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Consultation

Vivarte : le gouvernement veut des garanties

Vivarte : le gouvernement veut des garanties

Myriam El Khomri et Christophe Sirugue ont exprimé leur inquiétude sur l'avenir du groupe et exigé une plus grande transparence à l'égard des organisations syndicales...

Vivarte : le gouvernement veut des garanties
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Myriam El Khomri et Christophe Sirugue ont reçu hier mardi la direction de l'entreprise Vivarte, au ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.
A cette occasion, et comme ils l'avaient déjà fait dans un courrier en date du 27 janvier dernier, ils ont exprimé leurs grandes inquiétudes sur l'avenir du groupe, exigé une plus grande transparence à l'égard des organisations syndicales et ont invité la direction à tenir une rencontre associant les syndicats et les actionnaires dans les meilleurs délais.
 
Les deux ministres ont rappelé la vigilance qui sera portée par les services de l'Etat en ce qui concerne les plans de reprise des personnels dans les projets de cession des enseignes envisagés, lors de leur présentation par les repreneurs aux institutions représentatives du personnel...

Plans sociaux en question

Ils ont invité la direction à leur communiquer officiellement les éléments de bilan relatifs aux quatre plans sociaux menés par le groupe en 2015, afin de vérifier les résultats obtenus en termes de reclassement des salariés concernés par ces licenciements, ainsi que l'avis des médecins du travail sur l'impact des restructurations à répétition de ces dernières années sur la santé des salariés. Ils ont également demandé aux représentants la communication la plus rapide et la plus détaillée possible des conditions d'utilisation des sommes provisionnées au titre du CICE.
 
Les accords devront impérativement comprendre des mesures sociales d'accompagnement au moins égales à celles des précédents plans en matière de la durée du congé de reclassement et les aides à la formation. Ils devront comprendre des mesures d'accompagnement de grande qualité, adaptées à la situation très diverse de chaque personne ainsi qu'à la situation de l'emploi des territoires diversement impactés. A cette fin, la direction est invitée à établir un diagnostic socio-professionnel des salariés appartenant aux catégories professionnelles concernées par le plan pour identifier clairement les freins à un retour rapide à l'emploi et d'adapter les mesures en conséquence.

Prévention des risques psycho-sociaux

Myriam El Khomri et Christophe Sirugue souhaitent également disposer des détails de la politique conduite par le groupe en matière de santé et sécurité au travail, et notamment en matière de prévention des risques psycho-sociaux des salariés réparties en de petites entités qui peuvent subir un fort un profond sentiment d'isolement face aux difficultés qui les menacent. Conformément à la réglementation en vigueur et pour une participation efficace, il a été rappelé que l'inspection du travail doit recevoir les informations nécessaires concernant l'ordre du jour et des informations conséquentes à l'appui de cet ordre du jour.

Projet alternatif

Enfin, il a été demandé à la direction de Vivarte qu'elle fournisse l'analyse qu'elle fera du projet alternatif porté par les représentants des salariés. Ce travail mérite assurément un examen approfondi afin que toutes les intelligences se conjuguent pour offrir au groupe Vivarte de vraies perspectives d'avenir.
 
Les ministres rappellent que l'ensemble des services de l'Etat, le CIRI en particulier, se tient prêt à contribuer à une solution d'ensemble dès lors que des moyens suffisants pour le développement de l'entreprise seraient dégagés et que l'entreprise présenterait un plan crédible de développement préservant au maximum l'emploi...

Environ 600 suppressions d'emploi

Lors de plusieurs CCE, la direction du groupe a confirmé la cession  de ses enseignes André - comme le laissaient entendre les rumeurs de presse - et Naf Naf...

Dans le détail, Vivarte va fermer 147 magasins La Halle aux Chaussures, sur un total de 683, et en regroupera 11 avec ceux de la Halle aux Vêtements. Enfin, 41 magasins vont passer sous l'enseigne Halle aux Vêtements. Cela se traduira donc par la suppression d'environ 530 emplois, dont 450 dans les magasins et 80 dans les sièges des deux enseignes, ont précisé ces sources.

Fonctions support

Enfin, un plan social a également été annoncé chez Vivarte Services, qui rassemble les fonctions support de l'ensemble du groupe. Il prévoit la suppression de 57 postes sur un total de 250 et le transfert ou l'externalisation de 75 postes, ont annoncé des sources syndicales auprès de Reuters.

La direction a estimé que la dernière restructuration envisagée  et qui devait être mise en oeuvre par Stéphane Maquaire - nommé au printemps et remercié en octobre dernier - n'allait pas assez loin. Il était notamment question de céder une centaine de magasins La Halle aux Chaussures, ainsi que les marques Kookaï, Chevignon et Pataugas.

"Ce n'est pas un démantèlement", assure la direction

Alors que les syndicats craignent une vente à la découpe, dans un entretien accordé au 'Figaro', Patrick Puy remplaçant de Stéphane Maquaire, refuse d'employer ce terme, car "il n'y a pas de groupe". "Historiquement, ses enseignes ont été gérées de façon autonome", martèle-t-il.

Ce dernier se veut rassurant et promet que le plan sera "gagnant-gagnant"... Les enseignes "seront mieux gérées par leur nouveau propriétaire et nous aurons les moyens de nous concentrer sur celles que nous gardons", fait-il valoir. Concernant André, aucun repreneur ne semble pour le moment s'être manifesté, mais la marque peut "intéresser trois types de repreneur : des fonds d'investissement, des groupes du secteur, y compris étrangers, et des particuliers", estime-t-il.

La Halle pas vendable avant 2019 ou 2020

Interrogé sur d'éventuelles cessions à venir, en plus de celles annoncées cette semaine, Patrick Puy a estimé que "La Halle n'est pas vendable avant 2019 ou 2020. Le reste pourrait l'être, c'est une affaire d'opportunité"...

Le groupe peine à redresser ses comptes... Le chiffre d'affaires a en effet totalisé 2,2 Milliards d'euros à l'issue de son exercice 2015-2016 clos en août, contre 2,4 Milliards en 2014-2015. Parallèlement, sa dette a presque doublé en deux ans, avoisinant 1,5 Milliard d'euros contre 800 millions à l'été 2014.

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