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Rémunération : faut-il une loi pour réguler les salaires des grands patrons ?

Rémunération : faut-il une loi pour réguler les salaires des grands patrons ?

Le PDG de Total pense que c'est une mauvaise idée de voter une loi pour encadrer les salaires des grands patrons, et que les sièges des grandes entreprises quitteront la France...

Rémunération : faut-il une loi pour réguler les salaires des grands patrons ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, n'est pas favorable à une loi sur la rémunération des patrons en France, alors que cette piste a été soulevée mardi par François Hollande. "Je pense que c'est juste et qu'on n'a pas besoin de loi pour nous l'imposer (...). C'est un terrain extrêmement dangereux (...), les sièges quitteront la France si des lois de cette nature sont prises", a-t-il estimé lors d'une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat ce mercredi.

"Ce n'est pas une menace, c'est juste ce qui va se passer, et je ne souhaite pas que le siège de Total quitte la France (...). Ce n'est pas la peine d'aller légiférer sur des sujets qui feront que le pays, une fois de plus, se mettrait en marge du mouvement mondial", a-t-il argumenté.

Renault passe en force

Le patron de Total a cependant jugé que les conseils d'administration des sociétés devaient suivre l'avis des actionnaires lorsque ces derniers s'opposent aux rémunérations sur lesquelles ils sont consultés : "si l'assemblée générale de Total disait 'non' aux éléments que le conseil d'administration propose pour Patrick Pouyanné, je demanderais au conseil d'administration de les réviser".

La polémique sur la rémunération des patrons a justement été relancée après la décision du conseil d'administration de Renault de passer en force début mai. Les actionnaires ont rejeté à 54% la rémunération de Carlos Ghosn, mais le CA a maintenu le montant de 7,2 millions d'euros attribué au PDG au titre de 2015.

"Qu'il commence par ses amis"

Interrogé dans ce dossier mardi matin sur Europe 1, François Hollande a brandi la menace d'une loi pour clarifier la situation, comme l'avait fait avant lui le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. "Il m'avait été dit par le Medef, par les organismes patronaux, qu'il y aurait un code de bonne conduite. Je demande qu'il s'applique. S'il ne s'applique pas, il y aura des conséquences", a prévenu François Hollande, faisant allusion à l'accord Afep-Medef, qui a instauré des règles en la matière. Le texte, qui prévoit un vote consultatif des actionnaires sur les salaires des patrons, demande aussi que le conseil d'administration attende "deux ou trois mois" pour se prononcer.

Polémique relancée

La polémique est en tous cas bien relancée, alors que c'est au tour du patron de Capgemini, Paul Hermelin, de faire parler de lui... Ce proche de François Hollande demande en effet une majoration de 18% de son salaire. "Pour comparer simplement, pour monsieur Hermelin ça représente 100.000 euros par mois d'augmentation, pour un salarié moyen, 22 euros brut", a dénoncé le délégué CGT de Capgemini Thierry Achaintre sur France Info mercredi. "Quand je l'entends François Hollande aux informations annoncer qu'il veut faire voter une loi pour limiter la rémunération des grands patrons, qu'il commence déjà par ses amis comme Paul Hermelin, ça devient indécent dans ce pays", a-t-il dénoncé...

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