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STX : l'Etat a la volonté de "garder l'emploi et l'excellence" à Saint-Nazaire et Lorient...

STX : l'Etat a la volonté de "garder l'emploi et l'excellence" à Saint-Nazaire et Lorient...

Que va faire l'Etat français ?

STX : l'Etat a la volonté de 'garder l'emploi et l'excellence' à Saint-Nazaire et Lorient...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que l'Etat français détient 33% du capital des chantiers de construction navale STX France, l'actionnaire majoritaire des chantiers, le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding a fait part son intentention de vendre sa participation de 66% au tour de table. Pour le constructeur asiatique, il s'agit, dans le cadre de son plan de désendettement, de "lisser" quelque 8,5 Milliards d'Euros de dette... Les chantiers français de Saint-Nazaire et Lorient ne sont d'ailleurs pas les seuls visés par ce plan de réorganisation des structures de construction navale du groupe sud-coréen ; ses filiales finlandaises et chinoises sont également concernées...

STX veut se recentrer sur la construction navale coréenne
Dans le secteur difficile et souvent sinistré de la construction navale, les Chantiers de Saint-Nazaire se sont, depuis des décennies, taillés une réputation mondiale de savoir-faire sur le marché de niche de la construction des bateaux de croisières. Les plus grands et les plus luxueux paquebots du monde sont ainsi sortis des chantiers nazairiens. Seulement, ces dernières années, les commandes se sont taries... Saint-Nazaire tente bien une diversification dans l'éolien offshore, mais manifestement les perspectives court terme sont insuffisantes pour retenir un STX Offshore & Shipbuilding fragilisé. Nous sommes en train de revoir la structure de notre société pour nous concentrer sur la construction navale nationale, a indiqué un porte-parole du groupe sud-coréen, précisant encore : Dans ce contexte, nous envisageons la vente d'actifs à l'étranger pour lever de nouvelles liquidités.

Des chantiers fragilisés...
Après l'annulation, en avril 2012, de la commande de deux navires de croisière par l'armateur norvégien Viking Ocean Cruises, l'incertitude avait gagné les quais de Penhoët. La direction avait d'ailleurs dû s'astreindre, fin août 2012, à annoncer 19.625 jours de chômage partiel pour septembre et octobre. La signature, en décembre, du plus grand paquebot du monde (361 m de long et 47 m de large) de l'armateur Royal Caribbean Cruise Line avait apporté un air salvateur aux chantiers. Cependant, ses 10 millions d'heures de travail sur 3 ans demeurent nettement insuffisantes pour assurer la pérennité des chantiers et l'emploi de ses quelques 2.100 ouvriers. Après la livraison à la mi-mars du 'MSC Preziosa' au groupe italo-suisse MSC Croisières, et la livraison en mai d'un petit paquebot à l'armateur allemand Hapag Lloyd, le plan de charge est bien léger... Deux navires militaires restent à construire, d'ici à 2014 et 2015, pour la Marine russe avec l''Oasis' de Royal Caribbean Cruise, qui sera mis en chantier en septembre pour un livraison en 2016.

Paris en capitaine ?
Arnaud Montebourg ne s'y trompe d'ailleurs pas... Les chantiers navals de Saint-Nazaire ont besoin de commandes, pas d'un nouvel actionnaire, car l'outil de travail est performant, a déclaré le Ministre du Redressement productif dans un entretien au journal Le Monde. Nationaliser sans commande ne servirait à rien, dit encore le Ministre en réponse à la demande du syndicat Force Ouvrière. La nationalisation est un outil pragmatique, pas idéologique, dit-il. Augmenter la participation de l'Etat, ne garnira pas davantage le carnet de commandes. Pour sa part, Pierre Moscovici assure que le gouvernement sera toujours aux côtés des Chantiers de l'Atlantique. Nous suivons cette situation de près, dit le Ministre de l'Economie, soulignant que le gouvernement a toujours manifesté son attachement aux chantiers de l'Atlantique et qu'il serait animé de la volonté de garder l'emploi et l'excellence. Bercy n'a, pour l'heure, avancé aucune ébauche de sécurisation du capital de l'entreprise.

Intérêt stratégique...
La sortie du Sud-Coréen du capital de STX Europe permettrait à la France de récupérer ces chantiers perdus en 2006. Leur intérêt stratégique est indiscutable, car au-delà de la vitrine de croisiériste, Saint-Nazaire et Lorient sont les seuls chantiers français à complètement maîtriser la construction des navires de guerre. La carte d'un positionnement capitalistique DCNS, Thales, Alstom avec le FSI serait donc assez légitime, notamment en raison de l'implication économique de ces entreprises... Si les temps sont difficiles pour la construction navale, ces chantiers ne sont d'ailleurs pas exsangues. Ils disposent de trésorerie. Dans l'immédiat, le partenaire coréen a simplement annoncé son intention de vendre ! Quel est le péril immédiat à changer d'actionnaire majoritaire, surtout si ce dernier brille par son défaut d'implication économique ?

"Saint Nazaire n'est aucunement menacé"
En ce sens, Bercy se veut d'ailleurs rassurant... Le Ministère de l'Economie et des Finances fait le point dans un communiqué commun avec le Ministère du Redressement productif précisant : L'Etat, actionnaire indirect de STX France via le Fonds Stratégique d'Investissement, n'a pas été saisi par STX Corée. En tout état de cause, aucun projet de cession ne peut avoir lieu sans information préalable de l'actionnaire public français. Le Gouvernement ajoute à destination des ouvriers : L'activité de Saint Nazaire n'est donc aucunement menacée par les événements de Corée et d'assurer : Le Gouvernement est pleinement mobilisé sur ce dossier, afin de conforter l'avenir industriel des chantiers qu'il continuera d'accompagner dans leur développement.

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