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Reste à charge zéro : qui va (vraiment) payer quoi ?

Reste à charge zéro : qui va (vraiment) payer quoi ?

Prothèses auditives, soins dentaires, lunettes. Le projet de "reste à charge zéro" promis par Emmanuel Macron se précise. Le gouvernement estime qu'il n'y a pas de raison que les tarifs des mutuelles augmentent d'ici à 2021...

Reste à charge zéro : qui va (vraiment) payer quoi ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — De quoi sera composé le panier de soins concernés par le projet de "reste à charge zéro", une mesure emblématique promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle ?

Les contours de la réforme se sont précisés ces derniers jours, en sachant que sa mise en place se fera par étapes d'ici à 2021...

Des couronnes dentaires intégralement remboursées en 2020

Pour les dents, des plafonds de prix seront instaurés à partir du 1er avril 2019, puis complétés en 2020 et 2021. A partir du 1er janvier 2020, certaines couronnes et bridges seront intégralement remboursés. Les assurés auront ainsi accès à des prothèses céramiques pour leurs incisives et canines, et métalliques pour leurs molaires. En 2021, certaines prothèses amovibles (ou dentiers) seront également prises en charge à 100%, toujours en distinguant dents "visibles" et "non visibles".

Au total, les frais des assurés seront réduits à zéro pour près de la moitié (46%) des prothèses posées par les dentistes. En parallèle, la Sécurité sociale et les complémentaires augmenteront leur participation en deux temps, le 1er janvier 2020 et le 1er janvier 2021.

Des prix maximum pour certains verres et montures

Pour les yeux, tous les opticiens devront proposer à partir du 1er janvier 2020, des montures à 30 euros maximum. Chaque magasin devra disposer de 17 modèles pour adultes et 10 pour enfants, chacun en deux coloris.

Les verres devront tous être amincis, durcis contre les rayures et traités contre les reflets. Leur tarif maximum dépendra du type de correction. Par exemple, pour une myopie "modérée" (entre -2 et -4), le prix sera limité à 75 euros pour les deux yeux. Dans ce cas, le prix total atteindra 105 euros monture comprise, qui sera entièrement pris en charge...

Prothèses auditives : des modèles à 950 euros entièrement pris en charge

Pour les oreilles, à partir du 1er janvier 2021, les audioprothésistes devront proposer des appareils sans reste à charge à 950 euros maximum... Un prix plafond de 1.300 euros sera instauré en 2019, puis abaissé à 1.100 euros en 2020 et enfin à 950 euros en 2021.

Dans le même temps, le remboursement par la Sécu et les complémentaires, actuellement autour de 570 euros, passera à 670 euros en 2019, 720 euros en 2020 et 950 euros en 2021.

Il restera bien sûr possible de choisir des aides auditives plus onéreuses, mais le montant pris en charge par la Sécu et la complémentaire ne pourra excéder 1.700 euros par appareil.

"Pas de raison" de relever les tarifs des complémentaires santé ?

Il reste que cette réforme inquiète les Français dans la mesure où ils craignent que les cotisations des complémentaires santé et mutuelles n'augmentent pour faire face à la hausse de la prise en charge...

Vendredi, le Premier ministre Edouard Philippe a été interpellé au Sénat sur le sujet lors de la séance des questions d'actualité au gouvernement. Il a rappelé que les mutuelles se sont engagées à ne pas répercuter le coût du reste à charge zéro sur leur prix et a ajouté qu'il n'a "aucune raison a priori de ne pas croire en la parole donnée par les mutuelles".

Des cotisations en hausse pour les retraités, selon une étude

Une étude du comparateur d'assurance Santiane, parue dans le quotidien 'Le Parisien', a estimé au contraire qu'il fallait s'attendre à "une hausse des cotisations d'assurance mutuelle de 6% à 9%". Les hausses les plus fortes "atteindraient particulièrement les revenus les plus faibles" et les retraités, alors que ces derniers sont supposés être parmi les premiers bénéficiaires du reste à charge zéro.

Edouard Philippe a souligné que "les conditions de discussion avec les industriels, les mutuelles et l'Assurance maladie ont permis d'aboutir à un accord au terme duquel les trois quarts du coût de cette réforme seront pris en charge par l'assurance maladie et un quart par les mutuelles".

Ces dernières "se sont engagées, après avoir discuté avec le gouvernement et avec Mme (la ministre de la Santé Agnès) Buzyn, à ne pas répercuter dans l'évolution de leur coûts les éléments de cette réforme. Je n'ai aucune raison a priori de ne pas croire à la parole donnée par les mutuelles", a affirmé le Premier ministre...

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