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Réseaux 5G : Macron s'inquiète de Huawei, sans le citer....

Réseaux 5G : Macron s'inquiète de Huawei, sans le citer....

Alors que les Etats-Unis ont banni l'industriel chinois Huawei de leurs futurs réseaux 5G, l'Europe peine à trouver une position commune face aux risques technologiques et géopolitiques posés par ces réseaux de nouvelle génération.

Réseaux 5G : Macron s'inquiète de Huawei, sans le citer....
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Faut-il bannir le groupe chinois Huawei, leader mondial des équipements télécoms, des contrats de construction des futurs réseaux 5G en Europe ? Les Etats-Unis ont répondu clairement "oui" à cette question, invoquant des risques d'espionnage, quitte à prendre du retard sur le déploiement de la 5G. De son côté, l'Europe peine à trouver une position commune face aux risques technologiques et géopolitiques posés par la 5G.

Ces réseaux de nouvelle génération constituent une véritable révolution technologique. Ils connecteront demain non seulement les smartphones et les ordinateurs, mais aussi les véhicules autonomes, les usines connectées, ou encore les hôpitaux et les habitations.

Prendre le risque au sérieux

Ce jeudi, Emmanuel Macron et le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, reçu à l'Elysée, ont souligné la nécessité de "prendre au sérieux" les risques technologiques liés à ces futurs réseaux mobiles de cinquième génération. Ils n'ont toutefois pas désigné le groupe chinois Huawei, cible de sanctions américaines.

"Je ne stigmatise personne mais je veux juste savoir, le jour où sur telle infrastructure essentielle de notre sécurité, telle activité militaire, qu'elle concerne la France décidant seule ou une opération que nous mènerions dans le cadre de l'Otan ou entre partenaires européens, est-ce que nous avons des vulnérabilités technologiques?", a déclaré le président français.

Quant au secrétaire général de l'Otan, il a renchéri : "nous ne pointons pas du doigt une entreprise ou un pays ne particulier, mais nous faisons en sorte que tous les alliés prennent ce risque au sérieux."

Un surcoût de 55 MdsE en Europe en cas de bannissement des groupes chinois

Le 7 novembre, dans un entretien à l'hebdomadaire 'The Economist', Emmanuel Macron, avait fustigé l'absence de coordination des Etats sur le déploiement de la 5G, ainsi que leur choix de déléguer ces questions aux opérateurs et aux groupes industriels.

Il avait mis en garde l'Europe contre un risque de perte de souveraineté sur la 5G. "Si nous n'agissons pas, dans 5 ans je ne saurai pas dire à mes concitoyens 'Vos données sont protégées'", avait-il ajouté, sans citer nommément Huawei.

En juin dernier, une étude conduite par le groupement industriel de la GSMA estimait qu'un éventuel bannissement en Europe des équipementiers télécoms chinois engendrerait un surcoût de l'ordre de 55 milliards d'euros à la charge des opérateurs télécoms européens pour déployer la 5G.

Angela Merkel appelle à une position européenne commune

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé mercredi les pays européens à élaborer une approche commune envers la Chine pour la 5G. Le parlement allemand est très partagé sur la question, certains députés souhaitant bannir Huawei des contrats 5G à l'instar des Etats-Unis. Angela Merkel s'est jusqu'ici prononcée pour des règles de sécurité standardisées, se refusant à désigner nommément un groupe industriel.

Quant à la Commission européenne, elle publié un rapport le 10 octobre, qui attirait tout particulièrement l'attention sur les menaces de fournisseurs liés à des Etats tiers, ou venant de pays sans contre-pouvoir de contrôle démocratique. Là non plus, Huawei n'avait pas été nommé, et la Commission n'avait pas répondu clairement à la question de savoir s'il faut limiter ou non le recours aux équipements du groupe chinois.

Donald Trump fait pression

De l'autre côté de l'Atlantique, les Etats-Unis ont banni les groupes chinois du marché de la 5G et ont placé Huawei sur la liste noire des entreprises susceptibles de menacer la sécurité nationale. Donald Trump exhorte régulièrement ses alliés à suivre son exemple en excluant Huawei de leurs réseaux 5G.

L'autorité américaine de la communication, la FCC, recommande même aux opérateurs télécoms américains de retirer et de remplacer les composants Huawei et ZTE déjà installés sur leurs réseaux de générations antérieures.

Aucune preuve n'a jusqu'à présent été apportée pour étayer ces soupçons d'espionnage via des équipements réseaux, et Huawei n'a de cesse de réfuter les accusations. La controverse a toutefois conduit plusieurs pays occidentaux à restreindre l'accès à leurs marchés au groupe pour la 5G.

Attribution des fréquences 5G d'ici à juin 2020 en France

En France, le Parlement a adopté en juillet dernier une loi visant à sécuriser le déploiement des réseaux 5G, dite "loi Huawei". Ce texte, décrié par les opérateurs mobiles, oblige ceux-ci à demander une autorisation préalable à l'exploitation d'équipements 5G pour leurs réseaux.

L'attribution définitive des fréquences pour la 5G se fera "d'ici juin 2020" dans l'hexagone, a confirmé jeudi le gouvernement français dans un communiqué. L'Etat entend engranger un montant global minimum de 2,17 milliards d'euros à cette occasion.

©2019,

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