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Consultation
Didier Cornardeau, Président de l'association APPAC (Association des Petits Porteurs Actifs)

Didier Cornardeau Président de l'association APPAC (Association des Petits Porteurs Actifs)

Aujourd'hui, ce n'est pas une crise économique, mais une crise de confiance !

Boursier.com : L'actualité a mis en avant votre association ces derniers jours, elle suscite la curiosité de nombreux lecteurs. Pourriez-vous nous retracer votre parcours ?

D.C. : L'association a été créée en mars 2002. L'histoire de l'association a commencé lors de l'assemblée 2001 du groupe Sidel, alors que de nombreux petits actionnaires se sont sentis lésés après les résultats annoncés, auxquels il faut ajouter l'affaire de la maison Lazard. Nous avons donc à l'époque créé un collectif puis une association, tandis qu'entre temps nous avons réclamé le rapport de la COB sur ce dossier. Cela nous a permis de constater des irrégularités, c'est pourquoi nous avons décidé de porter plainte. La procédure est lancée et l'on va assister à la rentrée à la mise en examen des dirigeants. Par la suite il y a eu les problèmes avec Moulinex et Vivendi Universal.

Boursier.com : Justement concernant Vivendi Universal, on vous a vu passer devant le juge, pouvez-vous dans ce cas précis nous expliquer votre démarche ?

D.C : Nous nous sommes présentés à l'assemblée générale pour vérifier l'attitude de Monsieur Messier. Nous avions déjà trouvé suspect que le gérant de Sallustro fut licencié après ses révélations. Nous avons donc une nouvelle fois demandé le rapport de la COB, puis nous avons repris les articles de presse et les documents comptables disponibles. Nous avons pu nous rendre compte d'un grand nombre d'irrégularités et d'un décalage entre les déclarations de Messier et la réalité, en fait pas mal d'actionnaires avaient été informés sur des informations erronées. Dans le pôle télécoms du groupe notamment, il y avait un problème avec les cash flow annoncés. Nous avons donc réussi à rassembler les éléments qui confirment qu'il y a eu des fautes et avons porté plainte contre X.

Boursier.com : Ce n'est donc pas une plainte contre Monsieur Messier ?

D.C : Non, mais la loi française est sur ce point bien rédigée, dans le sens où les responsables désignés en cas de faute sont les dirigeants et administrateurs d'entreprises.

Boursier.com : On parle de vous aussi sur le dossier Provimi. Comptez-vous adopter la même attitude ?

D.C : Non dans ce cas, il n'y aura pas de plainte, nous avons tout simplement demandé aux actionnaires de ne pas vendre leurs titres et de refuser d'apporter les titres dans le cas d'une OPA. En revanche nous comptons leur demander de participer à la gestion de l'entreprise de façon plus active que dans le passé et en réclamant notamment une place au conseil d'administration.

Boursier.com : Comment comptez-vous faire représenter l'association dans un conseil d'administration ? Vous proposez-vous personnellement d'y participer ?

D.C : Ce n'est pas du tout mon objectif, Je laisse ma place aux adhérents de l'association parmi lesquels on peut compter des chefs d'entreprise, des commissaires aux comptes, des présidents de tribunal de commerce. Notre but est d'avoir à terme un représentant d'APPAC dans chaque région, comme c'est déjà le cas à Lille et à Tours. Vous savez aujourd'hui, ce n'est pas une crise économique, mais une crise de confiance. Il faut qu'il y ait une réelle force de contre-proposition et de vérification au sein même de l'entreprise afin de rétablir la sincérité des documents comptables. On ne croit plus aux audits, qui ont perdu selon nous toute indépendance face à leur client. Notre faute est d'avoir été trop longtemps dormants, maintenant... nous allons bouger ! Nous ne voulons pas éliminer le risque présent sur les marchés financiers, mais juste rétablir ce risque sur des bases saines.

Boursier.com : Vous tenez un discours similaire à celui qu'adopte Colette Neuville, comment vous situez-vous par rapport à son association, l'ADAM (Association des Actionnaires Majoritaires) ?

D.C : Nous ne fonctionnons pas de la même façon. Nous représentons les petits porteurs, alors que l'ADAM défend les actionnaires minoritaires parmi lesquels on peut retrouver des fonds de pension ou d'autres investisseurs institutionnels.

Boursier.com : Pour conclure, que demandez-vous aux administrateurs en place ?

D.C : Je demande juste que chacun prenne ses responsabilités comme la loi le prévoit et je voudrais aussi un peu plus de respect de la part des administrateurs. Quand je vois Monsieur Messier se présenter au conseil d'administration d'Alcatel et qu'il prévoit de continuer de siéger aux prochains conseils d'administration qu'il représentait avant son départ, je trouve que c'est un affront envers les actionnaires, retraités et salariés. C'est pourquoi nous serons présents au conseil d'administration du 23 septembre de Vivendi Environnement.

Retrouvez chaque matin dans la grande matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, les "chroniques éco" de Didier Hameau, Rédacteur en Chef de Boursier.com !

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