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Salaires : "Faut-il que je m'excuse pour avoir fait des profits ?" s'interroge Pierre Gattaz

Salaires : "Faut-il que je m'excuse pour avoir fait des profits ?" s'interroge Pierre Gattaz

Le patron du Medef prône "la modération salariale pour tous avec des hausses de salaire autour de 1%"...

Salaires : 'Faut-il que je m'excuse pour avoir fait des profits ?' s'interroge Pierre Gattaz
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Décrié cette semaine après les révélations du Canard enchaîné quant à une hausse de 29% de sa rétribution versée au titre de 2013 en tant que Président du Directoire de Radiall, Pierre Gattaz se justifie par voie de presse sur les différents éléments de sa rétribution. Au global selon le rapport financier 2013 de Radiall, Pierre Gattaz a perçu 458,57 kE de l'entreprise qu'il dirige (416,98 kE en 2012), dont 5.700 euros d'avantages en nature correspondant à son véhicule de fonction. Il ne perçoit ni option, ni action de performance, ni de jeton de présence. Son augmentation globale de traitement est de 41,59 kE soit 10% de revalorisation globale de ses revenus en 2013, des chiffres qui tombent assez mal alors que le patron du Medef prône "la modération salariale pour tous avec des hausses de salaire autour de 1%".

"Faut-il que je m'excuse pour avoir fait des profits ?"

Au fil de l'entretien accordé au Journal du Dimanche, Pierre Gattaz réfute les allégations d'augmentation de 29% de son salaire personnel (318,23 kE de rétribution fixe en 2013 contre 309,12 kE en 2012 ; +2,94%), tout en reconnaissant l'augmentation de la part variable de sa rétribution (134,64 kE en 2013 contre 102,16 kE en 2012 ; +31,8% ). "Mon salaire a été augmenté de 3%, et celui de mes salariés de 3,3%. C'est ma rémunération variable qui a augmenté. Elle est liée aux résultats de mon entreprise Radiall, qui sont très bons, et que je réinvestis intégralement", explique Pierre Gattaz qui rappelle également que lorsque les résultats de son entreprise étaient moins probants en 2002, son salaire avaient baissé de 5%. "C'est ça l'exemplarité. Faut-il que je m'excuse pour avoir fait des profits ?"

"Ne pas trop s'éloigner de 1%"

Interrogé sur la contradiction entre sa hausse de salaire et la ligne de modération salariale qu'il prône pour les employés des entreprises françaises, Pierre Gattaz estime que ce n'est pas au Medef de définir le bon niveau d'augmentation des salaires. Le patron des patrons considère néanmoins qu'il faudrait caler les ajustements sur l'inflation, voire "juste un peu au-dessus", soit autour de 1% de revalorisation salariale. "Actuellement, les prix progressent de moins de 1% sur 12 mois. Il ne faudrait donc pas trop s'éloigner de 1%. Mais c'est dans l'entreprise qu'on négocie. Et les partenaires sociaux ne doivent pas pousser à la roue".

La France en défaut de compétitivité

Rappelons que le 29 avril dans un entretien accordé à l'Usine nouvelle, Pierre Gattaz avait défendu la position qu'un Smic à 1.700 euros est "sans doute une marche d'escalier trop élevée pour recruter des personnes sans qualification", et une proposition "d'un Smic transitoire pour certains métiers". Pierre Gattaz avait estimé qu'avec un coût horaire de 35,30 euros - 32,7 E pour l'Allemagne et 20,9 E en Espagne, la France a "décroché en compétitivité au sein même de l'Europe. (...) Les deux tiers de ces écarts sont liés aux augmentations consenties par les entreprises françaises. (...) Le tiers restant est dû à la hausse des cotisations". Plus largement, le président du Medef avait considéré que la modération salariale n'est pas uniquement de la responsabilité des entreprises. "C'est aussi celle de l'Etat et des syndicats. Si les entreprises doivent faire attention à ne pas investir leurs gains de compétitivité en salaires, l'Etat, lui, doit être attentif à la fiscalité".

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