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TGV : "la rentabilité n'a jamais été au rendez-vous", dénonce la Cour des comptes

TGV : "la rentabilité n'a jamais été au rendez-vous", dénonce la Cour des comptes

Quand les politiques déraillent...

TGV : 'la rentabilité n'a jamais été au rendez-vous', dénonce la Cour des comptes
Crédit photo © Michaela Rehle

(Boursier.com) — La Cour des Comptes s'est livrée à une analyse minutieuse de la rentabilité du TGV, le fleuron français de la technologie des transports par rail... Selon un projet de rapport des sages de la Rue Cambon consulté par le site Contexte, spécialisé dans les politiques françaises et européennes, la grande vitesse aurait été "victime de décisions politiques irrationnelles et d'estimations de rentabilité faussées". La rentabilité n'aurait jamais été au rendez-vous de ces lignes installées dans certaines régions françaises à force de pressions politiques d'élus locaux. L'Union européenne n'est pas non plus exempte de tout reproche...

Vacherie en Limousin ?

"Sur 6 liaisons à grande vitesse citées, aucune n'atteint les objectifs annoncés. Le fossé est parfois important. La rentabilité de la LGV Nord atteint péniblement 3%, contre 12,9% initialement envisagés. La LGV Méditerranée affiche quant à elle un taux de 4,1%, soit deux fois moins que prévu", rapporte le site Contexte. La Cour des Comptes citerait aussi les 115 km de la ligne LGV Poitiers-Limoges, actuellement en attente pour fin 2014-début 2015, d'une déclaration d'utilité publique en vue de sa construction. Selon la haute autorité comptable française, Réseaux ferrés de France aurait exagéré "significativement le niveau des trafics de cette ligne. Dans le meilleur des cas, sa rentabilité n'atteindrait que 3,3%, "ce qui impliquerait un apport massif de subventions pouvant aller jusqu'à 80% afin d'assurer le fonctionnement de la ligne", rapporterait la Cour des Comptes. Le projet est "non prioritaire et non financé, mais poursuivi avec vigueur", dit la Cour des Comptes, et Contexte de rappeler : "Il y a encore deux semaines, François Hollande donnait des gages à l'ancien chef de l'exécutif local du Limousin Jean-Paul Denanot sur l'aboutissement du projet".

Les wagons avant la loco...

La Cour des Comptes, qui s'était livrée en février dernier à un analyse sans concession des tarifs préférentiels accordés aux agents SNCF, relève cette fois "que les annonces politiques, à haut niveau, confortent solidement les projets avant même que soient menées à bien les phases préliminaires". Les questions de montages financiers sont généralement reléguées au second plan, quand les études techniques suffisent quasiment à asseoir la crédibilité du projet. Les financements de la LGV Tours-Bordeaux n'ont été trouvés que "12 ans après le lancement des études et seulement 4 ans environ avant le début des travaux", dit la Cour des Comptes. Le TGV, conçu initialement pour concurrencer l'avion, est amené dans les régions au titre du désenclavement et de l'aménagement du territoire, pour dynamiser les espaces les moins denses. Les TGV desservent 230 gares de l'Hexagone, "un maillage, qui concourt à satisfaire les demandes des élus locaux, et a l'inconvénient de diminuer la rentabilité de ce train". Il en résulte une "dérive naturelle" des coûts de la SNCF.

Quand la rentabilité de la SNCF déraille...

Les défauts de discernement des politiques français n'ont pas épargné les Etats membres de l'Union européenne qui "comptent quadriller le continent du nord au sud et d'est en ouest par des dessertes ferroviaires". Le projet de rapport de la Cour des Comptes pointe du doigt le défaut de rentabilité économique du projet de LGV reliant Bordeaux à l'Espagne et de la ligne Lyon-Turin. Sur ces différents périmètres d'exploitation, la rentabilité de la SNCF déraille avec un taux de marge chutant de 29% en 2008 à 12% en 2013. "Le risque est grand de voir le transporteur national aborder l'inéluctable ouverture à la concurrence de son activité voyageurs dans une position de faiblesse préjudiciable à son avenir", redoute la Cour des Comptes qui enjoint la Société nationale des chemins de fers de "restaurer la marge opérationnelle de l'activité grande vitesse".

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