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Télécoms: après ZTE, les Etats-Unis s'attaquent à Huawei

Télécoms: après ZTE, les Etats-Unis s'attaquent à Huawei

Les Etats-Unis ont fait arrêter une dirigeante de Huawei, un géant chinois des télécoms, soupçonné d'avoir enfreint l'embargo américain sur l'Iran. Cet été, Washington avait déjà lourdement sanctionné un autre groupe chinois des télécoms, ZTE.

Télécoms: après ZTE, les Etats-Unis s'attaquent à Huawei
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés financiers mondiaux ont plongé jeudi après l'annonce de l'arrestation, au Canada, de la directrice financière de Huawei, le géant chinois des smartphones et des équipements télécoms, à la demande de la justice américaine, qui a demandé son extradition.

Cette affaire rappelle l'offensive de Washington contre un autre groupe chinois des télécoms, ZTE, accusé lui aussi début 2018 d'avoir enfreint l'embargo sur l'Iran, mais aussi d'avoir dérobé des éléments de propriété intellectuelle américains. ZTE a été lourdement sanctionné cet été par l'administration Trump.

Tempête boursière et craintes pour le commerce mondial

Jeudi, cette nouvelle querelle sino-américaine a entraîné un plongeon boursier : l'indice Nikkei a abandonné 1,9% à Tokyo et le CSI 300 a perdu 2,1% à Shanghai, puis en Europe, l'indice EuroStoxx 50 a plongé de 3,3%, de même que le CAC 40 à Paris. A Wall Street, le calme est cependant revenu dans la soirée (-0,3% pour le Dow Jones, +0,4% pour le Nasdaq).

L'arrestation de la directrice financière de Huwaei, Meng Wanzhou, a provoqué une vive réaction de Pékin, et menace d'envenimer les négociations commerciales entre Washington et Pékin, au moment où une trêve semblait se dessiner entre Donald Trump et Xi Jinping après leur rencontre du 1er décembre. Or, un échec des négociations entraînerait un ralentissement du commerce et de la croissance mondiale, estiment les économistes.

Cette arrestation menace de compliquer les négociations commerciales déjà difficiles entre Washington et Pékin et en outre, relèvent les analystes, elle pourrait inciter Pékin à prendre des mesures de rétorsion contre des entreprises américaines installées en Chine.

Huawei soupçonné d'avoir fraudé pour éviter les sanctions US contre l'Iran

Mme Meng, 46 ans, est aussi la fille du fondateur et directeur général du groupe chinois, Ren Zhengfei. Selon la presse, elle est soupçonnée par Washington d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran, depuis 2016 au moins. Des sources ont affirmé à l'agence 'Reuters que le groupe avait mis au point un système de fraude bancaire lui permettant d'échapper aux sanctions.

A Pékin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a exigé jeudi la remise en liberté "immédiate" de Mme Meng. "Nous exigeons des deux parties que des clarifications nous soient fournies au plus vite quant au motif de cette détention" a aussi déclaré Pékin. Vendredi, le quotidien 'Daily China', voix officielle de Pékin en langue anglaise, a accusé les Etats-Unis de chercher à freiner l'expansion mondiale de Huawei.

Les Etats-Unis réclament l'extradition de Mme Meng. Toutefois une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu vendredi, selon le ministère de la Justice canadien.

ZTE poussé au bord de la faillite au printemps dernier

Le 'Wall Street Journal' avait rapporté en avril dernier que la justice américaine avait ouvert une enquête sur la dirigeante. Cette affaire intervient après qu'un autre géant chinois des télécoms, ZTE, a été lourdement sanctionné cette année par l'administration Trump pour avoir enfreint l'embargo américain visant Téhéran.

Washington avait interdit à la mi-avril toutes les ventes de composants électroniques américains à ZTE. Le groupe avait dû cesser la majeure partie de ses activités, mettant en péril sa survie. L'entreprise s'en était finalement sortie en payant une amende d'un milliard de dollars et en modifiant profondément sa gouvernance.

Le contentieux autour des équipementiers télécoms chinois porte aussi sur leur rôle dans la mise en place des réseaux 5G, rôle que l'administration américaine souhaite réduire au minimum... Or, Huawei est le premier fabricant mondial d'équipements de réseaux avec une part de marché de 22% en 2017, selon le cabinet IHS Markit.

Un danger pour la sécurité nationale des Etats-Unis ?

Le gouvernement américain a ainsi demandé officiellement en début d'année à ses opérateurs télécoms de ne pas s'équiper de produits chinois. Les groupes chinois, dont Huawei, sont soupçonnés par le Congrès américain de constituer "une menace pour la sécurité des Etats-Unis", en raison notamment de leurs rapports "avec le Parti communiste chinois ainsi qu'avec les services de sécurité et de renseignement chinois".

Huawei s'est ainsi vu refuser ces derniers mois l'accès de plusieurs marchés occidentaux ou asiatiques dans les réseaux 5G, qui ont un caractère stratégique. L'Australie a exclu cet été le groupe chinois du déploiement de la 5G, estimant que "l'implication de fournisseurs susceptibles d'être soumis à des décisions extrajudiciaires d'un gouvernement étranger" constituait un risque, suivie par la Nouvelle-Zélande en novembre, officiellement pour incompatibilité technologique.
le chinois ZTE.

Ce mercredi, Huawei a aussi été exclu des appels d'offre les plus importants de BT, ceux concernant le coeur du réseau du premier opérateur mobile britannique.

©2018,

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