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Consultation

Semaine de la finance solidaire : pour Finansol, le gouvernement "doit faire mieux" !

Semaine de la finance solidaire : pour Finansol, le gouvernement "doit faire mieux" !

L'association attend toujours un geste de l'exécutif concernant le LDD solidaire, dont le décret n'est jamais sorti. La suppression de l'ISF et le prélèvement à la source pèsent aussi sur la performance de la finance solidaire...

Semaine de la finance solidaire : pour Finansol, le gouvernement 'doit faire mieux' !
Crédit photo © Finansol

(Boursier.com) — La 11ème semaine de la finance solidaire a démarré lundi 5 novembre un peu partout en France. Des rencontres, projections et tables rondes sont au programme pour mieux faire connaître au grand public l'action de l'association Finansol. Entretien avec son président, Frédéric Tiberghien...

Cette semaine de la finance solidaire reste un rendez-vous important pour vous ?

La finance solidaire reste assez jeune en France, et même si nous sommes à la tête de plus de 150 produits labellisés, elle n'est pas encore assez reconnue pour que les épargnants demandent ou se voient proposer des produits solidaires par leur banquier. Nous comptons actuellement environ un million d'épargnants solidaires, mais malgré ce succès, cela reste relativement confidentiel (1,8 milliard d'encours en 2017, Ndlr). La semaine de la finance solidaire fait donc partie des grandes actions de communication de Finansol pour parler directement aux Français. Nous espérons que grâce à cet événement, certains franchiront le pas.

La collecte bancaire a bondi l'an dernier, les banques ont donc davantage joué le jeu ?

L'épargne bancaire solidaire augmente désormais au même rythme que l'épargne salariale, et cela prouve que les banques font un effort, mais pas toutes. Il faut former les équipes commerciales aux produits solidaires et tout le monde ne fait pas l'effort. Celles qui se lancent sont en général récompensées : une banque a par exemple triplé son encours l'an dernier sur les produits de partage, mais tout le réseau s'est mobilisé.

Où en est votre objectif d'atteindre 1% du patrimoine financier des Français ?

Nous sommes actuellement à 0,23%, et au rythme que nous connaissons depuis 15 ans, la barre de 1% devrait être atteinte vers 2026-2027, toutes choses égales par ailleurs. Pour accélérer, nous avons notamment un rendez-vous très important, dans le cadre de la loi Pacte. Le président Macron avait promis au cours de sa campagne de rendre obligatoire la présentation d'une unité de compte solidaire dans tous les contrats d'assurance-vie multisupport, et nous espérons que ce texte traduira cet engagement. Si c'est le cas, on devrait avoir un " booster " très important pour atteindre voire dépasser cet objectif. L'assurance-vie est en effet un produit très populaire chez les ménages français, avec 1.700 milliards d'euros d'encours.

Où en êtes-vous des discussions sur le LDD solidaire ?

Cela reste un sujet de colère car ce livret est toujours en suspens (l'idée avait été votée dans le cadre de la loi Sapin 2 en 2016, Ndlr). Le décret n'est toujours pas sorti et le nouveau gouvernement n'a rien fait jusqu'ici pour faire bouger les choses, ça traîne entre Matignon et Bercy. Les banques et les compagnies d'assurance ne sont jamais enthousiastes quand on leur impose des contraintes supplémentaires, et le ministère des Finances y est assez sensible. Nous croyons toujours au LDDS même si la réponse est que cela "reste à l'étude".

La suppression de l'ISF a aussi chamboulé vos performances ?

C'est un autre problème de taille pour nous, avec une chute de la souscription en direct au capital des entreprises solidaires. Nous subissons de plein fouet la fin de l'ISF-PME, qui permettait aux particuliers d'entrer au capital d'une entreprise agréée solidaire, avec un abattement de 50% sur le montant de la souscription, plafonné à 45.000 euros.

L'application du " nouveau Madelin " dans la loi de finances pour 2018 n'est toujours pas mise en oeuvre car le texte est bloqué à Bruxelles. Nous observons une baisse de 50% sur les souscriptions en direct, ce qui nous laisse penser que l'année 2018 va être effroyable sur ce plan, avec en plus l'arrivée du prélèvement à la source, qui inquiète les donateurs. Nous avions prévenu l'exécutif mais nous n'avons pas été entendus...

Vous êtes déçu de l'action de ce gouvernement ?

Le bilan est mitigé... Il y a des mesures négatives, par exemple les contrats aidés, qui ont été sabrés comme jamais, ou le logement social qui n'a pas été épargné. D'autres mesures sont positives, mais je pense que sortir le décret du LDDS serait une bonne manière pour le gouvernement de montrer qu'il n'est pas sourd aux appels de notre secteur...

©2018,

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