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Aldo Sicurani, DG de la Fédération des Investisseurs Individuels et des Clubs d'investissement (F2iC)

Aldo Sicurani DG de la Fédération des Investisseurs Individuels et des Clubs d'investissement (F2iC)

Une forte adhésion des particuliers aux projets d'introductions des biotechs

Boursier.com : Quels enseignements tirez-vous du dernier événement organisé par Actionaria avec certaines "small et mid caps" de la place sur le thème de l'actionnariat individuel ?

A.S. : On sent un grand intérêt en provenance des "small et mid caps" à ce sujet. Les chefs d'entreprises pour la plupart ont compris tout l'intérêt d'entretenir un lien fort avec les actionnaires particuliers. On les sent très motivés, mais aussi parfois un peu démunis face aux problématiques d'une communication efficace... Certains ont plus d'expérience que d'autres en la matière. Pour ceux qui viennent d'arriver en Bourse, l'introduction est parfois vécue comme une fin en soi et non pas comme une étape...

Boursier.com : On observe parfois dans les propos des dirigeants de nombreuses interrogations dans la façon d'aborder le sujet de l'actionnariat individuel...

A.S : La problématique de ces sociétés tient souvent dans le fait que la direction manque de temps et de ressources humaines... Les managements n'ont pas les moyens humains des grands groupes. Leur activité est de surcroît souvent aux antipodes des préoccupations des marchés financiers avec des référentiels de temps très différents...

Boursier.com : Vous organisez de nombreuses réunions actionnaires, en particulier en province... Que conseilleriez-vous aux chefs d'entreprises ?

A.S : Nous avons effectivement 11 réunions de prévues sur le seul mois de juin ! Globalement, les dirigeants doivent adapter leur discours aux actionnaires. Il faut savoir raconter une histoire, intéresser les actionnaires à leurs projets, rendre les messages compréhensibles dans des secteurs d'activité parfois complexes... Dans le secteur des 'biotechs' qui est très représenté actuellement, le public est souvent initié et dispose de connaissances personnelles qui peuvent être importantes, tout simplement parce qu'ils ont été confrontés de près ou de loin à certaines pathologies... Les 'biotechs' dans leur ensemble ont ainsi pu compter sur une forte adhésion des particuliers à leur projet d'introduction dès leur arrivée en bourse...

Boursier.com : Avez-vous observé un renouvellement du public ces dernières années dans le cadre de ces réunions ? Y-a-t-il eu une évolution du profil des actionnaires depuis la crise financière ?

A.S : Pas vraiment... Il faut du temps pour aller aux réunions et s'intéresser aux dossiers cotés. Les actionnaires sont souvent en fin de carrière professionnelle ou bien à la retraite. Selon les derniers pointages, 62% des actionnaires individuels ont plus de 50 ans. Pour les plus jeunes, la difficulté des clubs d'investissement dans les universités ou les grandes écoles est de conserver leurs adhérents qui sont amenés à bouger à l'étranger dans le cadre de leurs études ou bien à changer d'établissement au fil de leur cursus...

Boursier.com : Comment ont réagi les actionnaires aux dernières évolutions fiscales concernant les valeurs mobilières ?

A.S : C'est à mon avis un faux débat, car la plupart des actionnaires investissent par le biais des 'poches fiscales' que sont le PEA, le PEA-PME ou encore l'assurance-vie... La limite vient du fait qu'on ne peut pas faire de SRD dans le cadre d'un PEA par exemple... Le reste est plus de l'ordre du ressenti. C'est vrai que la fiscalité des comptes titres s'est considérablement durcie ces dernières années. On en revient à l'image bien française que les revenus du travail sont nobles et que les revenus du capital ne le sont pas. Les prélèvements sociaux sont à 8,1% sur les revenus du travail et à 15,5% sur ceux du capital... Les clichés ont la vie dure dans notre pays et je me dis parfois que les 3 millions d'actionnaires individuels que compte la France ont du mérite !

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