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Voitures électriques : les cours des métaux s'affolent...

Voitures électriques : les cours des métaux s'affolent...

Présenté comme favorable à l'environnement, l'essor prévu des véhicules électriques est en premier lieu un manne pour l'industrie minière... Au point que les experts craignent une pénurie de certains métaux indispensables à la production des batterie

Voitures électriques : les cours des métaux s'affolent...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'essor prévisible des véhicules électriques va transformer l'industrie minière mondiale, qui sera amenée à fournir en grandes quantités les métaux nécessaires à produire des batteries de ces véhicules.

Réunis au Forum Mondial des Matériaux (WMF) à Nancy, des experts et professionnels du secteur ont fait le point sur ces enjeux, et ont identifié les métaux les plus à risque de subir des pénuries et d'autres problèmes...

Incertitudes sur le rythme de développement des véhicules électriques

Le cobalt, le tungstène et l'étain, très utilisés dans les batteries, figurent en tête des métaux dont l'approvisionnement pourrait devenir problématique, ont ainsi estimé les experts, qui ont par ailleurs regretté les incertitudes actuelles sur le développement des véhicules électriques et le stockage de l'énergie

."Certains matériaux sont critiques, mais surtout, ce qui est critique c'est l'incertitude qui règne sur les choix futurs de motorisation et de génération d'énergie", a souligné Victoire de Margerie, vice-présidente du WMF, considéré comme le "Davos des matériaux".

De son côté, Patrick Koller, PDG de l'équipementier automobile Faurecia, présent à ce Forum, a estimé que "près de la moitié du marché automobile sera "électrifié" d'ici 2030 dont 13% de véhicules purement électriques, tandis que la part du moteur thermique tombera, selon lui, de 95% en 2017 à 52% en 2030".

Le cobalt, le tungstène et l'étain en première ligne

Le WMF a, de son côté, publié une étude de référence, qui classe les métaux selon leur disponibilité et les risques de pénurie... L'étude, réalisée avec le BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières) et les cabinets Mc Kinsey et CRU Consulting, a pris en compte 6 critères : le nombre d'années de réserves connues, l'incertitude sur l'offre et sur la demande du matériau, l'exposition politique, l'existence d'une filière de recyclage et la vulnérabilité à l'absence de substitution.

Selon ces critères, 6 métaux ont été classé en catégorie rouge vif, présentant un "risque très élevé" : le cobalt, le tungstène, l'étain ainsi que trois terres rares (le praséodyme, le néodyme et le dysprosium). De plus, trois autres métaux ont une "haute probabilité de risque accru" : le nickel, le cuivre et le zinc...

La RDC et la Chine, acteurs majeurs du marché des métaux critiques

Les terres rares et le cobalt sont utilisés non seulement dans les batteries automobiles, mais dans de très nombreux produits électroniques et industriels, à commencer par les smartphones et les éoliennes... Or, pour ce qui est du cobalt, les deux-tiers de la production mondiale proviennent d'un seul pays, la République démocratique du Congo, tandis que la Chine raffine à elle seule plus de la moitié de la production mondiale de cobalt.

Face à la hausse de la demande, le prix du cobalt a déjà été presque multiplié par quatre depuis 2016, pour dépasser les 80.000$ la tonne !

D'autre matériaux comme le tungstène, ne sont pas menacés de pénurie, mais ils sont jugés à haut risque parce qu'ils sont impossibles à remplacer dans la fabrication de certaines pièces, notamment dans l'aéronautique. Quant à l'étain, il a souffert de plusieurs années de sous-investissement dans l'exploration, et de ce fait, il ne reste plus que 17 années de réserves connues de ce métal, situées en Indonésie, au Myanmar et en Chine...

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