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Consultation

Réforme des retraites : Macron promet des "règles d'or"

Réforme des retraites : Macron promet des "règles d'or"

Le chef de l'Etat s'est rendu jeudi à Rodez pour lancer la consultation sur la réforme des retraites. Il a promis des "règles d'or" pour fixer la valeur du futur point de retraite, afin que le niveau de vie des retraités ne soit pas dégradé.

Réforme des retraites : Macron promet des 'règles d'or'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Emmanuel Macron a tenté de rassurer lors d'un long débat de plus de trois heures sur les retraites organisé à Rodez dans l'Aveyron. Il a promis de fixer des "règles d'or" pour fixer la valeur du point qui déterminera à l'avenir le montant des retraites, tout en rappelant qu'il faudra équilibrer les comptes du régime de retraite...

Dans l'esprit du "grand débat" organisé en réponse à la crise des "Gilets jaunes", le président de la République a répondu aux questions devant un parterre de 500 personnes inscrites auprès du groupe de presse régional de La Dépêche du Midi.

"Le niveau de vie des retraités ne doit pas être dégradé"

"Le débat qu'on commence aujourd'hui doit permettre de lever les incompréhensions", "d'ajuster, de changer, de modifier, de corriger", a-t-il déclaré. "On mettra des règles d'or pour fixer la valeur du point avec un engagement clair qui est que le niveau de vie des retraités ne doit pas être dégradé, il doit être le même et continuer à progresser."

"C'est vraiment un projet de société, on va le faire dans le bon rythme", a-t-il par ailleurs indiqué. Le gouvernement a prévu l'adoption de la réforme d'ici la fin de la session parlementaire de l'été 2020.

Il a insisté sur le caractère progressif de l'entrée en vigueur de la réforme, qui débutera à partir de 2025. "Ce système on ne propose pas de le mettre en place du jour au lendemain (...) Ca commence en 2025, tous ceux qui ont pris la retraite avant ne sont pas concernés, tous les droits acquis jusqu'en 2025 sont gardés et après on va regarder la transition qui va se faire sur 15 ans", a-t-il expliqué.

Les Français incités à travailler au-delà de 62 ans ?

Ce débat dans l'Aveyron (l'un des départements les plus âgés de de France) était le premier d'une série dans le cadre de la grande "consultation" prévue jusqu'à la fin de l'année. Emmanuel Macron, qui espère ainsi désamorcer la fronde autour de cette réforme, a répété que pour l'instant "rien n'est écrit" !

Il a cependant laissé entendre que les Français seront incités à travailler plus tard que l'âge légal, qui restera fixé à 62 ans. "La question qui est posée c'est : est-ce qu'on va devoir cotiser un peu plus pour que le système soit équilibré en 2025 ? Je n'ai pas la réponse aujourd'hui", a déclaré le chef de l'Etat.

Un rapport du Conseil d'orientation des retraites attendu fin novembre

"Si le conseil d'orientation des retraites (COR) nous dit 'il manque 8 ou 10 milliards' en 2025, on devra dire 'il faut travailler un peu plus longtemps'," a-t-il ajouté. "S'il nous dit 'c'est à l'équilibre en 2025', on n'aura pas besoin de faire d'efforts".

Fin septembre, le Premier ministre Edouard Philippe a saisi le COR pour qu'il lui "présente rapidement un état de la situation financière de notre actuel système de retraite, d'aujourd'hui jusqu'à 2030". Le Conseil, où siègent les représentants des partenaires sociaux, doit rendre ses conclusions le 22 novembre...

Dans son rapport, le COR devra notamment indiquer comment réaliser des économies, en particulier " les mesures concrètes qui devraient être éventuellement mises en oeuvre pour induire un report de l'âge effectif moyen de départ", et analyser leur impact sur diverses catégories de population.

Les comptes de l'assurance-vieillesse dans le rouge

L'équation s'annonce compliquée, d'autant que le 26 septembre, les comptes de la Sécurité sociale ont montré que le déficit du régime général des salariés du privé, cumulé à celui du Fonds de solidarité vieillesse, va dépasser 4 milliards d'euros cette année et en 2020, alors que l'Etat tablait sur l'équilibre dès cette année. Il s'agit de la conséquence du ralentissement de la croissance et des mesures en réponse aux "gilets jaunes".

Rappelons que le gouvernement a fait du retour du système à l'équilibre en 2025 la condition de la mise en place du nouveau régime universel par points...

©2019,

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