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Télétravail : vers un grand bouleversement du marché immobilier ?

Télétravail : vers un grand bouleversement du marché immobilier ?

Le Télétravail va-t-il redessiner la carte des investissements dans la pierre ? Avec l'essor des nouvelles méthodes de travail, la mobilité géographique semble être repensée notamment pour les plus jeunes qui y voient une amélioration du cadre de vie

Télétravail : vers un grand bouleversement du marché immobilier ?
Crédit photo © Capelli

(Boursier.com) — Pour la 5e année consécutive, le réseau immobilier Optimhome s'attache, par le biais d'une étude menée avec l'Ifop, à connaître la perception des Français concernant le marché de l'immobilier : leur perception du contexte économique et politique, leurs attentes à l'égard des professionnels de l'immobilier, les services et moyens d'informations qui leurs semblent prioritaires pour mener à bien leur projet immobilier...

Cette année, l'étude propose un nouveau focus sur l'impact des nouvelles pratiques de travail sur la mobilité géographique : Frein ? Motivation ? Les repères de l'investissement dans la pierre semblent être bousculés.

Par ailleurs, cette année l'analyse générationnelle est accompagnée d'une analyse géographique afin de mieux comprendre et mesurer l'impact du lieu de résidence sur les choix immobiliers et valider ainsi la théorie d'une France immobilière à trois vitesses (rurales, métropoles régionales et agglomération parisienne).

Le crédit en tête

Parmi les principaux enseignements de cette étude, près des 3/4 des personnes interrogées sont pessimistes pour la situation économique et sociale de la France... mais 53% des 25-65 ans déclarent être optimistes vis-à-vis de leur propre situation ! Le recours à un crédit pour acquérir sa résidence principale est stable et toujours très élevé (82% des personnes ayant acheté une résidence principale au cours des 3 dernières années, égal à 2018)

Les Français sont prêts à s'endetter plus longtemps pour devenir propriétaires. Les différentes mesures gouvernementales telles que le PTZ, la reconduction du dispositif Pinel, la suppression de la taxe d'habitation sont considérés comme favorables aux achats immobiliers.

Budget moyen

Comme observé au cours des précédentes éditions, la majorité des Français qui ont acheté un bien pour en faire leur résidence principale y allouent un budget inférieur à 200.000 euros (56% vs 57% en 2018). La part de personnes allouant un budget de 200 à 250.000 euros augmente (21% en 2019 contre 13% en 2018) au détriment de ceux qui allouent un budget de 250 à 350 000 légèrement plus conséquent (14% en 2019 contre 20% en 2018).

Le recours à un crédit pour acquérir sa résidence principale est stable et toujours très élevé. 82% des personnes concernées y ont en effet eu recours (même score qu'en 2018). Les Millenials, dont la propension à détenir des fonds propres conséquents est moindre que leurs aînés, sont logiquement plus concernés par les crédits (90% vs 83% de la Génération X).

Les Français sont prêts à s'endetter plus longtemps pour devenir propriétaires. Près de la moitié des personnes concernées ont ainsi eu recours à un crédit de plus de 21 ans cette année (48%) contre seulement 32% en 2018.

La tendance aux comportements hybrides dans la recherche de bien immobilier est toujours d'actualité. Les moyens d'information des Français pour l'immobilier sont pluriels et mélangent à la fois supports physiques et dématérialisés : 73% pourraient utiliser des portails d'annonces, 67% le site PAP, et dans une moindre mesure, 28% les applications pour smartphone ou tablette, et 22% les réseaux sociaux comme Facebook ; En parallèle, l'importance des contacts physiques est également soulignée, qu'il s'agisse d'informations venant de professionnels de l'immobilier (71% pour le contact avec les professionnels de l'immobilier, 70% pour les annonces en vitrine des agences immobilières) ou par des professionnels autres (52%) ou, de manière plus générale, l'entourage (69%).

Le recours aux professionnels de l'immobilier progresse fortement cette année, qu'il s'agisse d'un achat ou d'une vente (68% pour l'achat et 74 % pour la vente).

Trio de tête : Bordeaux, Nantes et Paris

Même si Bordeaux reste la ville la plus attractive pour investir dans l'immobilier, Nantes obtient la seconde place du classement et passe pour la première fois devant la capitale française. La mobilité géographique est concrètement envisagée par une forte minorité des Français (40%).

L'efficacité des moyens de transport et le télétravail incitent à la mobilité géographique des Français. La performance énergétique et, plus généralement, les enjeux environnementaux sont toujours perçus comme ayant une incidence sur les comportements d'achat...

Nouvelles méthodes de travail et mobilité géographique

Bordeaux et plus généralement l'Ouest de la France demeurent ainsi particulièrement attractifs pour investir dans l'immobilier. Bordeaux arrive encore en tête (citée par 19%, -1 point) devant Nantes (12%, +2 pts) qui précède cette année Paris (11%, -2 pts). A l'opposé, Marseille est de nouveau la grande métropole la moins plébiscitée (2%, stable).

La mobilité géographique est concrètement envisagée par une forte proportion des Français : 40% pourraient réaliser une mobilité géographique dans les 5 prochaines années.

L'intention de mobilité n'est toutefois pas homogène selon les différentes catégories de population...

Une fracture générationnelle, géographique et sociale se dessine...

Selon l'âge : avec moins de contraintes familiales et un état d'esprit traditionnellement plus dynamique, une majorité des 25-34 ans (53%) pourraient envisager une mobilité dans les 5 ans qui viennent contre 39% des 35-49 ans et 33% des 50-64 ans ;

Selon la taille de la commune : une majorité des habitants de la région parisienne (57%) se placent dans cette perspective contre seulement 37% de ceux des communes rurales et des communes urbaines de Province ;

Selon la situation sociale : plus de la moitié des CSP+ (51%) sont intéressés par une mobilité contre 41% des CSP- et 31% des inactifs ;

Les moyens de transport en question

L'efficacité des moyens de transport (44%) constitue le principal levier permettant de déclencher une mobilité géographique, suivi par une plus grande facilité à être en télétravail (21%). Ce dernier constat démontre que, pour beaucoup de Français, des conditions de travail plus confortables peuvent-être étroitement corrélées à une perspective de mobilité géographique...

Dans le détail, près d'un tiers des Français actuellement en poste ont recours au télétravail (32%).

La pratique du télétravail est différente selon les situations : elle atteint 37% chez les Millenials, 62% chez les cadres et 41% chez les habitants de l'agglomération parisienne.

Le lien entre enjeux immobiliers et télétravail est net... La pratique du travail à distance est en effet répandue chez 45% des acheteurs récents d'une résidence principale ; 55% de ceux d'un bien immobilier locatif, 54% des vendeurs d'une résidence principale et 58% de ceux d'un bien immobilier locatif.

La valeur verte dans l'immobilier et le logement durable

La performance énergétique et, plus généralement, les enjeux environnementaux sont toujours perçus comme de véritables enjeux immobiliers et ont une incidence sur les comportements d'achat.

La performance énergétique du logement s'impose de surcroît comme un enjeu dans l'immobilier, ainsi, 85% (+1 point) des Français estiment que la valeur d'un logement dépendra de sa performance énergétique dans l'avenir proche.

Une attention particulière est accordée à l'espace environnant des habitations et aux politiques durables de la ville dans la décision d'achat des Français. Près de la totalité des 25-65 ans estime que la présence d'un espace vert à proximité est importante (91%). De même, plus de 8 sur 10 jugent "qu'une politique volontaire de la ville en faveur du développement durable, et notamment en matière de tri des déchets", est importante au moment d'acheter un bien immobilier (84%, +2 points).

L'enquête a été réalisée du 26 février au 4 mars 2019 par l'institut Ifop auprès d'un échantillon de 1.503 personnes représentatif de la population française âgée de 25 à 65 ans. Parmi elles : 330 Millenials (25-34 ans), 241 Xennials (35-41 ans, nés entre 1977 et 1983) et 424 Génération X (42-52 ans, nés entre 1966 et 1976).

©2019,

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