-vous cet engouement ?

E.F. : Sur les 34 opérations réalisées en 2015, les sciences de la vie ont représenté 15 introductions en Bourse. Paris est désormais la deuxième place financière au monde pour les sciences de la vie. Cela s'explique d'abord par l'important vivier de sociétés qui s'appuient sur le savoir-faire de nos chercheurs dans le domaine scientifique. Il y a au total plus de 70 valeurs issues du secteur des sciences de la vie cotées sur nos marchés. Nous avons atteint une taille critique, qui permet d'avoir un écosystème plus dense en termes d'analystes financiers, de brokers. C'est un segment qui atteint son rythme de croisière en quelques années et qui attire beaucoup d'investisseurs, pas seulement français. Nous avons d'ailleurs vu plusieurs valeurs étrangères venir se faire coter sur nos marchés depuis deux ans, des valeurs allemandes notamment.

Boursier.com : Considérez-vous la couverture des analystes suffisante sur le segment des valeurs moyennes, un sujet qui a inquiété certains observateurs pendant la dernière crise financière ?

E.F. : Depuis 3 ans, les marchés se sont rouverts et les introductions en Bourse ont redémarré. Le dynamisme enregistré sur le marché primaire est important pour les brokers et permet de maintenir la couverture en analyse, voire de la renforcer. Certes, il reste encore des choses à faire, mais sans crier victoire, les choses vont mieux... Nous avons mis en place un partenariat avec Morningstar qui permet de couvrir 330 valeurs moyennes cotées sur le marché. Cela a constitué une étape importante dans ce domaine qui retient toujours notre attention.

Boursier.com : La baisse des marchés en ce début d'année vous inquiète-t-elle ?

E.F. : Je ne dirais pas que je suis inquiet, même si nous sommes forcément vigilants et attentifs à l'évolution des indices boursiers. Le mois de janvier a été un peu compliqué sur les marchés, c'est certain, et l'on suit avec intérêt l'évolution de la tendance. Mais ce que nous observons, en prenant un peu de recul, c'est qu'il y a toujours autant de projets d'introductions en bourse. Nous recevons de nombreuses sociétés pour le dépôt de leur projet d'introduction. Il faut évidemment rester prudent, mais aujourd'hui on ne voit pas d'arrêt ou de ralentissement dans les projets tels qu'ils étaient envisagés en fin d'année dernière. Si l'on prend un peu de distance sur la volatilité ambiante, il reste des besoins importants en termes de financement des entreprises et, à l'autre bout de la chaîne, les investisseurs ont des liquidités et sont à la recherche d'opportunités d'investissement. Il y a toujours de l'argent à investir dans de nouvelles histoires boursières.

Boursier.com : La correction récente du secteur biotech est-elle un souci pour vous, dans la mesure où ce compartiment représente une part importante des entreprises introduites ces derniers mois ?

E.F. : Certes il représente une part importante des entreprises cotées, mais EnterNext ne couvre pas que les sciences de la vie. Nous avons mis en oeuvre en 2015 un certain nombre d'initiatives à l'attention des entreprises "Tech" au sens large. Notre objectif est d'aider le développement du segment des valeurs moyennes sur les marchés financiers, quel que soit leur secteur d'activité. Il n'y a donc pas de tropisme sur les sciences de la vie. Vous avez pu noter dernièrement l'arrivée de sociétés comme Poulaillon fin 2015, qui évolue dans le domaine de la restauration rapide et de la boulangerie. Je suis convaincu que l'on accueillera cette année encore de belles sociétés évoluant dans des secteurs plus "traditionnels".

Boursier.com : Quels sont les chantiers 2016 chez EnterNext ?

E.F. : Il y a deux chantiers sur lesquels nous voulons insister et qui sont très importants à nos yeux. Tout d'abord poursuivre les initiatives lancées en 2015 pour les entreprises "Tech". Ces initiatives s'inscrivent sur le long terme. Nous allons donc continuer à les faire vivre ou à les faire évoluer, compte tenu de l'importance de ce secteur au sens large et des besoins de financement des entreprises technologiques à forte croissance. Dans nos chantiers 2016, nous allons aussi mettre un accent particulier sur les entreprises familiales. Nous estimons en effet que les marchés devraient être encore plus présents qu'ils ne le sont actuellement auprès de ces entreprises. Nous sommes en train d'analyser les besoins et les attentes de ces sociétés et serons amenés à annoncer courant 2016 des initiatives à leur destination.

Boursier.com : le cap est donc tracé pour 2016...

E.F. : Ces projets s'inscrivent toujours dans la même logique depuis la création d'EnterNext à l'été 2013, c'est-à-dire toujours mieux accompagner les entreprises de taille moyenne, être présent auprès d'elles, faire preuve de pédagogie. Nous n'avons pas changé notre "ADN". Cette démarche a porté ses fruits. Je vous rappelle que 50% des entreprises françaises nouvellement cotées en 2015 proviennent de nos régions. Ce travail de terrain et d'accompagnement de proximité demeure donc primordial...

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