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Retraites : Laurent Berger appelle le gouvernement à "sortir du bois"

Retraites : Laurent Berger appelle le gouvernement à "sortir du bois"

Le dirigeant syndical soutient le principe d'un futur système universel des retraites à point mais ne comprend pas la méthode du gouvernement.

Retraites : Laurent Berger appelle le gouvernement à 'sortir du bois'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Laurent Berger soutient le principe d'un futur système universel des retraites à points, mais le dirigeant syndical a dénoncé vendredi les "atermoiements" du gouvernement sur la réforme et l'a pressé dévoiler ses cartes, au risque de s'aliéner l'ensemble des organisations syndicales, CFDT y compris.

"Aujourd'hui, le gouvernement, par ses atermoiements, donne à penser que cette réforme, ils en auraient peur parce qu'elle serait punitive", a réagi le secrétaire général de la CGT sur RTL. "Je dis au gouvernement, 'maintenant il faut que vous sortiez du bois sur un certain nombre de sujets'" - pénibilité, carrières des femmes..., a-t-il déclaré vendredi sur RTL.

Interrogé sur "la clause du grand-père", le patron de la CFDT, qui milite pour un système "plus juste", estime que la réforme doit s'appliquer "à tout le monde" avec de possibles "spécificités professionnelles", par exemple les cheminots. "Tous ceux qui ont une promesse à un moment donné, notamment sur la question de l'âge de départ, c'est leur contrat de départ, il faut des périodes de transition suffisamment longues", a-t-il dit.

"Clause du grand-père"

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a semé la confusion au sein de l'exécutif jeudi, en disant son opposition à l'option dite de la "clause du grand-père" avancée par Emmanuel Macron pour limiter l'application de la réforme aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail à partir de cette date. Dans un rappel à l'ordre voilé, la porte-parole du gouvernement a déclaré jeudi qu'il n'y avait qu'une seule ligne dans l'équipe gouvernementale sur ce dossier qui menace d'aggraver un climat social déjà très tendu.

Cette "clause du grand-père" est un dispositif qui sacraliserait les contrats signés sous le régime actuel - un scénario d'apaisement avancé au sein de la majorité pour éviter un nouvel embrasement social en France. La CGT, Force ouvrière, la FSU et Solidaires appellent à une journée de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites - la fusion des 42 régimes existants en un système universel par points en 2025 -, alors que plusieurs syndicats de la RATP, de la SNCF et des transporteurs routiers annoncent "une grève illimitée" à partir de ce jour là.

Lors d'une "assemblée des assemblées" le 3 novembre, des représentants des "Gilets jaunes" se sont quant à eux prononcés pour une convergence des luttes le 5 décembre... Autant d'appels qui laissent planer la menace d'une mobilisation de l'ampleur des grèves de 1995 contre le "plan Juppé" sur les retraites et la Sécurité sociale.

Inégalité avec les femmes

Le projet de réforme en l'état prévoit que le nouveau système, qui supprime les régimes spéciaux, entre en vigueur à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025. "Si on fait entrer juste les nouveaux entrants, ça veut dire que les femmes, il faut qu'elles acceptent encore pendant une quarantaine d'années d'avoir une retraite en moyenne inférieure de 30% à celle des hommes", a expliqué Laurent Berger.

Le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier, qui s'oppose pour sa part à tout régime à points, a abondé dans ce sens en estimant sur BFM TV que le scénario d'une application progressive aboutirait à un système inique.

"Si on dit 'clause du grand-père', qu'on n'appliquera le futur régime qu'aux nouveaux entrants et que les droits de ceux qui sont en activité sont préservés, ça signifie que le nouveau régime ne sera pas aussi favorable", a-t-il avancé.

Selon un sondage pour 'Les Echos', Radio Classique et l'Institut Montaigne, près d'un Français sur deux (47%) est hostile à la réforme des retraites, et seulement 29% y sont favorables, soit une progression des opposants de quatre points en l'espace d'un mois et de 12 points pour la catégorie des actifs de 25 à 49 ans.

©2019,

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