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Retraites : Edouard Philippe se dit prêt au compromis

Retraites : Edouard Philippe se dit prêt au compromis

Mais le Premier ministre assure qu'il ne transigera pas sur le régime des retraites, à l'issue de ses réunions bilatérales avec les syndicats.

Retraites : Edouard Philippe se dit prêt au compromis
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le gouvernement français ne transigera pas sur l'instauration d'un système universel de retraites, en supprimant notamment les régimes spéciaux, mais est prêt à négocier "sans brutalité" sur les mécanismes de transition des 42 régimes existants, a déclaré mercredi Edouard Philippe à l'issue du conseil des ministres.

Le Premier ministre s'est dit notamment ouvert à un compromis sur l'entrée en vigueur de la réforme (théoriquement dès la génération née en 1963), entre "une transition immédiate et brutale" et la "clause du grand-père" qui renverrait l'application de la réforme aux nouveaux entrants sur le marché du travail à compter de l'échéance de 2025. Cette "clause du grand-père" est un dispositif qui sacraliserait les contrats signés sous le régime actuel - un scénario d'apaisement avancé au sein de la majorité pour éviter un nouvel embrasement social en France.

Après la phase de concertation

A l'approche de la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations, le Premier ministre a assuré vouloir réformer sans "brutaliser" et sans "stigmatiser", marquant son "plus grand respect pour le droit de grève" et le droit de manifester. "L'universalité oui, la brutalité non, chacun doit être respecté", a souligné le chef du gouvernement.

Edouard Philippe sera néanmoins inflexible sur la disparition des régimes spéciaux au nom de l'équité, alors qu'Emmanuel Macron a critiqué à mots couverts une mobilisation corporatiste le 5 décembre. Le système de retraites fondé en 1945 "sur des solidarités corporatistes" a contribué, selon le Premier ministre, "à la création d'injustices, de complexité, de défiance". "Nous allons mettre un terme aux régimes spéciaux", a-t-il réaffirmé.

Les "mécanismes de transition" vers le futur régime "doivent être équitables entre les régimes - on ne peut pas répondre à des demandes catégorielles en pénalisant les autres -", mais "on peut prendre en compte l'histoire des entreprises publiques et de leur système de retraite", a expliqué le Premier ministre. Le gouvernement sera en revanche plus souple sur le calendrier d'application de la réforme, que le rapport de Jean-Paul Delevoye fixe à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025.

Pressé par la CFDT de ne pas céder à une logique purement "paramétrique", Edouard Philippe a estimé que la réforme ne pourrait se faire "sur du déficit". Il a indiqué qu'une "place déterminante" serait accordée aux partenaires sociaux dans la gouvernance du futur système.

Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), le besoin de financement du régime de retraites s'établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit 7,9 à 17,2 milliards d'euros.

"Remettre les compteurs à zéro"

Le secrétaire général de la CGT a pressé mardi le gouvernement de "remettre les compteurs à zéro" pour la réforme des retraites et de renoncer à son projet de régime universel à points à l'approche de la mobilisation du 5 décembre.

Philippe Martinez, qui s'exprimait à Matignon à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe, a dénoncé une "provocation" de l'exécutif qui voudrait selon lui faire accroire que la réforme "ne toucherait que les régimes spéciaux".

Enquête inquiétante

La mobilisation promet d'être forte pour la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites. Et les Français soutiennent en majorité ce mouvement, à hauteur de 62% selon un sondage Viavoice pour 'Libération' publié mardi...

Cette enquête est globalement inquiétante pour l'exécutif, qui redoute une mobilisation massive au mois de décembre, un an après la naissance du mouvement des "Gilets jaunes". Selon Viavoice, 89% des sondés jugent que la France traverse actuellement une "crise sociale".

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